GUIASTRENNEC (dit « Guiastrennec ainé ») François-Prosper-Marie

Par Jean-Yves Guengant

Né le 18 février 1791 à Landerneau (Finistère), mort le 26 mai 1859 à Landerneau ; architecte ; membre de plusieurs sociétés d’éducation populaire, phalanstérien, il facilita e rapprochement entre l’École sociétaire et les membres de l’Union harmonienne.

François-Prosper Guiastrennec appartenait à une riche famille d’armateurs de Landerneau. Il entra à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris, en 1813 et fit des études d’architecte. Son milieu social est celui de la bourgeoisie brestoise : il épousa Marie-Louise Gagny, fille d’un capitaine de frégate : après le décès de son épouse le 3 juillet 1832, il se maria le 1er août 1833avec Aimée Joséphine, la sœur cadette de son épouse.
En 1827, il fonda la Société des Amis de l’industrie de Brest, forte de douze membres. Son objet était la constitution d’un fonds de revues, qui déposées chez un libraire sociétaire, seraient ensuite prêtées aux membres, moyennant rétribution. La société regroupa rapidement un nombre suffisant de sociétaires pour amortir l’achat des périodiques et encourager la création d’un cours de mécanique industrielle. Il s’intéressa à l’éducation populaire et adhéra à la Société d’émulation de Brest, qui organisait des cours industriels gratuits pour les ouvriers.
Fournisseur de la Marine et de la ville de Brest, François Guiastrennec exploitait des carrières de granite. En mai 1834, il obtint l’adjudication du marché du piédestal de l’Obélisque de Louxor, Place de la Concorde à Paris. Les cinq pièces du piédestal, venant d’une carrière proche de l’Aber-Ildut, furent débarquées à Paris en décembre 1835. Il passa deux années à Paris pour l’érection de l’obélisque. En octobre 1841, dans le débat qui oppose les journaux La Phalange et Le Français de l’Ouest, il apporta sa caution à l’expérience agricole menée par deux phalanstériens brestois, Paillard et Bernard. Fin 1841, il partit pour la colonie phalanstérienne de Cîteaux. Victor Considerant lui confia en janvier 1842 un message pour Arthur Young, le promoteur de l’expérience. Ami de Pompéry et de Jean Foucault il fut l’intermédiaire entre les dissidents et les orthodoxes fouriéristes.
Il participa au financement de "l’Union agricole d’Afrique", de Saint-Denis-du-Sig (Algérie), en août 1848. Vice-président de la Société d’agriculture de Brest, dirigée par Louis Montjarret de Kerjégu, fondateur de la ferme-école de Trévarez, il était membre de l’"Association bretonne", créée « pour hâter le développement des progrès agricoles de la Bretagne ».
Il fut désigné comme le trésorier du groupe fouriériste de Brest. Il s’occupait alors des abonnements et de la rente phalanstérienne. En 1851, il soutint l’initiative d’envoyer des ouvriers à l’Exposition internationale de Londres en participant à une souscription. Les dons restent modestes permirent le déplacement de quinze ouvriers à l’exposition universelle.
Veuf, Guiastrennec s’intéressa dans ses dernières années à l’apiculture. Il décéda à Landerneau le 26 mai 1859.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article222034, notice GUIASTRENNEC (dit « Guiastrennec ainé ») François-Prosper-Marie par Jean-Yves Guengant, version mise en ligne le 14 janvier 2020, dernière modification le 15 janvier 2020.

Par Jean-Yves Guengant

SOURCES : Jean-Yves Guengant, « Les fouriéristes finistériens, promoteurs d’une société bretonne moderne ? », Cahiers Charles Fourier, n° 23, 2012. — Thomas Voet, La Colonie phalanstérienne de Cîteaux 1841-1846. Les fouriéristes aux champs, Dijon, Éditions de l’université de Dijon. — Archives municipales de Brest, État-civil de Lambézellec. — Archives départementales du Finistère, état-civil de Landerneau. — Annuaire de Brest et du Finistère. —Journaux La Phalange, et La Démocratie pacifique.

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