COMBANEYRE Jean

Par Eric Panthou

Né à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) le 15 décembre 1922, décédé le 1er juillet 1985 à Mimizan (Landes) ; dessinateur ; réfractaire au STO, membre des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) au sein de “Franc-Tireur”.

Le père et la mère de Jean Combaneyre étaient instituteurs à Paugnat (Puy-de-Dôme). Il a suivi cours des Beaux-Arts à Clermont puis il est entré à l’Inspection de la Garde rue Blatin à Clermont-Ferrand à sa sortie de l’École, en novembre 1941 jusqu’en mai 1942.
Il se maria en décembre 1941 à Courpière, où il vivait, avec Raymonde Desbarges.
Après mai 1942, il a travaillé au Groupement 44 des Chantiers de Jeunesse de juin au 3 novembre 1942. Il a ensuite été incorporé au Chantier de Jeunesse de Courpière en convalescence au château de Mayoux commune de Thiers, Groupe 9, puis a été désigné comme devant partir en Allemagne, le 2 juin 1943. Il a profité d’une permission pour se sauver le 4 juin 1943, comme presque tous ses camarades concernés, et a pris le maquis. Il pensait aller travailler en montagne chez des paysans, sur les conseils d’une lingère de la polyclinique Philippe Marcombe où il se faisait soigner. Mais en fait il est incorporé au sein d’une groupe relevant du Mouvement Franc-Tireur à la Chapelle Gineste, sous contrôle du communiste Pierre Cerveau. Le groupe de quelques dizaines de réfractaires ne mène aucune action si ce n’est celles liées au ravitaillement et à la recherche d’informations pour se procurer des armes.
Le 9 juin 1943, 6 jeunes sont arrêtés par les gendarmes d’Arlanc. Combaneyre fit partie du commando mis en place alors pour délivrer leur camarade. Il affirme que c’est sous la menace d’être abattu qu’il a accepté de participer ce même jour à l’attaque de la gendarmerie d’Arlanc où un gendarme fut tué et deux autres blessés. Il est arrêté le 14 juin chez son beau père, transféré d’Ambert à la prison de Thiers le 25 juin 1943. Ses aveux furent très précis contre Perrain dit Marius, Paul Daigneau dit Paul, notamment Il nia absolument être communiste. Il fut condamné le 13 juillet 1943 aux travaux forcés à perpétuité par la section spéciale de la Cour d’Appel de Riom.

Une enquête fut ordonnée après guerre sur l’attitude de Combaneyre suite à une lettre de plainte de madame Neymarck au commissaire du Gouvernement le 11 juillet 1945. Combaneyre fut accusé d’avoir été celui qui dénonça ses camarades et permit surtout de retrouver les archives de Pierre Cerveau cachées le jour du 9 juin dans une valise chez le un cultivateur. Les archives confirment le fait qu’il a pu donner des détails sur certains membres du groupe, mais ce fut le cas aussi d’autres jeunes arrêtés lors de cette opération. En revanche, les listes de réfractaires dressées par Pierre Cerveau ont sans doute été retrouvées grâce à ses indications. On ignore si l’enquête a donné lieu à poursuites.

En octobre 1945, la direction du PCF du Puy-de-Dôme mena aussi une enquête sur lui, ce qui suppose qu’il était peut-être membre du Parti à cette date. Les propos sont sévères, estimant que l’entrée en Résistance de Combaneyre était motivée par des raisons matérielles. Depuis la Libération, il aurait eu un train de vie supérieur à la moyenne alors qu’il ne semblait pas travailler, hormis à la Compagnie hydro-électrique d’Auvergne (CHEA). Le rapport conclut qu’il s’agit d’un “individu peu recommandable, pas aimé de la population ouvrière de Courpière”.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article218477, notice COMBANEYRE Jean par Eric Panthou, version mise en ligne le 14 août 2019, dernière modification le 14 août 2019.

Par Eric Panthou

Sources : arch. dép. du Puy-de-Dôme : 1296 W 422 : fiche nominative d’arrestation, 16 juin 1943.— arch. dép. du Puy-de-Dôme : 1296 W 422 pv interrogatoire Combaneyre par gendarmerie de Courpière, le 14 juin 1943.— arch. dép. du Puy-de-Dôme : 1296 W 422 : le commissaire divisionnaire, chef du service régional de police judiciaire à Clermont, à Monsieur le préfet régional et à l’intendant de Police, le 14 juillet 1943.— arch. dép. du Puy-de-Dôme : 1296 W 422 : déposition de Paul Daigneau devant le commissaire Servant de la police judiciaire, le 27 octobre 1945 .— Lettre de Levra, secrétaire de la section PCF de Courpière, le 28 octobre 1945. Archives privées Roger Champrobert, Clermont-Ferrand.— SHD Vincennes, GR 16 P 138940. Dossier de Résistant de Jean Combaneyre (non consulté).— Etat-civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément