SAUREL André, Jules, Eloi [pseudonyme dans la résistance : Triton]

Par Patrick Bec

Né le 23 mai 1921 à Béziers (Hérault), mort en action le 9 juillet 1944 à Narnhac (Cantal) ; militaire (aviation) ; résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

André, Jules, Eloi Saurel était le fils de Jules, Alexandre Hippolyte Saurel et de Alphonsine Victoria Alcouffe. Militaire, aviateur, il est affecté le 10 octobre 1940 au groupe de classe 2/3, 4e escadrille, puis le 8 août 1941 à la base aérienne de Toulouse-Francazal. Marié à Beaumont (Puy-de-Dôme) le 11 octobre 1941 avec Marthe, Marie, Noémie Bève, il a une fille née à Beaumont rue Saint-Guillaume. Il est affecté le 17 décembre 1941 au dépôt de stockage de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) puis devient chef-mécanicien aviation au dépôt de stockage de Clermont-Aulnat à partir du 16 juillet 1942. Après la dissolution de l’armée d’armistice en novembre 1942, il passe au maquis et intègre la 41e compagnie FFI sous le pseudonyme de Triton.
Après l’évacuation de la Margeride, les combattants du Mont-Mouchet refluèrent du 11 au 14 juin vers la Truyère, explique Eugène Martres. « Après l’attaque allemande du 20 juin, pendant une dizaine de jours (du 21 juin au 1er juillet) les plateaux de la Haute Planèze, les vallées du Ciniq, du Goul, du Brezons, de l’Epie, du Lagnon, cachèrent un effectif élevé, en fait le gros de l’armée auvergnate. On y trouvait la 1re compagnie, une section de la 2e, la 8e compagnie, les compagnies Philippe et Victoire, 2 compagnies FTP (qui regroupèrent des éléments venus de la Truyère où ils étaient dispersés dans les compagnies de l’AS), les hommes amenés de Saint-Genès, l’Etat-major, la mission Cardozo et les débris de nombreuses unités. 1000 à 1500 combattants (il est difficile d’être plus précis). L’attaque allemande fut déclenchée le samedi 8 juillet 1944 à l’aube. Il pleuvait ; de violentes averses hachèrent la journée ; dans la montagne un brouillard épais camouflait les crêtes et les sommets ; ainsi l’aviation allemande ne put intervenir qu’avec deux appareils au sud du secteur attaqué. Ce sont les unités Jesser qui constituèrent l’élément d’attaque. Ici encore 3 colonnes investirent la région. »
Le dimanche 9 juillet 1944 les patrouilles reprirent, mais avec des effectifs réduits ; autour de Narnhac, Vigouroux, Brezons, le 1er bataillon resta seul en ligne. « Des maquisards, repérés à Lagarde de Paulhenc, furent arrosés au mortier à partir de la nationale 590 (2 blessés). Près de Narnhac un groupe de 8 maquisards de la compagnie "Victoire" attaqua courageusement quelques voitures ennemies : 2 ou 3 maquisards furent tués (Gérard, Léon, Marie, Michel Bémer et André Saurel des suites de ses blessures). Dans l’après-midi une patrouille allemande s’avança jusqu’à Thérondels (Aveyron), surprenant des maquisards et des civils : 4 personnes furent tuées (et peut-être 1 prisonnier). Pendant ce temps à Narnhac la population masculine avait été rassemblée, interrogée et, à 19 heures, le maire (Antoine Aldebert) et un autre habitant (Bertrand Vidalenc) étaient fusillés devant leurs compatriotes : ils avaient proclamé l’ordre de mobilisation un mois plus tôt et apporté aux maquisards une aide patente. »
C’est ce jour-là que fut tué André Saurel. Il avait 23 ans.
Il a été déclaré Mort pour la France, homologué FFI.
Son nom est gravé sur le monument aux Morts et sur une plaque commémorative de Beaumont ainsi que sur le monument du Maquis et de la Résistance à Ardes-sur-Couze (Puy-de-Dôme).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article216800, notice SAUREL André, Jules, Eloi [pseudonyme dans la résistance : Triton] par Patrick Bec, version mise en ligne le 12 juin 2019, dernière modification le 13 juin 2019.

Par Patrick Bec

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de André Jules Eloi Saurel : GR 16 P 537062 (non consulté) .— AVCC, dossier André Saurel : AC 21 P 153027 (non consulté) .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007 . — "Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944)", Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 .— État civil (AD 15) .— blogspot Brezons La vallée aux 1000 sources .— MémorialGenWeb

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