PIVERT Armand, Jacques

Par Eric Panthou, Huguette Juniet

Né le 29 avril 1910 à Boussac-Bonneval (Haute-Vienne), assassiné dans la nuit du 13 au 14 novembre 1943 par un sous-officier allemand à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; ouvrier métallurgiste requis en Allemagne ; victime civile.

Armand Pivert est le fils de Jean, forgeron et de Mouhaud Marie-Amélie. Marié le 29 janvier 1941 à Dufour Ida Ghislaine, il a eu deux enfants. Il résidait avec sa famille 9 Boulevard Trudaine à Clermont-Ferrand.
Travailleur requis, il était parti en Allemagne depuis mars 1943. Il était en permission à Clermont-Ferrand quand il fut abattu par deux sous-officiers allemands à Clermont-Ferrand.
L’un des deux assassins délivra une version mensongère à des inspecteurs de police français à qui il se confia. Selon lui, le 13 novembre 1943 Pivert fut contrôlé par les deux hommes après le couvre-feu de 21 heures. Il ne put présenter de laisser passer et fit valoir qu’il était en permission à Clermont-Ferrand et travailleur en Allemagne. Sa permission étant expirée, il justifia son non retour en Allemagne par le fait qu’il était malade mais il ne put présenter un certificat médical. Invité à suivre les sous-officiers, il refusa et fut abattu sommairement.
Quand la police française fut prévenue, elle vint chez lui et découvrit son corps par terre. Il était pyjama et avait été tué de deux balles. En fait, ses papiers de travailleurs en Allemagne étaient en règle et il avait été tué chez lui et non lors d’un contrôle. Peu avant que deux coups de feu soient entendus vers minuit, les voisins avaient entendu : "Police française, ouvrez".
Après enquête, la police conclut à un crime passionnel commis par Henri Specht, avec l’aide d’un de ses camarades. Henri Specht était très jaloux de l’épouse de Pivert, qui travaillait comme couturière au Service des Troupes d’opération au 92° RI occupé par les Allemands. Ils se fréquentaient depuis plusieurs semaines. Il n’avait pas hésité peu avant à menacer avec son revolver un homme vu dans la rue aux côtés de sa maîtresse.
Cet assassinat fut néanmoins considéré comme un crime de guerre.
D’après les résultats des enquêtes et témoignages, la Cour d’appel de Riom rendit son jugement jugeant coupables les officiers Allemands Henri Specht et Karl Diell du meurtre de Pivert Armand.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article216995, notice PIVERT Armand, Jacques par Eric Panthou, Huguette Juniet, version mise en ligne le 14 juin 2019, dernière modification le 14 juin 2019.

Par Eric Panthou, Huguette Juniet

SOURCES : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 87 : crime de guerre sur Armand Pivert .— état-civil Boussac-Bonneval.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément