DECOPONS Abel, François

Par Didier Bigorgne

Né le 16 décembre 1912 à Levrézy (Ardennes), mort le 3 mai 1980 à Charleville-Mézières (Ardennes) ; instituteur puis directeur d’école ; syndicaliste, mutualiste et militant communiste, secrétaire général adjoint de la section des Ardennes de la FEN (1953-1958), trésorier de la section ardennaise de la MGEN (1960-1968), président de la Caisse mutuelle des enseignants des Ardennes (1970-1977) ; maire de Bogny-sur-Meuse (Ardennes) de 1977 à 1980.

Abel Decopons était le fils d’Henri François Decopons, ouvrier ajusteur, et de Catherine Pauline Cercelet, sans profession. Après avoir fréquenté l’école communale de Levrézy, puis le cours complémentaire de Château-Regnault, il entra à l’École normale d’instituteurs de Charleville. À sa sortie en 1931, il obtint un poste à Haybes (Ardennes), village où il enseigna pendant de longues années en qualité d’instituteur. En 1947, il fut nommé à l’École d’application de Charleville ; il y termina sa carrière professionnelle au poste de directeur. Entre-temps, il avait épousé Suzanne Médot, institutrice, le 23 juillet 1935 à Charleville ; de cette union naquit un fils.
Membre du Syndicat national des instituteurs, Abel Decopons fut l’un des rares instituteurs ardennais à participer à la grève déclenchée par la CGT, le 30 novembre 1938, contre les décrets-lois Reynaud. En 1939, il fut mobilisé, avec le grade de maréchal de logis, dans une unité d’artillerie. Il combattit les Allemands et fut fait prisonnier. Détenu dans un camp en Prusse orientale, il fut libéré par l’armée soviétique en 1945. Les conditions de sa libération eurent une influence sur l’engagement politique d’Abel Decopons. Celui-ci aimait rappeler qu’il devait sa liberté, et peut-être la vie, à l’Union soviétique. Il devint alors un compagnon de route du Parti communiste. Il y adhéra tardivement, à la fin de l’année 1976.
Après la Seconde Guerre mondiale, Abel Decopons s’investit surtout dans le mouvement syndical et mutualiste. Membre de la FEN-CGT et militant de la tendance minoritaire cégétiste au sein du SNI, il fut élu à la commission administrative de la section des Ardennes de la FEN le 4 novembre 1952 ; il y siégea jusqu’au 30 janvier 1958, en occupant le poste de secrétaire général adjoint du 3 décembre 1953 au 30 janvier 1958. En 1956, il avait été élu administrateur CGT de la caisse primaire de Sécurité sociale des Ardennes ; il fut réélu aux élections de 1962. Dans le même temps, il devint membre de la commission administrative de la section ardennaise de la MGEN en 1958. Il assuma la fonction de trésorier de 1960 à 1968, puis celle de vice-président jusqu’en 1973. Enfin, il participa à la création de la Caisse mutuelle des enseignants des Ardennes dont il fut le président de 1970 à 1977. Il était aussi administrateur de l’Union départementale des sociétés mutualistes des Ardennes.
Abel Decopons partit à la retraite en 1967. Avec son épouse, il revint s’installer dans le quartier de Levrézy à Bogny-sur Meuse, ville née la même année de la fusion des communes de Braux, Château-Regnault et Levrézy. Il fit la connaissance des militants syndicalistes locaux à l’occasion des nombreuses réunions qu’il tint pour la défense de la Sécurité sociale. Après un premier échec aux élections municipales des 14 et 21 mars 1971 sur la liste communiste conduite par le conseiller général André Compain, Abel Decopons emmena la liste d’Union de la Gauche PCF-PS à la victoire le 14 mars 1977. Il fut élu maire de Bogny-sur-Meuse, devenant ainsi le premier maire communiste de l’histoire de la ville. Pendant son cours mandat, il réalisa un centre aéré, mit des locaux à la disposition des syndicats et lança l’étude de grands projets comme la construction d’un COSEC et l’achat des bâtiments de la Manufacture ardennaise pour y créer un musée de la métallurgie. Dans le cadre de ses fonctions électives, il fut vice-président de l’Association des maires des Ardennes et du Syndicat intercommunal des personnels des collectivités locales. Dans sa ville de Bogny-sur-Meuse, il était naturellement président d’honneur de la plupart des sociétés locales, en particulier du « Cercle d’échecs », de l’harmonie municipale « Les Amis réunis » et de l’ouvroir « Les Mains habiles ».
Abel Decopons avait été affaibli physiquement par ses cinq années de captivité. De santé fragile, il fut victime d’un malaise cardiaque en 1978, alors qu’il participait au congrès des maires de France à Paris. Gravement malade, il alla jusqu’à la limite de ses forces en président la séance du conseil municipal du 24 mars 1980 pour le vote du budget communal. Peu de temps après, il fut hospitalisé à Charleville-Mézières où il décéda. Abel Decopons fut inhumé dans la simplicité le 6 mai 1980 au cimetière de Levrézy à Bogny-sur-Meuse ; plus de mille personnes rendirent hommage à l’homme de conviction qui lutta toute sa vie pour la défense de l’École publique, des droits mutualistes, et d’une façon plus générale, pour l’aide aux déshérités.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article21753, notice DECOPONS Abel, François par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. Dép. Ardennes 3M8 et 9. — Arch. de la section des Ardennes de la MGEN. — Bulletin de la section ardennaise du Syndicat national des instituteurs, 1952 à 1958. — Bulletin municipal de la ville de Bogny-sur-Meuse, juin 1980. — L’Ardennais, 5 et 7 mai 1980. — Renseignements fournis par Suzanne Médot, épouse de l’intéressé.

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