DEDIEU Thérèse

Par André Balent

Née le 13 avril 1930 à Marsoulas (Haute-Garonne) ; collégienne ; morte à Marsoulas le 10 juin 1944 ; victime civile de la division Das Reich

Thérèse Dedieu était la fille cadette d’Emmanuel Dedieu cultivateur à Marsoulas et de Jeanne Dancausse. Elle habitait avec ses parents dans une ferme à l’extérieur du village, à l’entrée nord, en direction de Cassagnes et Mazères. (Haute-Garonne). Sa famille était catholique, très pratiquante. Son oncle, frère de sa mère, l’abbé Dancausse, curé d’Arbas (Haute-Garonne) village montagnard du Comminges, accourut après le massacre de Marsoulas et participa à la concélébration de la messe des obsèques des vingt-huit victimes de la division Das Reich, le lundi 12 juin 1944.

En 1944, Thérèse Dedieu était pensionnaire à l’école catholique Sainte-Thérèse à Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Au printemps 1944, sa mère était allée la chercher afin de la ramener à Marsoulas. La supérieure pensait qu’elle serait plus en sécurité chez elle qu’en ville.

Le matin du 10 juin 1944 elle était encore dans sa maison lorsque survint le drame dont elle fut l’une des trois premières victimes. Sa mère — qui avait été l’une des premières à Marsoulas à voir l’arrivée de la colonne allemande qui se dirigeait vers Marsoulas depuis Cassagne — était venue en avertir le reste de la famille. Son père avait expliqué aux SS de la division Das Reich qu’il n’y avait pas de « terroristes » dans le village lorsque deux résistants (Jean-Marie Manens qui lança une grenade et Camille Weinberg tira à l’arme automatique) du maquis de Betchat (Ariège) postés sur le toit de l’église de Marsoulas ouvrirent le feu sur la colonne allemande qui riposta sauvagement, allant jusqu’à tuer vingt-sept villageois. Après avoir blessé ses parents — seule sa mère survécut — les SS qui avaient pénétré dans sa maison la tuèrent ainsi que sa sœur Georgette et l’ouvrier agricole Jean Edmond. Touchée par un éclat de la grenade lancée dans la pièce par un SS, Thérèse trouva encore la force de sortir de la maison avant d’aller s’écrouler morte, dans la cour.

Voir Marsoulas (Haute-Garonne), 10 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article218988, notice DEDIEU Thérèse par André Balent, version mise en ligne le 12 septembre 2019, dernière modification le 15 septembre 2019.

Par André Balent

SOURCES : Michel Goubet, « Le massacre de Marsoulas » in La résistance en Haute-Garonne, CDROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la résistance intérieure), 2009. — Guy Penaud, La « Das Reich » 2e SS Panzer Division, préface d’Yves Guéna, introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, 558 p. [pp. 378-383, pp. 520-521. — Roger Prost, « En Comminges sous l’occupation. Événements après le 6 juin », Revue du Comminges, Revue d’histoire, d’archéologie, de géographie et de sciences naturelles du Comminges et des Pyrénées centrales, 109, 1994, pp. 404-443 [p. 409]. — « Le massacre d’une population innocente à Marsoulas en Comminges, le 10 juin 1944 », site aspetinf.chez.com/assoc/Marsoulas, consulté le 11 septembre 2019. — Mémorial Verdier Forain (Toulouse), en ligne, consulté le 31 juillet 2019. — Musée de la Résistance en ligne, consulté le 1er août 2019. — MemorialGenWeb consulté le 1er août 2019.

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