DELÉAZ Roger

Par Marcel Rivollier, Charles Sowerwine

Né le 20 septembre 1912 à Bettant (Ain) ; ouvrier maçon ; militant communiste et syndicaliste de l’Ain ; résistant de l’Isère.

Roger Deléaz constitua en 1934 le syndicat du Bâtiment CGTU d’Ambérieu-en-Bugey (Ain) et en devint le secrétaire. Reconduit lors de la réunification en 1936, il conserva ce poste jusqu’en 1939. En 1938, envoyé sur les chantiers de construction du barrage de Génissiat (Ain), il devint délégué permanent du syndicat CGT de ces chantiers (dont le trésorier était Francisque Dulac*). De 1935 à 1940, Deléaz fut en outre délégué syndical de la 10e région fédérale du Bâtiment (région Rhône-Ain).

Militant communiste depuis 1934, Deléaz fut un des fondateurs de la cellule communiste du canton d’Ambérieu, dont il fut trésorier jusqu’en 1939, (le secrétaire étant Marius Métral*). Deléaz créa aussi le comité « Amsterdam-Pleyel » d’Ambérieu, avec l’appui, d’Albert Ouzoulias*. Militant libre-penseur, adhérent au groupe de la Libre-Pensée d’Ambérieu depuis 1932, Deléaz entra en conflit avec le président du groupe, car il s’opposa à donner l’investiture du Front populaire à Émile Bravet*. L’affaire fut tranchée par le comité du Front populaire d’Ambérieu en faveur de Bravet ; Deléaz quitta la Libre-pensée.

Le 22 octobre 1940, Deléaz fut arrêté une première fois pour infraction au décret du 26 septembre 1939 portant dissolution du PCF. Emprisonné à la prison Saint-Paul puis à la prison Saint-Joseph, il fut libéré le 5 juillet 1941. Arrêté de nouveau le 27 août 1941 sur ordre du préfet de l’Ain, il fut interné en compagnie de René Nicod*. Libéré le 27 avril 1942, il fut arrêté pour la troisième fois pour sanction administrative le 17 octobre de la même année. Détenu au fort de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), il fut transféré à Bayonne en mars 1943 d’où il s’évada pour rejoindre les maquis de Résistance du Jura.

Nommé chef de détachement, il devint en 1944 commissaire aux opérations de la Région I 1 (Isère-Hautes-Alpes). Le 4 février 1944, il fut arrêté sur dénonciation, transféré à Compiègne, puis déporté dans les camps de Mauthausen, Mebla et Belse. Il fut libéré le 6 mai 1945.

Après la guerre, il fut homologué capitaine des FFI. Il reçut la Croix de guerre avec étoile d’argent avec la citation suivante :

« Résistant de la première heure, eut à subir la prison et les camps de concentration.

« S’évade au printemps 1943, reprend immédiatement le combat. Affecté aux Francs-Tireurs et Partisans Français, il devient rapidement chef de deux départements

« Arrêté le 4 février 1944, supporte de nombreuses tortures sans plainte. Déporté »

De retour à son village d’origine, installé comme maçon, fort de son passé de résistant, ce « vieux communiste » fut candidat du PCF au conseil général de l’Ain aux élections de septembre 1945 ; il fut élu au deuxième tour et garda son siège jusqu’en 1951. Membre de la commission « Transports-Routes » du conseil, dont le président était René Nicod*, secrétaire du conseil général, Deléaz fut écarté de ces postes en 1947 à la suite du départ des ministres communistes du gouvernement Ramadier. Aux élections municipales de cette année, Deléaz fut candidat malheureux du PCF à Bettant. Installé par la suite comme maçon dans l’Isère, marié à une institutrice exerçant dans ce département, Deléaz n’eut plus d’activité politique. Le 12 juillet 1962, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur et, le 5 juillet 1976, officier.

Il habitait Bourgoin-Jallieu (Isère) en 1982.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22010, notice DELÉAZ Roger par Marcel Rivollier, Charles Sowerwine, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 10 mai 2017.

Par Marcel Rivollier, Charles Sowerwine

SOURCES : Arch. Libre-pensée Ain. — L’Éclaireur de l’Ain, 3 juin, 15 septembre 1935, 27 septembre, 8 novembre 1936, 13 janvier 1937, 14 mai 1939, 22 septembre 1945, 26 juillet 1947. — Le Progrès de l’Ain, 1945, passim. — Témoignage Deléaz.

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