ALDEBERT Antoine

Par Patrick Bec

Né le 10 octobre 1885 à Narnhac (Cantal), exécuté sommairement le 9 juillet 1944 à Narnhac (Cantal) ; cultivateur ; maire ; résistant homologué DIR.

Antoine Aldebert était le fils de Louis Aldebert, cultivateur né à Pailherols (Cantal) et de Marie Coudy, cultivatrice née à Espert, commune de St-Martin-sous-Vigouroux (Cantal). Il avait trois sœurs et six frères dont l’un Antoine, avait été tué au Bois Saint-Mard à Tracy-le-Mont (Oise) le 28 mars 1915. Après son service militaire au régiment d’infanterie d’Aurillac, il s’est marié à Paris (9ème) le 10 octobre 1913 avec Marie-Amélie Péronnet, originaire de Narnhac également. Il était établi Rue de Provence lorsque la Première Guerre Mondiale débuta. Mobilisé, il fut blessé une première fois le 27 novembre 1916, accidentellement par un camarade pendant l’exercice, puis une seconde fois le 9 mars 1917. « Bon soldat ayant toujours eu une belle conduite au feu » peut-on lire dans son dossier militaire. Démobilisé, il retourne à Paris comme marchand de vin et débitant de tabac sur le Boulevard Diderot dans le douzième arrondissement. Après 1923 le couple se retire à Narnhac et exploite la ferme familiale de La Serre. Maire de Narnhac, il s’engage pour la Résistance en fournissant de faux papiers aux réfractaires du STO. Les précieuses pièces d’identité sont cachées par l’institutrice de Nouvialle, Fernande Souquière, dans la salle de classe de l’école.
Après l’évacuation du Réduit de la Truyère, les compagnies de Résistants se dispersent puis tentent de se réorganiser pour l’action de harcèlement contre les troupes allemandes, explique Jean Favier. Le Maquis Philippe (une douzaine d’hommes) est chargé du terrain de parachutage de Peyre-Brommat. Après l’accrochage du 3 juillet à Pailherols au cours duquel une section de reconnaissance se fait attaquer par des miliciens qui tuent deux hommes et en blessent un autre, le Maquis Philippe tient les Quatre-Routes de Narnhac. Le 8 juillet trois colonnes ennemies regroupant 1600 Allemands et miliciens convergent vers la vallée de Brezons. Après l’occupation du Bousquet, c’est à Lustrande où des éléments de la 43ème compagnie de FFI sont retranchés que sont tués cinq maquisards et deux civils. Les fermes sont incendiées. Les Allemands fouillent le terrain, recherchent les isolés puis déclenchent vers 13 heures une reconnaissance en force sur Narnhac tandis qu’une seconde reconnaissance aérienne survole la région.
Une nouvelle patrouille essayant de s’infiltrer vers Lagarrigue de Malbo est interceptée par la 42ème qui en milieu d’après-midi se trouve à nouveau soumise à la pression de l’ennemi débouchant de Pont-La-Vieille. Alors qu’elle vient de stopper et s’apprête à contre-attaquer, elle voit surgir de Vigouroux plusieurs véhicules adverses et doit se replier sur Narnhac puis plus tard, vers Paulhenc pour éviter l’encerclement. Quatre maquisards sont surpris par la colonne allemande aux Quatre-Routes, deux sont abattus, Marie-Michel Bémer et André Saurel. Les efforts de l’ennemi convergent vers Narnhac évacué par la population et par les maquisards.
Le lendemain 9 juillet, dès l’aube, les Allemands reprennent la fouille du terrain, procèdent à la récupération du butin sans omettre de piller et d’incendier fermes et hameaux suspectés d’avoir hébergé des maquisards et aussi de fusiller plusieurs civils. C’est ainsi qu’Antoine Aldebert, 69 ans, maire de la commune, et Bertrand Vidalenc, 43 ans, père de trois enfants, considérés comme pourvoyeurs des maquis sont arrêtés à Narnhac. Après avoir longuement été interrogés à la mairie, ils sont exécutés en fin de soirée « pour avoir porté les armes contre l’Allemagne », selon l’officier allemand qui, publiquement, avait donné lecture de la sentence. Après l’exécution Madame Aldebert reçut l’ordre d’évacuer sa maison, ainsi que son père, très âgé et aveugle, pour laisser la place aux exécuteurs de son époux.
La mention "Mort pour la France" est portée sur l’acte de décès de Antoine Aldebert.
Le nom d’Antoine Aldebert est inscrit sur le monument des fusillés à l’entrée de Narnhac et sur la stèle de La Cartalade érigée sur le lieu du massacre. Il figure également sur le Monument aux Morts de la Résistance à Saint-Flour (Cantal).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article216748, notice ALDEBERT Antoine par Patrick Bec, version mise en ligne le 11 juin 2019, dernière modification le 13 juin 2019.

Par Patrick Bec

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de Antoine Aldebert : GR 16 P 6750 (non consulté) .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007 . — "Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944)", Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 .— État civil, registres matricules (AD 15) .— MémorialGenWeb

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