PITTON Marie, Virginie

Par Daniel Grason

Née le 25 avril 1904 à Epierre arrondissement de Saint-Jean de Maurienne (Savoie) ; membre du Comité Mondial des Femmes contre la guerre et le fascisme ; employée ; internée politique.

Fille de Pierre et de Julie née Lyonnaz, Marie Pitton demeura dans un pavillon 9 ter avenue Augustine à La Garenne-Colombes (Seine, Hauts-de-Seine). Elle était membre du Comité Mondial des Femmes contre la guerre et le fascisme (CMF) avant la guerre. En avril 1942, elle vécut chez sa sœur au 3, square La Bruyère à Paris (IXe arr.). Secrétaire, elle travaillait aux Établissements Nuyts Frères au 227 rue Marcelin-Berthelot à Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine), elle était payée 2000 francs par mois.
Elle a été interpellée le 8 février 1943 sur son lieu de travail par des inspecteurs de la BS1 pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Incarcérée à la prison de La Roquette, elle fut interrogée le 23 février 1943 par un juge d’instruction. Elle affirma n’avoir jamais été membre du Parti communiste, et précisa : « Depuis la guerre j’affirme que je n’ai eu aucune activité d’extrême gauche. »
Elle connaissait Pierre Kaliarik, en fait Ladislav Holdos dont elle fit la connaissance à l’été 1939 lors d’une sortie camping. Elle le rencontra fortuitement en 1942, au cours de la conversation elle lui indiqua qu’elle ne vivait plus dans son pavillon de La Garenne-Colombes, il lui demanda de pouvoir le louer. Elle accepta, il lui paya deux mois de loyer, elle n’établissait pas de contrat de location souhaitant se « réserver la possibilité de rentrer » chez elle. Marie Pitton pensait qu’il était en règle.
interpellé par des inspecteurs de la BS1, elle a été incarcérée à la prison de la Petite Roquette, elle comparut le 13 février 1943 devant le ministère public près la Section spéciale de la Cour d’appel de Paris. Elle sollicita un avocat pour la défendre de l’inculpation « de présomption de propagande communiste. » Elle ignorait que Pierre Kaliarik avait une activité politique.
Le Juge d’instruction ne l’entendit pas ainsi, il estima « vraisemblable que connaissant le nommé Kaliarik depuis plusieurs années, elle n’ignorait pas ses opinions communistes. […] Sur sa demande elle lui a permis de se cacher. […] Elle lui a ainsi permis de continuer à l’abri son travail clandestin. » Elle fut inculpée d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 interdisant l’activité communiste.
Marie Pitton a été internée à la caserne des Tourelles 141 boulevard Mortier à Paris (XXe arr.) le 26 mars 1943 en application du décret du 18 novembre 1939. Lors de la notification de la sanction le 6 avril 1943, elle refusa de signer la notification.
Elle écrivit au Préfet de police dès le 19 avril 1943 : « Je voudrais savoir pourquoi je suis ici puisque ma non-culpabilité a été prouvée. »
« Je ne me suis jamais occupé de politique quelle qu’elle soit, ainsi que mon entourage a pu en témoigner. »
« Je suis employée depuis dix ans aux Ets Nuyts à Nanterre 22 rue Marcelin-Berthelot, mes patrons ne m’ont pas encore remplacée définitivement, mais cette situation ne peut durer je le comprends bien et moi je ne sais quoi leur dire. »
Une formule de politesse clôturait la lettre.
Le 16 juillet 1943 elle était envoyée au camp d’internement de La Lande à Monts en Indre-et-Loire, puis en janvier 1944 elle fut transférée au camp de Poitiers dans la Vienne. Le 25 mars 1944 elle bénéficia d’une ordonnance de non-lieu.
Marie Pitton a été homologuée au titre de la Résistance intérieure française (RIF).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article216894, notice PITTON Marie, Virginie par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 juin 2019, dernière modification le 12 juin 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/83 dossier Pierre Kaliarik, Nicolas Stanescu et autres. – Arch. PPo. Rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 15 février 1943, 77 W 322-210213. – Bureau Résistance GR 16 P 480678. – Etat civil 3E 4647 tables décennales (naissances).

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