Né le 23 novembre 1930 à Paris (XVe arr.), mort le 17 décembre 1999 à Cancale (Ille-et-Vilaine) ; céramiste d’art à la manufacture nationale de Sèvres (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine) ; syndicaliste, secrétaire national de la FEN, chargé du secteur des Affaires culturelles, puis de la formation internationale et du département d’histoire sociale ; militant socialiste SFIO puis PS.

Fils de Jean Delage*, conducteur d’autobus, syndicaliste CGT-FO, et socialiste, Guy Delage fit ses études à Meudon (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine), à l’école primaire et au cours complémentaire. Après le brevet élémentaire, il entra à l’école de formation de la manufacture de Sèvres, le 10 juillet 1944. Devenu céramiste d’art en juillet 1948, il termina sa carrière comme chef de travaux d’art.
Guy Delage se maria le 22 juillet 1950, à Meudon, avec Micheline Mathé, décoratrice à Sèvres. Le couple eut deux enfants, Marie-Anne, née le 19 janvier 1963, et Jean-Marc, né le 1er juillet 1966. Son épouse, après une période de disponibilité, travailla à partir de 1983 comme employée à la section départementale de la Mutuelle générale de l’éducation nationale des Yvelines.
Membre des Faucons rouges en 1938, des Jeunesses socialistes SFIO depuis 1947, Guy Delage adhéra au Parti socialiste SFIO en janvier 1952, à la section de Meudon. Il fut secrétaire adjoint de cette section et secrétaire de l’union cantonale de Sèvres. Il fut rédacteur-gérant du bulletin mensuel de la section de Trappes, où il résidait à partir de 1954. Élu à la commission exécutive de la SFIO de Seine et Oise en 1965, puis des Yvelines en 1966, il en devint le secrétaire général adjoint. Il abandonna ces responsabilités politiques en 1968 non compatibles avec ses responsabilités syndicales.
Guy Delage adhéra au syndicat national de la Manufacture de porcelaine de Sèvres (FEN), alors affilié à la CGT, en 1947. Le syndicat, par référendum, se prononça pour l’autonomie de la FEN en 1948. Membre du conseil syndical en 1958, il devint, en 1968, secrétaire adjoint national du syndicat, chargé des problèmes corporatifs. Membre du comité technique paritaire des manufactures d’art de 1960 à 1968, il représentait son syndicat de 1960 à 1966, à la commission administrative de la section départementale FEN de Seine-et-Oise. À la création des nouveaux départements de la couronne parisienne, il fut élu, en novembre 1966, au bureau de la section départementale de la FEN des Hauts-de-Seine et en devint le secrétaire général adjoint, le 20 mai 1969.
En juin 1968, Guy Delage participa à la négociation du protocole spécifique aux manufactures qui accorda notamment au syndicat national un permanent. Le 25 juin 1968, il devint le représentant permanent de la FEN pour l’ensemble des personnels du ministère des Affaires culturelles. Le 16 décembre 1970, il fut élu responsable du collectif des syndicats FEN de la culture qui venait de se créer. Il mit en place ce collectif en février 1971, le dota d’un bulletin trimestriel Syndicalisme et culture. Son action de coordination des syndicats et sections syndicales du ministère de la Culture permit à la FEN d’être la première organisation syndicale du ministère, lors de la mise en place du premier comité technique paritaire ministériel en 1972.
À la demande de James Marangé, secrétaire général de la FEN, le 25 juin 1968, Guy Delage quitta ses responsabilités politiques pour prendre un poste de permanent syndical à la FEN, où il fut chargé d’être le représentant de la FEN au ministère des Affaires culturelles.
À partir du congrès de décembre 1971, Guy Delage fut membre titulaire de la commission administrative nationale de la FEN sur la liste « Unité, indépendance, démocratie ». Il cessa en octobre 1976, ses responsabilités dans le secteur des Affaires culturelles pour exercer des responsabilités fédérales. Après le congrès d’Avignon, en février 1982, il fut titulaire du bureau fédéral national et de l’exécutif fédéral national. Il avait présenté au conseil national de la FEN du 12 décembre 1972, le rapport sur les bas salaires dans la Fonction publique, qui fit l’objet d’une publication des cahiers de la FEN.
Delage organisa, sous la responsabilité de Robert Chéramy*, les premiers stages de formation syndicale au château de La Verrière (Yvelines). À partir de 1976, Il se consacra entièrement comme secrétaire national de la FEN à la formation syndicale et aux stages internationaux. Il organisa des stages franco-allemands, des stages de formation et d’échanges avec les syndicalistes enseignants d’Espagne et du Portugal, des colloques avec les syndicats enseignants des pays de l’Union européenne, des actions de formation aux questions de la communauté européenne. En 1984, il fut membre du conseil d’administration de l’Office franco allemand pour la jeunesse.
En 1978, Guy Delage créa le département d’histoire sociale de la FEN, en liaison avec le Centre de recherche d’histoire des mouvements sociaux et du Syndicalisme de l’Université de Paris I, où il représenta la FEN au conseil d’administration. La création, en 1986, du Centre fédéral sous la forme d’une association permit le développement du département Histoire sociale, puis la création du prix Jean Maitron, décerné chaque année depuis 1989.
Guy Delage continua de militer dans sa section départementale FEN des Hauts-de-Seine, dont il devint trésorier en 1981. Il fut élu membre de la Commission administrative de la MGEN 92, en 1976.
Il fut initié à la loge « L’Europe maçonnique » du Grand Orient de France à Paris, en décembre 1976, puis affilié à la loge « Jean Rostand » à partir de 1985.
Guy Delage était membre de la section socialiste de La Verrières où il habitait et où son épouse avait été élue conseillère municipale en 1983 sur une liste d’union de la gauche. En 1990, Delage entra au conseil d’administration du centre Guy Mollet, et de l’Office universitaire de recherche socialiste. Il démissionna du Parti socialiste en octobre 1990, à la suite du congrès de Rennes, écrivant à Pierre Mauroy : « Qu’en auraient dit Jean Jaurès, Léon Blum ou Guy Mollet ? »
Pendant toute son activité, il avait participé à diverses associations culturelles dont le bureau de l’amicale des anciens élèves des écoles publiques de Meudon de 1944 à 1954, « Les treize de la chanson » de 1948 à 1955 ou le foyer laïque de Trappes dont il fut le vice-président de 1956 et 1966.
Guy Delage prit sa retraite en 1991, et se retira à Cancale où il avait passé régulièrement ses vacances d’été, et où il acheta une maison. Il devint alors le secrétaire départemental de la Fédération générale des retraités. Quelques années plus tard, il eut de graves problèmes de santé et il fut amputé d’une jambe en novembre 1993. Il continua à siéger au jury du Prix Maitron.

SOURCE : Documents communiqués par l’intéressé.

Jacques Girault, Guy Putfin

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