DAIGNEAU Marcel

Par Eric Panthou

Né le 5 juillet 1916 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), ouvrier tôlier chez Michelin, membre de la CGT ; interné politique ; membre du bureau fédéral du Parti communiste (PCF) du Puy-de-Dôme jusqu’en 1955.

Fils d’Alexandre et de Marie Astier, Marcel Daigneau est issu d’une famille où tous les membres, ses parents et ses 2 frères furent salariés chez Michelin. Il eut aussi une sœur. Son père était serrurier chez Michelin puis devint contremaître à l’atelier VD tôlerie.
Marcel était marié avec Jeanne Marie Fraisse et avait une fille. Soldat au BOA détaché aux Part d’artillerie des Gravanches à Clermont-Ferrand en 1936, il le resta jusqu’au 29 juin 1937 date à laquelle il fut affecté à Hauterive (Allier) pour raison disciplinaire. Dénoncé comme sympathisant communiste dans une lettre anonyme envoyée en janvier 1937 au colonel Gonnard, commandant du Parc d’Artillerie, on le dénonce aussi comme auteur avec d’autres d’un vol d’armes au parc, accusation sans fondement selon l’enquête de police puisque aucun vol n’a eu lieu. Il fut libéré en octobre 1937, date à laquelle il est recruté chez Michelin, comme tôlier. Il habitait 25 bis impasse Poncillon à Clermont-Ferrand.
Durant la guerre, son frère, Georges Daigneau fut condamné dès le printemps 1940 à 5 ans de prison pour propagande communiste et son frère Paul Daigneau fut condamné à mort par contumace en 1943 après avoir tué un gendarme lors de l’attaque d’une gendarmerie pour délivrer des réfractaires du STO, à Arlanc (Puy-de-Dôme).

En 1941, lors d’une importante enquête il fut identifié parmi les militants communistes ayant une activité. Il était déjà connu à cette époque comme communiste et frère d’un autre suspect, Paul. Il est perquisitionné le 21 octobre 1941. Il déclare alors avoir adhéré au PCF depuis 1937 jusqu’à dissolution. Il nia avoir caché matériel, diffuser tracts, et affirma ne connaître personne se livrant à propagande.

Il fut élu au Comité fédéral du PCF Puy-de-Dôme au moins à partir de 1949 mais ne fut plus proposé en 1955. Il était alors membre du secrétariat de la Section Michelin mais il est dit qu’il a alors une activité réduite, qu’il ne voit pas la nécessité de réunir sa cellule, qu’il nie l’esprit combatif de la classe ouvrière. On lui reproche aussi de ne plus assister au Comité fédéral. Il est probable que cette mise à l’écart doive être mise en relation avec celle de Robert Marchadier qui survient au même moment et qui après avoir été membre du Comité central jusqu’en 1950 et secrétaire de l’UD CGT depuis 1946, est poussé à démissionné à l’automne 1955. En tant qu’ancien secrétaire de la CGT Michelin de 1936 à 1939, Marchadier semble avoir été lié aux frères Daigneau qu’il appelle affectueusement "Les Trois Mousquetaires" dans ses notes manuscrites.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article218480, notice DAIGNEAU Marcel par Eric Panthou, version mise en ligne le 14 août 2019, dernière modification le 19 août 2019.

Par Eric Panthou

SOURCES : AD63 1296W100 : Rapport du commissaire de Police Judiciaire Pigeon à Monsieur le Commissaire divisionnaire Chef de la 2éme Section à l’Inspection Générale des Services de Police Judiciaire, le 13 octobre 1941 .— AD 63 1296W100 : affaire Sauvignet et autres. Septembre 1941 .— AD 63 1296W100 PV Marcel Daigneau, 21/10/41 .— 1296W101 : notice individuelle d’inculpé .— Archives de la Ville de Paris : Pérotin, 29, Rapport du commissaire Dumousseau, 8 décembre 1938, Au sujet des vols d’armes aux Gravanches .— Membre du Comité fédéral non reproposés par le Bureau Fédéral actuel, 1955. archives privées .— Généanet.

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