Bourgoin (aujourd’hui Bourgoin-Jallieu, Isère), 14 et 23 août 1944

Par Jean-Luc Marquer

Lors de la préparation de la Libération de l’agglomération de Bourgoin et de Jallieu, aujourd’hui réunies dans la commune de Bourgoin-Jallieu (Isère), le 14 et le 23 août 1944, puis dans le temps même de cette Libération, deux résistants et trois civils furent sommairement exécutées ou tuées.

L’agglomération de Bourgoin et de Jallieu, qui fusionneront en Bourgoin-Jallieu en 1967, constituait un point névralgique d’importance pour les Allemands, qui y avaient installé une garnison d’environ 400 hommes, et un objectif vital pour la Résistance iséroise.

Le 14 août 1944, vers 17 heures, des membres du groupe Rémy (A.S. secteur VII Isère) vinrent à Bourgoin (aujourd’hui Bourgoin-Jallieu, Isère avec la mission de faire des soldats allemands prisonniers pour en obtenir des renseignements afin de préparer au mieux les combats pour la Libération de Bourgoin et Jallieu.
Les maquisards tentèrent d’arrêter trois soldats qui se trouvaient à la terrasse d’un café. L’un se rendit, les deux autres s’enfuirent. Parmi ces derniers, un fut abattu. Les Résistants tentèrent alors d’abattre le dernier qui s’enfuyait par la rue des Fabriques. Auguste Garnier, qui revenait de Ruy (aujourd’hui Ruy-Montceau, Isère) à bicyclette en passant par cette rue, fut atteint à la tête par une balle perdue probablement tirée par un maquisard.

Le 23 août 1944 , une concentration des forces de la Résistance s’opéra à Flosailles (Isère). Il y avait là le maquis de la Chartreuse de Porte (A.S. Bourgoin, capitaine Rémy) et d’Ambléon (A.S. Morestel, lieutenant Peysson), les groupes dépendant du Secteur 7, la Cie du lieutenant Plutarque (A.S. Belley), le groupe franc de Belley…
Entre 10h30 et 11 heures, alors que les combats pour la Libération de Bourgoin allaient débuter, Louis Bourlet et son camarade Alphonse Bron furent arrêtés par des soldats allemands de la Kriegsmarine.
Trouvés porteurs de munitions, ils furent immédiatement conduits place Anatole France et sommairement exécutés.
Louis Bourlet fut tué sur le coup. Alphonse Bron agonisa durant deux heures sans qu’il soit possible de lui porter secours, une sentinelle allemande interdisant à quiconque de s’approcher.
Vers 13 heures, alors que les combats pour la Libération de Bourgoin faisaient rage, Pierre Meynier-Badin qui remontait la rue de la Liberté à bicyclette pour regagner son domicile fut délibérément abattu par un soldat allemand appartenant probablement à la Feldgendarmerie. Il reçut une balle explosive qui lui emporta la moitié gauche du visage et il mourut à quelques mètres de chez lui.
Vers 13h30, des soldats allemands tirèrent des coups de feu dans les fenêtres des maisons qui bordent la place du Champ-de-Mars.
Atteinte à la tête par une balle explosive, Marie Janet-Maître fut retrouvée morte, baignant dans son sang, par ses voisins.


Liste des victimes :
14 août 1944
GARNIER Auguste


23 août 1944
BOURLET Louis
BRON Alphonse
JANET-MAITRE Marie
MEYNIER-BADIN Pierre

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article220778, notice Bourgoin (aujourd'hui Bourgoin-Jallieu, Isère), 14 et 23 août 1944 par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 2 décembre 2019, dernière modification le 2 décembre 2019.

Par Jean-Luc Marquer

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression 3808W439 — RULLIÈRE Maurice, Résistance en Bas-Dauphiné, Ed. Bellier

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