DECAILLON René, Léon, Marcel

Par Éric Belouet, Michel Dreyfus

Né le 13 mai 1926 à La Madeleine (Nord), mort le 9 mai 2004 à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne) ; syndicaliste CFTC puis CFDT, secrétaire général de la Fédération CFTC puis CFDT Gaz-Électricité (1962-1970), membre du conseil confédéral, secrétaire du bureau de la Confédération européenne des syndicats (1979-1981).

Fils de Marcel Decaillon, ajusteur né à Lille le 11 avril 1900, et d’Yvonne née Jouly à Fâches-Thumesnil (Nord) le 31 mars 1903, employée, René Decaillon suivit les cours d’une école professionnelle libre à Lille, puis apprit le métier de dessinateur. Il milita à la JOC avant de se marier à La Madeleine avec Marguerite Deleurence le 16 avril 1949 ; six enfants naquirent de cette union. Entré à la Compagnie du gaz de Lille en 1944, il fit toute sa carrière à Gaz de France : en 1954, il était cadre technique chargé des études et travaux à Douai (Nord). Il prit sa retraite en 1981.

René Decaillon avait adhéré à la CFTC à la Libération. Il devint rapidement permanent régional et fut élu au bureau de la Fédération Gaz-Électricité, de son XIIe congrès (octobre 1953) — et peut-être avant — jusqu’en octobre 1955. Il ne le fut pas en 1956, vraisemblablement à cause de sa mobilisation en Algérie. Dès le XVIe congrès (octobre 1957) il était à nouveau secrétaire fédéral, puis secrétaire général adjoint en avril 1960 et enfin élu secrétaire général de 1962 à 1970. Lors de la création de la CFDT en 1964, René Decaillon fut donc le premier secrétaire de la Fédération Gaz-Électricité. En 1963, avec ses 28 500 adhérents, celle-ci venait en septième position dans la CFTC ; dès 1965, la nouvelle fédération, toujours en septième position dans la CFDT, regroupait 25 000 adhérents : le solde négatif avait été de 12,2 %. Dans les années qui suivirent, la fédération augmenta lentement mais régulièrement son influence : lors des élections à la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS) tenues le 19 octobre 1995, elle recueillit 22,47 % des voix, ce qui la laissait loin derrière la CGT qui en obtint 54,54 %, mais devant la CGT-Force ouvrière (13,9 %), l’UNCM (5,81 %) et la CFTC (3,26 %). René Decaillon fut également membre de la Commission supérieure nationale du personnel (CSNP).

Depuis 1959, René Decaillon était membre du conseil confédéral de la CFTC et, à partir de 1964, il continua d’appartenir à cette instance au sein de la CFDT. Membre de sa commission exécutive à partir de 1970 où il eut en charge les secteurs formation-organisation, il fut, de 1973 à 1979, secrétaire général adjoint de la CFDT. En 1975, il avait été nommé au Conseil économique et social, à la section de l’expansion économique extérieure de la coopération. Secrétaire du bureau de la Confédération européenne des syndicats (CES) de 1979 à 1981, il fut conseiller technique, chargé des relations internationales au cabinet du ministre du Travail, Jean Auroux, de 1981 à 1983. Enfin, de 1982 à 1987, il fut conseiller d’État en service extraordinaire.

Ses obsèques eurent lieu en l’église Notre-Dame-des-Anges à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), où il était domicilié.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article21716, notice DECAILLON René, Léon, Marcel par Éric Belouet, Michel Dreyfus, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 23 mai 2018.

Par Éric Belouet, Michel Dreyfus

SOURCES : Arch. FGE-CFDT : congrès fédéraux, présentation des candidats au bureau confédéral. — Gaz-Électricité, 1954-1970. — Le Monde, 12 mai 2004. — Frank Georgi, L’invention de la CFDT, 1957-1970, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 1995. — Renseignements fournis par L. Battais, P. Campagnac et M. Rault. — Notice fournie par l’intéressé, janvier 1996. — État civil de La Madeleine.

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