BRIOUT Pierre, Louis alias "Pelle, Pierre Le Dûr - Pierre Blanche - Louis Parrot"

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 30 mai 1915 à Is-sur-Tille (Côte-d’Or), exécuté sommaiarement le 15 juin 1944 à Crux-la-Ville (Nièvre) ; ajusteur ; résistant du groupe Action "P" et des Forces françaises combattantes (FFC).

Pierre Briout était le fils de Pierre Louis Victor, employé au chemin de fer de l’État et de Anne Ernestine Delunsch, sans profession. Son père fut tué à la guerre peu avant la fin de celle-ci. Il se maria le 8 juillet 1939 à Vesoul (Haute-Saône) avec Céleste Louise Denise Garnier.
Il fit ses études primaires à Vesoul et obtint son certificat d’études en 1928. Il devint ensuite ajusteur à Vesoul. Lors de la déclaration de guerre en 1939, il fut mobilisé dans la Marine au 5e Dépôt, comme quartier-maître mécanicien et servit sur un pétrolier avant d’être démobilisé le 15 avril 1941.
Il reprit ensuite son métier d’ajusteur à Vesoul. Après un essai infructueux pour rejoindre Londres puis le décès de sa femme en mai 1942, il passa en zone sud.
Il se mit ensuite en rapport avec la Résistance de Lons-le-Saunier et fit des liaisons entre Ambérieu, aujourd’hui Ambérieu-en-Bugey (Ain), où il avait trouvé du travail à l’usine d’aviation, et la zone interdite du Jura pour repérer des terrains d’atterrissage. Par l’intermédiaire de la Résistance de Lons-le-Saunier, il découvrit une filière d’évasion par l’Espagne. Il franchit la frontière espagnole le 16 février 1943 et arriva en Angleterre le 5 juin 1943 après être passé par le Portugal puis l’Afrique du Nord. Engagé dans les Forces françaises libres (FFL) le 5 juillet 1943, il se porta volontaire pour des missions spéciales du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA). Il suivit alors un entraînement spécifique de trois mois et devint instructeur de sabotage et d’armement.
Il fut parachuté dans l’Ain le 25 novembre 1943 comme chargé de mission de 3e classe, avec Marcel Suarès alias « Fléau » dans le cadre de la mission "Patchouli". Ils furent rejoints un mois plus tard par François Fouquat alias « Cisailles ». Leur mission consistait à neutraliser par des actions de sabotage les principales usines de roulements à billes et d’armement de la région parisienne afin d’éviter aux alliés de devoir recourir à des bombardements mettant en péril la vie de la population civile française.
Ils appartenaient au groupe d’action immédiate "Action P", créé dans la région parisienne par André Rondenay, Délégué militaire régional pour la région "P". Le groupe était commandé par Pierre Henneguier alias "Julien" qui était assisté de plusieurs adjoints dont l’un était Pierre Briout pseudonyme "Pelle". Il se faisait appeler également Pierre Le Dûr - Pierre Blanche - Louis Parrot. À la fin janvier 1944, il fut blessé au cours de l’attaque de l’usine SKF à Ivry. Entre les mois de février et mai 1944, il participa avec succès au sabotage des roulements à bille Timken, à Gennevilliers, Malicet et Blin, à Aubervilliers et des Ets Rossi (S.P.R.), à Levallois-Perret, des usines Bronzavia, à Courbevoie, Renault-Billancourt où le pont de roulement de montage et 8 chars de 32 tonnes furent détruits et de la Sté Hotchkiss, à Clichy (fabrique d’armement et plaques de blindage).
Le 6 juin 1944 sur ordre du colonel Rondenay, le groupe prit la direction de la Nièvre avec un effectif de 38 hommes et s’installa le 7 sur la commune de Brassy, au château de "La Chaume-aux-Veaux", à proximité du maquis "Camille".
Dans la nuit du 14 au 15 juin 1944 huit hommes du maquis Julien et quatorze du maquis Camille vinrent réceptionner un parachutage sur le terrain Cognac-Giverdy, à l’Étang du Merle, près de Crux-la-Ville (Nièvre). 24 containers furent récupérés mais au retour le groupe chargé de ramener le matériel tomba à 6h30 dans une embuscade tendue par l’ennemi. Il y eut un combat court mais violent et meurtrier. Sept résistants furent blessés et emmenés à Crux-la-Ville (Nièvre) pour y être brutalement achevés par l’ennemi. L totalité du matériel parachuté tomba aux mains des Allemands.
Les tués étaient le sous-lieutenant Pierre Mounier dit "Gilles", François Fouquat dit Cisailles, Henri Valin, chauffeur du camion, Bernard Renoud, Marcel Courtot dit "Robert", Antoine Filippi dit "Tony" et Pierre Briout.
Il fut inhumé sur place puis transféré après la guerre au cimetière communal, à Vesoul (Haute-Saône).
Le décès fut l’objet d’un jugement du Tribunal civil de Nevers en date du 10 juillet 1946.
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué comme sous-lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC), [dossier SHD Vincennes GR 16 P 91470].
Il fut nommé chevalier de la Légion d’Honneur et décoré de la Croix de la Libération et Compagnon de la Libération (décret du 7 juillet 1945), de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec palmes à titre posthume et obtint la Citation militaire britannique "Mentioned in Dispatches",
Son nom figure sur le monument de la Libération, à Besançon (Doubs), sur le monument aux morts et le Mémorial de la Résistance, à Vesoul (Haute-Saône).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article222076, notice BRIOUT Pierre, Louis alias "Pelle, Pierre Le Dûr - Pierre Blanche - Louis Parrot" par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 15 janvier 2020, dernière modification le 15 janvier 2020.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Musée de l’Ordre de la Libération, Pierre Briout.— Biographie wikipédia.— Jean-Claude Martinet, Histoire de l’Occupation et de la Résistance dans la Nièvre 1940-1944, éditions Delayance, La Charité-sur-Loire 1987.— Mémorial Genweb.

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