NION Henri, Léon, Louis

Par Christophe Lézenven

Né le 15 avril 1903 à Bretoncelles (Orne), fusillé sommairement par les Allemands le 14 août 1944 en forêt de Senonches (Eure-et-Loir) ; ouvrier agricole.

Henri Nion était né à Bretoncelles (Orne). En 1944, il était domicilié à Belhomert (Eure-et-Loir), une petite commune du Perche, à une quinzaine de kilomètres de sa commune natale. Marié, Henri Nion travaillait à Belhomert comme ouvrier agricole pour élever ses neuf enfants dont cinq avaient moins de quatorze ans.
Dans sa rubrique « Les atrocités allemandes en Eure-et-Loir », ouverte après la libération du département, le quotidien L’Écho républicain de la Beauce et du Perche du samedi 23 septembre 1944 rapporte : « A Belhomert, avant de fuir, les Boches ont tué un ouvrier agricole, père de famille nombreuse, et l’un de ses fils ». Le lundi 14 août 1944, alors que la libération de l’Eure-et-Loir avaient commencé depuis trois jours : « des soldats allemands qui appartenaient à un bataillon de SS » cantonné au lieu-dit « Les Quatre-Routes » sur la commune de Belhomert, vinrent à 9h du matin arrêter Henri Nion et son fils Lucien qui n’avait pas encore dix-sept ans, au motif qu’ils « (…) auraient pris des armes abandonnées par des troupes allemandes en retraite et les auraient cachées » ; le père et le fils furent accusés de terrorisme et les Allemands les emmenèrent au poste des « Quatre-Routes ». La dernière fois que le père et le fils furent aperçus, ils montaient vers la forêt de Senonches encadrés de soldats en armes.
Il n’y eut aucun témoin de ce qui survint ensuite, si bien que la date d’exécution d’Henri Nion et de son fils est supposée être celle du jour de leur arrestation. Le lendemain, mardi 15 août 1944, Belhomert était libérée par les troupes américaines. Trois jours plus tard, le vendredi 18 août 1944, les cadavres mutilés des deux victimes furent découverts dans la forêt de Senonches par une patrouille de soldats américains : le jeune Lucien Nion, qui n’avait pas dix-sept ans, avait été étranglé et achevé par les balles allemandes tandis que son père Henri Nion avait été fusillé. Les corps des deux victimes gisaient l’un à côté de l’autre. L’Écho républicain de la Beauce et du Perche rapporte que les deux victimes furent inhumées deux jours plus tard le dimanche 20 août 1944 dans le cimetière de Belhomert, « au cours d’une cérémonie simple, mais émouvante (…) en présence d’une foule nombreuse ».
Le nom d’Henri Nion est inscrit sur le Monument aux Morts de la commune de Belhomert.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article218446, notice NION Henri, Léon, Louis par Christophe Lézenven, version mise en ligne le 13 août 2019, dernière modification le 13 août 2019.

Par Christophe Lézenven

SOURCES : Arch. Dép Eure-et-Loir, 18 W 101, 20 W 282. — L’Écho républicain de la Beauce et du Perche du samedi 23 septembre 1944. — Mémorial GenWeb (consulté le 13.08.19).

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