PEYROULET Marcel-Léon

Par Dominique Tantin

Né le 26 décembre 1911 à La Roche-l’Abeille (Haute-Vienne), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; ouvrier boulanger ; victime civile.

Marcel-Léon Peyroulet était le fils de Louis, alors âgé de 30 ans, feuillardier (fabriquant de cercles en lattes de châtaigniers pour entourer les tonneaux), et de Léontine Aubert, âgée de 25 ans, sans profession. Le 14 mars 1940, à Blond, il épousa Maria Marguerite Pioffret, née dans cette commune le 27 juin 1907, fille de Jean, alors âgée de 22 ans, et de Marie Fredon, âgée de 25 ans, cultivateurs au village de Rousseix, commune de Blond. Jean Pioffret, incorporé au 338e RI, fut tué à l’ennemi le 24 septembre 1914 au fort de la Pompelle (Marne) lors de sa reconquête par les Français. De ce fait, sa fille devint Pupille de la Nation. Marcel-Léon Peyroulet et son épouse étaient domiciliés à Labetoulle, commune de Blond. Marcel-Léon Peyroulet travaillait à Oradour-sur-Glane, chez le boulanger Bouchoule.
Le 10 juin 1944, se rendant probablement à son travail, il faisait partie du groupe de cyclistes qui arriva à Oradour dans l’après-midi. Ce groupe fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich. L’un des rescapés, Armand Senon put, de sa cachette, assister au massacre de ce groupe. Il en fit pour l’enquête judiciaire le récit suivant : "… j’ai vu arriver place du champ de foire sept ou huit hommes encadrés d’Allemands. Il devait s’agir d’étrangers à la commune, de passage dans les parages, quelques-uns étaient à bicyclette. Je n’en ai reconnu aucun. Les Allemands les ont gardés un petit moment, lorsqu’un chef est arrivé, et, sans procéder à aucune vérification d’identité, il a donné des instructions aux militaires d’escorte. Ceux-ci en possession d’armes automatiques ont fait ranger les bicyclettes contre le mur de la forge Beaulieu. Ensuite ils les ont faits aligner devant le mur de l’immeuble et, à une distance de dix mètres, un Allemand a déchargé son arme sur eux. J’ai vu ce bourreau qui se tenait debout devant les otages. Il a tiré en balayant le rang. Les hommes sont tombés aussitôt. […] Il inclinait son arme vers le sol et continuait à la décharger sur les civils, la poussière s’est soulevée par terre." (Jean-Jacques Fouché, op. cit., p. 156)
Le corps de Marcel-Léon Peyroulet fut l’un des 52 qui purent être identifiés et pour lesquels un acte de décès fut dressé. Il obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.


Voir Oradour-sur-Glane

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article216838, notice PEYROULET Marcel-Léon par Dominique Tantin, version mise en ligne le 12 juin 2019, dernière modification le 12 juin 2019.

Par Dominique Tantin

SOURCES : Liste des victimes et acte de décès, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — Jean-Jacques Fouché, Oradour, Paris, Liana Levi, 2001. — Acte de naissance en ligne (Arch. dép. de la Haute-Vienne). — MémorialGenWeb.

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