DUDAL Maurice, Georges

Par Eric Panthou

Né le 19 janvier 1923 à Paris (Seine), XIX° arr., mort au combat ou exécuté sommairement le 1er février 1944 au lieu-dit l’Enseigne, commune de Marcolès (Cantal) ; ancien travailleur volontaire en Allemagne ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Tombe collective des 6 morts du maquis de l’Enseigne, à Marcolès.

Fils de César musicien, et de Georgette née Boquet, ménagère, Maurice Dudal habita jusqu’en 1941, 7 rue du Rhin à Paris (XIX° arr.). En décembre 1941 il a souscrit un contrat d’embauche pour un contrat d’un an comme travailleur volontaire à l’entreprise Junkers Flugzeug und Motorwerke à Kôthen (Allemagne).
On ignore les circonstances par lesquelles il a rejoint la Résistance et le Cantal.

Il rejoignit le maquis de l’Enseigne, à Marcolès (Cantal). Ils étaient une quinzaine de maquisards à agir en collaboration avec un groupe plus important, installé dans un terrain destiné à des parachutages. Ils bénéficiaient de l’aide de tous les paysans des fermes environnantes. Les maquisards se cachaient à l’Enseigne dans six baraquements construits en 1942 par les chantiers de jeunesse et qui ne servaient plus depuis 1943. Le maquis fut repéré par deux Français qui travaillaient comme bûcherons dans les bois voisins. Dans un bar d’Aurillac, les bûcherons firent la connaissance d’une femme surveillée par les maquisards d’Aurillac, de quelques Allemands et d’un milicien. Le 27 janvier 1944, la femme et le milicien, vinrent au camp par le car, pour s’assurer de la présence des maquisards et de la disposition des lieux. Le 1er février 1944, au petit matin, une cinquantaine d’Allemands les attaquèrent. Sur 18 jeunes, 4 furent tués, 2 faits prisonniers, dont un jeune réfractaire qui travaillait dans une ferme voisine : Maurice Duval, les jumeaux Lewitanski (Lazare et Salomon), Théophile Weil, René Dubois et Robert Reboul.
Plusieurs maquisards réussirent à s’enfuir dans les bois et à atteindre Estieu.
Les morts ont été brûlés ensemble, dans une cabane.
En 1947, une stèle a été mise en place. Elle porte les noms de : René Dubois, Maurice Dudal, Lazare Lewitansky, Salomon Lewitansky, Robert Reboul, Théophile Weil. Les parents des victimes ont souhaité qu’elles soient enterrées dans une tombe collective qui porte aussi leurs noms.

Une enquête fut menée pour déterminer si les hommes tués l’avaient été au combat et leur corps ensuite brulés, ou s’ils avaient été blessés au combat puis exécutés sommairement avant que leur corps soit brûlé. Dans le second cas, leur mort relevait des crimes de guerre. L’enquête de gendarmerie pencha pour la première hypothèse, mais sans certitude.
Son nom n’apparaît pas dans les registres d’état-civil de Marcolès ni dans les transcriptions de jugements du tribunal civil, contrairement à ses autres camarades, hormis Simon Lewitansky. Il n’a pas de dossier de victime de guerre aux archives de Caen.

Son nom figure sur le Monument commémoratif du Maquis de L’Enseigne à Marcolès.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article217757, notice DUDAL Maurice, Georges par Eric Panthou, version mise en ligne le 3 juillet 2019, dernière modification le 12 juillet 2019.

Par Eric Panthou

Tombe collective des 6 morts du maquis de l’Enseigne, à Marcolès.

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 197176. Dossier Maurice Dudal (non consulté) .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 523 : crimes de guerre à Marcolès .— Anacr-objat. — Midi libre 1.— Midi libre 2.— Yvette Souquières, L’Enseigne 1944, éditions Mairie de Marcolès. Octobre 2010 .— Mémorialgenweb .— état civil Marcolès.

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