DELAGNES Roger, Lucien, Henri

Par Antoine Olivesi

Né le 11 mai 1902 à Montpellier (Hérault), mort le 5 avril 1976 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; instituteur ; militant socialiste SFIO des Bouches-du-Rhône ; maire et conseiller général des Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône) en 1945, réélu en 1951, puis en 1957, président de la commission départementale en 1951 ; sénateur des Bouches-du-Rhône (1962-1973).

[Sénat]

Roger Delagnes était, en 1933, instituteur à l’école publique de Saint-Loup, banlieue de Marseille, où il résidait, et secrétaire de la sous-section SFIO qui s’y était implantée dans le cadre de la 10e section dont il était membre. Gaston Defferre a évoqué, lors des obsèques de Delagnes, leurs souvenirs communs de jeunes militants à cette époque. Delagnes participa notamment à la campagne qui aboutit à l’élection du candidat socialiste Giraud* comme conseiller d’arrondissement du 10e canton en décembre 1934, puis à celle des municipales en 1935, année où il fut délégué au congrès fédéral.

Mais Roger Delagnes avait aussi des attaches à Arles où il s’était marié en 1925. Instituteur à la rue Eydoux à Marseille, en 1937, il sollicita, le 30 septembre, un congé auprès de l’inspecteur d’Académie des Bouches-du-Rhône pour se présenter, au nom du Parti socialiste SFIO, aux élections pour le conseil général dans le canton des Saintes-Maries-de-la-Mer en Camargue. Il fut battu par Esprit Pioch*, n’obtenant que 117 voix contre 190 sur 435 électeurs inscrits, mais comme Pioch était inéligible ; Delagnes protesta et l’affaire fut portée en conseil de préfecture. L’avocat de Delagnes réclama la nullité - et non l’annulation - c’est-à-dire l’élection de son client. Le conseil décida de nouvelles élections qui entraînèrent le succès de Joannin Audibert* en février 1938 ; Delagnes recueillit alors 105 voix, au premier tour. Les communistes l’accusèrent de ne pas avoir respecté la discipline du Front populaire au second.

Lors de la grève du 30 novembre 1938, Roger Delagnes fit partie des instituteurs marseillais qui cessèrent le travail ce jour-là. Le 19 février 1939, il fut élu membre de la commission des conflits au congrès fédéral administratif SFIO d’Istres.

Après la guerre, en 1945, Roger Delagnes, toujours membre du Parti socialiste, devint maire et conseiller général des Saintes-Maries (élu le 23 septembre, avec 492 voix sur 920 inscrits). Il fut réélu en 1951, année où il présida la commission départementale, puis en 1957.

En 1962, il devint sénateur des Bouches-du-Rhône, en remplacement de Gaston Defferre et le demeura jusqu’en 1973, année où il démissionna pour raisons de santé. Pour les mêmes motifs, il abandonna ses fonctions de maire des Saintes-Maries tout en demeurant au conseil municipal et il ne se représenta pas aux élections cantonales lors du renouvellement de mars 1976. Il était alors en traitement au service de cardiologie à l’hôpital Nord de Marseille. Ce fut là qu’il mourut, le 5 avril 1976. Roger Delagnes fut inhumé à Arles le 8, en présence d’une foule considérable. Les discours prononcés évoquèrent son caractère « affable mais ferme », « l’homme loyal, l’élu dévoué et désintéressé », l’œuvre réalisée en Camargue, grâce à lui, pour sauvegarder le patrimoine naturel et la préservation des sites dans les travaux d’urbanisme. Roger Delagnes était chevalier de la Légion d’honneur et officier des Palmes académiques.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article21909, notice DELAGNES Roger, Lucien, Henri par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 27 novembre 2008.

Par Antoine Olivesi

[Sénat]

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, III M 53 et 57 ; XIV M 25/134, rapport de l’IA du 3 décembre 1938. — Arch. Com. Marseille, listes électorales 1933. — Le Petit Provençal, 3 et 7 décembre 1934, avril 1935, 2 juin 1935, 11 octobre 1937. — Marseille-Matin, 12 octobre et 4 novembre 1937. — Rouge-Midi, 8 février 1938. — Provence Socialiste, 21 janvier 1938 et 27 février 1939. — Le Provençal et Rouge-Midi, septembre 1945. — Le Provençal, 7 avril (nécrologie et photo), 8, 9 et 10 avril 1976. — H. Coston, Dictionnaire de politique française p. 345. — Indicateur Marseillais, 1974. — Renseignements d’état civil fournis par la mairie de Montpellier.

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