DEMONS Maurice [DEMONS Bernard, dit]

Par Robert Debant

Né le 31 août 1884 à Cadaujac (Gironde), mort le 4 mars 1964 à Carcassonne (Aude) ; inspecteur de l’enseignement primaire ; militant socialiste puis communiste de l’Aude.

D’abord instituteur, Maurice Demons devint professeur puis inspecteur de l’enseignement primaire ; il exerça successivement en Gironde, dans la Marne, le Lot, la Charente-Inférieure, le Cantal et l’Aude. Il avait servi durant la Grande Guerre au cours de laquelle il avait été gravement blessé à la face. Médaillé militaire et titulaire de la Croix de guerre, il avait fondé à Cahors (Lot) la Fédération des victimes de la guerre dont il fut le secrétaire général. Militant de la Ligue des droits de l’Homme, membre de son comité central, il fut élu conseiller municipal de Cadaujac et se présenta aux élections législatives du 22 avril 1928 dans l’arrondissement de Cognac (Charente) comme candidat SFIO, il obtint 1 818 voix sur 16 000 votants et se désista pour le candidat radical-socialiste qui échoua. Candidat aux élections législatives de 1932 dans la circonscription de La Rochelle (Charente inférieure), obtenant au premier tour 2 412 voix, loin derrière Hesse, radical socialiste (8 937 voix) et Seignette, républicain de gauche, (6 628 voix), il se retira.
Marié en mars 1913 à Réole (Gironde), veuf, Demons se remaria en mai 1943 à Carcassonne.
À Carcassonne, Demons joua un rôle de premier plan à la Ligue des droits de l’Homme, dans le groupement des intellectuels antifascistes, ainsi que dans le comité permanent du Front populaire, en 1935. De tempérament vif et combatif, fort peu sensible aux menaces de sanctions administratives que la liberté de son comportement devait lui mériter à plusieurs reprises, il anima un très grand nombre de manifestations populaires, notamment la réunion du 13 février 1934 à Carcassonne, au cours de laquelle il s’éleva dans les termes les plus véhéments contre le gouvernement d’union nationale et la réintégration de Chiappe : le meeting fut suivi par un ample défilé proférant des cris et des injures à l’égard du Parti radical, manifestation dont sa vigilance ne parvint pas toujours à canaliser l’enthousiasme.
Lors des élections législatives de 1936, les socialistes, faute d’avoir trouvé dans la région un candidat idoine, le présentèrent dans la circonscription de Limoux, en face du député sortant, Jean Bousgarbies, avocat, maire de Saint-Hilaire, radical d’inclination très modérée et fort peu favorable au Front populaire. Il recueillit 5 628 voix contre 7 082 à son adversaire, qui fut élu au premier tour : résultat honorable si l’on songeait à l’état d’esprit de la contrée et à la popularité du vainqueur mais qui, à la différence des autres circonscriptions audoises (Narbonne excepté), ne marquait aucun progrès par rapport à 1932, époque à laquelle les couleurs du Parti socialiste avaient été défendues par l’écrivain Lucien Fabre. Il semblait même que le Parti communiste eût mordu d’environ deux cents voix sur l’ancien électorat.
Demons fut relevé de ses fonctions en juillet 1940, interné quelque temps au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), puis placé en résidence surveillée. Il présida aux côtés du docteur Gout, ancien député radical de gauche, un imposant rassemblement de fidélité à la République, le 14 juillet 1942, à Carcassonne, qui fut dispersé brutalement par le Service d’ordre légionnaire.
Membre du mouvement de Résistance « Combat », membre du Comité local de Libération, adjoint au maire socialiste de Carcassonne, Demons fut élu conseiller général. En 1946, il démissionna de son parti et de son mandat de conseiller général. Il rejoignit alors le Parti communiste français. Toujours maire adjoint de Carcassonne, il fut proposé par le PCF pour être candidat aux élections du Conseil de la République en mai 1955. Mais en avril 1955, candidat communiste aux élections cantonales, arrivé en deuxième position, il se désista pour le candidat socialiste. Le comité de la section communiste de Carcassonne dont il faisait partie, le blâma estimant que cette attitude « ne pouvait que gêner la réalisation de l’unité ». Finalement, devant le bureau de la fédération communiste, il reconnut avoir « porté un coup aux principes du Parti », selon le rapport du secrétaire fédéral. Aussi sa candidature au Conseil de la République fut-elle remplacée par celle d’Yvonne Cerny*.
Demons était aussi le vice-président de l’Union française des anciens combattants dans le département.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22222, notice DEMONS Maurice [DEMONS Bernard, dit] par Robert Debant, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Robert Debant

SOURCES : Arch. Dép. Aude, 2 et 5 M. — Arch. Dép. Charente, M 217. — Arch. comité national du PCF. — Le Cri charentais, 15 avril 1928. — La Vie socialiste, 14 mai 1932.- Notes de Jacques Girault.

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