DELUGIN Michel

Par Michel Dreyfus, Claude Pennetier

Né le 23 août 1927 à Libourne (Gironde), mort en mars 2016 ; employé des PTT ; un des dirigeants de la Fédération CGT des PTT ; maire adjoint de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).

Michel Delugin naquit dans une famille de petit commerçants ruinés lors de la crise économique des années 1930. Le père devint alors employé aux pompes funèbres. Il fit des études secondaires au lycée d’Aurillac (1938-1939) et au lycée Lakanal de Toulouse (1940-1944).

Résistant, Michel Delugin appartint aux maquis du Puy-de-Dôme puis aux FTP du Lot. Il entra en 1945 au centre des PTT de Toulouse-Gare, en qualité d’agent d’exploitation, du service général et adhéra immédiatement à la CGT. Reçu au concours et nommé l’année suivante commis nouvelle formule, il fut affecté au bureau de poste de Paris 17 où il poursuivit son militantisme, notamment aux côtés de Calvet, un militant qui fit sur lui grand impression ; c’est avec lui qu’il vécut la scission syndicale qu’il ressentit comme un drame. En 1948, Michel Delugin fut affecté à Paris PLM et il devint rapidement une figure marquante des centres de tri, bureaux-gares et ambulants.

En 1952, Michel Delugin participa aux grandes grèves des bureaux-gares puis à la grève d’août 1953 qui fut un grand moment de son militantisme. Le bureau de Paris XVII refusa majoritairement de suivre le courant opposé à la direction de la CGT qui rejoignit ensuite Force ouvrière. Ce fut alors qu’il exerça ses premières responsabilités syndicales. Appelé pour une période militaire au printemps 1947 il resta mobilisé plusieurs mois en raison des grandes grèves. De retour, il fut affecté au bureau de poste de Paris XIe arr. Il était responsable de la section CGT des agents du service général et à ce titre eut à gérer une situation conflictuelle avec les militants de Force ouvrière. En 1949, il fut muté sur sa demande au Centre de tri postal de Paris PLM, gare de Lyon. À partir de la grève de 1953, il prit d’importantes responsabilités à la section syndicale de ce centre qui comptait deux mille employés.

En 1954, au XVe congrès, il fut élu à la commission exécutive de la Fédération CGT des PTT où il devait rester jusqu’en 1991 (XXVIIIe congrès). Parallèlement Michel Delugin devint aussi secrétaire général du syndicat parisien des bureaux gares, à sa création en novembre 1955. Il le fut jusqu’en 1975 date à laquelle lui succéda Paul Reynès. C’est en tant que secrétaire général qu’il entra au bureau fédéral en avril 1957. Puis, à partir de 1967 (XXe congrès) il fut l’un des secrétaires, chargé du service général jusqu’à son départ du bureau en 1982 lors du XXVe congrès.

En dépit de son opposition, au cumul des responsabilités, Michel Delugin devint aussi secrétaire général du syndicat parisien des bureaux gares, à sa création en novembre 1955. Il le fut jusqu’en 1975 date à laquelle lui succéda alors Paul Reynes.

Après avoir été l’un des dirigeants des grandes grèves de 1968 et de 1974 - il fut membre de la délégation CGT au ministère des PTT en 1974, au titre des bureaux-gares -, Michel Delugin succéda en 1975 à Jean Abbadie* au poste de secrétaire général de l’Union régionale d’Ile-de-France PTT (URIF-PTT). Lors du VIIe congrès régional tenu en 1983, il passa le relais à Bernard Bouche, alors secrétaire général du syndicat de Seine-et-Marne. Michel Delugin milita alors à l’Union fédérale des retraités

Par ailleurs, Michel Delugin avait aussi adhéré en 1944 au Parti communiste français où il exerça un certain nombre de petites responsabilités. Il fut maire adjoint de Champigny-sur-Marne de 1989 à 1995, chargé de l’administration général du personnel.

Sa compagne Cécile Allouche (épousée en février 1950), également militante, avait été déportée à Auschwitz à seize ans. Elle put en revenir et ils eurent trois enfants. Son père avait été torturé rue des Saussaies et défenestré en juillet 1944, sa mère déportée, gazée, brûlée à son arrivée à Auschwitz.

Par ailleurs, Michel Delugin pratiquait assidûment le sport, en particulier la course à pied.

En 2004, Michel Delugin, secrétaire général de Libération nationale des PTT jouissait de sa retraite. Il fut membre du conseil d’administration du Musée de la résistance nationale et directeur de son journal, Notre Musée à partir de 2005.

Il fut président de l’association Champigny solidaire créée en 1998 et qui s’occupait du logement d’urgence temporaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22159, notice DELUGIN Michel par Michel Dreyfus, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 15 mai 2016.

Par Michel Dreyfus, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Fédération CGT des PTT, transmises par Cassandre Jouot. — Entretien téléphonique avec le militant. — Rencontre de Claude Pennetier avec Michel Delugin.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément