BOURDIN Martial

Par Rolf Dupuy, Marianne Enckell

Né en 1868 en Touraine, mort le 15 février 1894. Tailleur pour dames

Martial Bourdin était comme son frère aîné Henri membre au milieu des années 1880 du groupe de tailleurs anarchistes L’Aiguille. Puis il émigra semble-t-il aux Etats Unis où en 1891 il travailla comme tailleur à Detroit avant de revenir en France. Il rejoignit son frère à Londres vers la fin de 1893 ; tous deux fréquentaient le groupe français du Club Autonomie où, selon la police, Martial avait été surnommé Petit bourgeois.

Martial Bourdin s’est tué le 15 février 1894 près de l’observatoire de Greenwich en manipulant une bombe qu’il aurait eu l’intention d’enfouir dans le parc. Selon la presse, Bourdin, craignant la surveillance exercée à Londres par la police, avait décidé de se débarrasser de matières explosives. En gravissant la forte pente qui menait à l’observatoire, il trébucha sur des racines d’arbres, ce qui déclencha l’explosion de l’engin qu’il portait dans sa poche gauche. Grièvement blessé et mutilé, il fut conduit dans un hôpital où il décéda peu après son arrivée.

Dans ses poches la police retrouva une carte d’adhérent au Club Autonomie (datée de février 1894), divers écrits anarchistes dont des formules chimiques et une invitation pour un bal donné au profit des œuvres révolutionnaires.

Le 20 février, Henri Bourdin tenta en vain – pour cause d’enquête – de récupérer le corps de son frère. Martial Bourdin a été inhumé au cimetière de Finchley Road le 23 février, en présence d’une centaine de compagnons dont Louise Michel qui prononça un discours. Des affrontements eurent lieu lors des funérailles.

Cet épisode a inspiré la nouvelle de Joseph Conrad, The Secret Agent.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article215641, notice BOURDIN Martial par Rolf Dupuy, Marianne Enckell, version mise en ligne le 21 mai 2019, dernière modification le 21 mai 2019.

Par Rolf Dupuy, Marianne Enckell

SOURCES : APpo BA 1509 — La Révolte, 4-10 mars 1894 (le prénomme Marcel). — Le Petit Parisien, 4 mars 1894, et autres quotidiens. — Constance Bantman, Anarchismes et anarchistes…, op. cit.

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