BOUILHAC François

Par Thomas Pouty, Stéphane Robine

Né le 1e juillet 1892 à Saint-Clément (Corrèze), exécuté sommairement le 9 août 1944 à L’hôme-Chamondot (Orne) ; Directeur d’usine ; résistant, membre de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Domicilié boulevard de Strasbourg à Alençon (Orne), François Bouilhac fut marié et père de deux fils.

Issu d’une modeste famille de cultivateurs corréziens, François Bouilhac effectua son service militaire au 78e régiment d’infanterie de Limoges lorsqu’éclata la guerre. Blessé à deux reprises, en Belgique et en Argonne, rescapé du Chemin des Dames, le caporal Bouilhac franchit un à un les échelons de la hiérarchie et accéda au grade de lieutenant avant la fin du conflit. Sa bravoure lui valut la médaille militaire et la croix de guerre, puis, en 1936, la Légion d’honneur. L’année précédente, il accéda au grade de capitaine de réserve.
Au sortir du conflit, il se fixa à Alençon, où il fit la connaissance de sa future épouse à la faveur d’une convalescence passée en 1915 dans un hôpital de la ville, et fonda une famille. Employé à la Banque de France en 1919, François Bouilhac devint ensuite comptable à la fonderie Teste où il fut rapidement remarqué par ses qualités. Une promotion interne lui permet d’accéder au poste de directeur de l’établissement dont il devint, en 1939, fondé de pouvoirs puis associé.

En 1939, Fernand Bouilhac fut maintenu dans ses fonctions à la fonderie en tant qu’affecté spécial. Au moment de la débâcle, il assura le repli de l’usine et de son personnel en Vendée où il entendit l’appel du général de Gaulle.
De retour à Alençon, il fut en butte aux autorités allemandes qui entendirent faire main-mise sur l’entreprise. En 1942, les Allemands se heurtèrent à un refus de sa part de fondre des pièces d’artillerie de marine.
François Bouilhac rejoignit les rangs de l’OCM en janvier 1943 à l’initiative de son grand ami Daniel Desmeulles. Ce dernier le nomme alors responsable du canton d’Alençon. Au sein de son entreprise, François Bouilhac empêcha le départ d’une trentaine d’ouvriers requis pour l’Allemagne, en les dissimulant munis d’une fausse identité sur une exploitation forestière à La Lande-de-Goult.
Daniel Desmeulles étant nommé chef départemental de l’OCM en novembre 1943, Maurice Fourmond lui succéda à la tête du secteur d’Alençon. Arrêté le 3 mars 1944, il fut remplacé par Fernand Chasseguet, qui tomba à son tour le 24 juin suivant.
François Bouilhac reprit alors le flambeau et assura la direction des sept groupes de combat tout en prenant part personnellement à plusieurs opérations militaires. Arrêté le 24 juillet 1944 à l’usine, alors qu’il vint se rendre compte des dégâts occasionnés par les bombardements, il fut emprisonné au château des Ducs puis fusillé le 9 août 1944 à l’Hôme-Chamondot, lieu de repli de la Gestapo d’Alençon lors de sa retraite devant l’avance alliée.

Son nom figure sur la stèle commémorative de L’hôme-Chamondot (Orne).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article216844, notice BOUILHAC François par Thomas Pouty, Stéphane Robine, version mise en ligne le 12 juin 2019, dernière modification le 12 juin 2019.

Par Thomas Pouty, Stéphane Robine

SOURCES : DVD Rom AERI, La résistance dans l’Orne.— BAMC, dossier statut d’interné résistant de François Bouilhac.— Dossier individuel du COSOR de l’Orne.— SHAT Vincennes : 1 K 634 : dossier individuel dans le fonds de liquidation OCM.— Biographies des victimes de l’occupation allemande de 1939 à 1944, L’Aigle, Le Réveil Normand, 1948.— M.Boivin & B.Garnier, Les victimes civiles de la Manche dans la Bataille de Normandie, 1994, éditions CRHQ.— Genweb (consulté le 12-06-19).—Biographie de François Bouilhac rédigée, à partir d’archives familiales, par Marjorie Baclou et Céline Guillaumin dans le cadre du concours départemental de la Résistance et de la Déportation, 1999.

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