CHEVALIER Emile [pseudonyme dans la résistance : Marius]

Né le 3 novembre 1922 à Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire), torturé et exécuté sommairement par les Allemands le 19 août 1944 à Craponne-sur-Arzon ; mineur ; résistant au sein des Franc-tireurs et partisans (FTP).

Fils de Louis, Joseph, boulanger, et de Philomène, Virginie, née Chomette, ménagère, Émile Chevalier était mineur, vraisemblablement dans la Loire. Il était célibataire.
Il rejoignit la Résistance au sein des FTP du camp Wodli, installé sur des communes de la Haute-Loire mais composé essentiellement de résistants venus de la Loire.
Selon le témoignage d’un Allemand arrêté, le bataillon Volga Tartare légion était composé de 6 compagnies motorisées. Le bataillon a séjourné au Puy de novembre 1943 à aout 1944. C’est en se dirigeant du Puy sur Saint-Étienne (Loire) qu’il a effectué des opérations sur Craponne-sur-Arzon (Loire).
Chevalier qui était en convalescence à Craponne voulut malgré sa faiblesse aller au combat. Après s’être battu près du chemin de César, il se replia avec ses camarades jusqu’au voisinage de Craponne. Avec son camarade Jean Bruyas, alias Devoir, des FTP de la Loire, il prit position dans une excavation près du chemin de Frimas. Mais sous la menace d’obus ennemis, ils se replièrent. Marius se dirigea seul vers un bois de pins où il fut atteint à l’épaule droite par un éclat d’obus de mortier. Il voulut se faire un pansement à la lisière nord de ce bois mais il se vit bientôt encerclé par trois Tartares qui le firent prisonnier et le conduisirent au hameau de Monteil puis à Craponne.
Il se retrouva prisonnier avec un autre jeune, Jean Vauris, jeune volontaire ayant servi comme brancardier toute la journée pour transporter les FTP blessés. Vauris était justement resté près du Monument aux Morts pour attendre Chevalier. C’est pour cette raison qu’il se fit prendre tandis que leurs camarades réussissaient à se cacher dans des maisons particulières.
Tous les deux furent torturés sous les yeux de la population de Craponne qui, intervenant obtint que le docteur Bachelier puisse examiner les deux hommes pour leur prodiguer quelques soins. Le lieutenant Jacob, qui avait pris le commandement de la colonne après la blessure du lieutenant Buch, avait donné sa parole que les deux hommes ne seraient pas fusillés "si les civiles ne tiraient pas sur sa troupe". Contrairement à la promesse donnée au docteur Bachelier qui avait soigné les Allemands et les miliciens blessés, le lieutenant Schwartz, à qui Jacob avait remis les deux prisonniers, les maltraita de nouveau. Ils furent trainés dans le champ en bordure de la route à la sortie de Craponne et furent fusillés une heure plus tard. Leur corps fut retrouvé le lendemain matin .
Dans son rapport sur ce crime de guerre, le docteur Bachelier, médecin présent sur les lieux du crime et médecin du maquis, émis le vœu que les deux coupables soient après jugement exécuté sur les lieux mêmes où les deux jeunes avaient été fusillés, à la satisfaction selon lui de la population locale, très émue par ces exécutions.
Il fut reconnu "Mort pour la France", par mention faite le 15 octobre 1945.
En 2004, les cérémonies commémoratives des principaux combats qui se déroulèrent il y a soixante ans, entre Saint-Paulien et Craponne-sur-Arzon, débutèrent près de la stèle érigée à la mémoire de Milou Chevalier et Jean Vauris, en En présence de Théo Vial-Massat, commandant du camp Wodli et ancien député maire de Firminy, Lucien Volle, chef des maquisards du groupe Lafayette, président-délégué départemental de l’ANACR.
Une stèle a été érigée à l’endroit même de cet événement. Son nom figure sur stèle de Bellevue-la-Montagne et une rue porte son nom à Craponne depuis août 2014.
Il n’a pas de dossier de victime de guerre à Caen.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article217000, notice CHEVALIER Emile [pseudonyme dans la résistance : Marius], version mise en ligne le 14 juin 2019, dernière modification le 17 juin 2019.

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 127091. Dossier Émile Chevalier (non consulté) .—Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 100 : crimes de guerre à Craponne-sur-Arzon .— Fernand Boyer, Témoins de pierre du sang versé. Les monuments de la résistance en Haute-Loire, Le Puy, éditions de la Société académique, 1983 .— "
Craponne-sur-Arzon Un hommage au résistant craponnais Émile Chevalier", Le Progrès de Lyon, édition Velay, 27 août 2013 .—"En souvenir d’Emile Chevalier et de Jean Vauris", Le Progrès de Lyon, édition Haute-Loire, 23 août 2004 .— Mémorialgenweb .— état-civil Craponne-sur-Arzon.

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