ROY Maurice

Par Annie Pennetier

Né le 16 mars 1923 à Paris (Ve arr.), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à La Ferté Saint-Aubin (Loiret  ; étudiant ; résistant du réseau Vélite-Thermopyles des Forces françaises combattantes FFC.

Maurice Roy était lycéen au lycée Chaptal de Paris quand, en juin 1940, il voulut rallier Londres mais rata le dernier bateau quittant Bordeaux pour la Grande-Bretagne. Il participa à la manifestation sur la tombe du soldat inconnu place de l’Étoile à Paris le 11 novembre 1940 contre l’occupation allemande lors de laquelle il fut matraqué et blessé à l’oeil droit. Arrêté, il fut incarcéré à la prison du Cherche-Midi pendant 22 jours, maltraité et en sortit en très mauvais état. Sa mère témoigna le 16 septembre 1944, sa déposition auprès de la police judiciaire d’Orléans le 16 septembre 1944 indique que son fils organisa avec quelques camarades un embryon de groupe de résistants, rechercha un instructeur capitaine de réserve, tint des réunions soit dans des chambres d’hôtel, soit dans la sienne, mais la liaison avec des groupes plus importants capables de les intégrer et de les armer ne put se faire jusqu’en 1943 grâce au réseau Buckmaster en liaison avec l’Intelligence Service britannique. En effet, le Régiment Liberté, nom donné à ce corps franc, reçut des armes grâce à un important parachutage en forêt de Rambouillet sur le domaine de la Haute-Jaunière, propriété de la famille Halewyck dont le fils Robert était membre de Buckmaster. Mais le 25 novembre 1943, l’arrestation de celui-ci et de son père provoqua la découverte par les soldats allemands de la base d’entraînement.
Repéré par la police allemande, Maurice Roy céda le commandement du corps franc Liberté à Philippe Wacrenier élève du lycée Janson-de-Sailly, qui réussit à nouer des contacts avec Pierre Piganiol, professeur à l’École normale supérieure (Ulm) et chef de l’important réseau Vélite qui comprenait un secteur Renseignement en liaison avec les services londoniens de la France libre et un secteur Action avec notamment une base en Corrèze à Neuvic-d’Ussel.
Dans le cadre de l’unification de toutes les forces militaires voulue par le CNR et la création des FFI, un rapprochement eut lieu entre les corps franc Liberté et Essor appartenant à l’OCMJ (Organisation civile et militaire des jeunes) et en avril 1944 ils préparèrent leur départ commun pour rejoindre en Sologne des propriétés tenues par des familles de résistants ou sympathisants. Cette localisation permettait soit de tenir la boucle de la Loire, soit de remonter sur Paris ou bien se replier en Corrèze pour renforcer le maquis de Neuvic d’Ussel.
Suite aux messages codés de Radio Londres précédant le débarquement allié en Normandie, le 1er juin « Les sanglots longs des violons de l’automne », et l’appel à la mobilisation du 5 juin, de nombreux résistants lycéens et étudiants parisiens du corps franc Liberté du réseau Vélite-Thermopyles,entreprirent de rejoindre les jours suivants la ferme du By sur la commune de La Ferté Saint-Aubin (Loiret).
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. d’Orléans commandés par l’adjudant Max Kathrein alias Schneider accompagnés de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvinrent à se cacher. Parmi les étudiants parisiens, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By.
L’étudiant rescapé Lucien Schmant témoigna qu’après un interrogatoire et une fouille, puis une absence d’une demi-heure pour aller chercher les instructions téléphonées de leurs supérieurs par l’intermédiaire de la gendarmerie de La Ferté, le peloton d’exécution les fit rejoindre une clairière située à l’écart de la ferme ; un premier groupe de seize jeunes furent abattus à la mitrailleuse, puis achevés d’une balle dans la tête, puis un deuxième groupe de treize arrêtés à la grange de La Fourmillière.
Les corps des 29 victimes furent mis en bière au cimetière de La Ferté, le 12 juin.

Le procès des gestapistes français du Loiret se déroula devant la cour de justice d’Orléans du 16 au 23 juillet 1946. Sept avaient été arrêtés et quatre en fuite furent jugés par contumace. André Parent le 16 janvier 1945 a été condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi » et fusillé le 7 février 1945. Lucien Lussac, principal responsable, a été condamné par la même cour le 23 juin 1946 et fusillé le 28 novembre 1946.

Maurice Roy a été reconnu Mort pour la France, membre du Groupe Franc « Liberté », Maquis de Sologne du 06 au 10 juin 1944, homologué FFI, et le statut d’interné résistant IR lui fut attribué.(à compléter)

Son nom a été inscrit dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin. Il a été réihumé dans le carré militaire du cimetière de Villiers-sur-Marne, commune de sa famille, où une rue porte son nom.

Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article217914, notice ROY Maurice par Annie Pennetier, version mise en ligne le 12 juillet 2019, dernière modification le 12 juillet 2019.

Par Annie Pennetier

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 526364 (n.c.) . — AVCC Caen 21 P 667671 (n.c.) . — Alexandre Astruc, Le plaisir en toute chose, éditions Neige, 2015. — Georges Joumas, La tragédie des lycéens parisiens résistants 10 juin 1944 en Sologne, Corsaire Éditions, 2014.

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