LE TRESSOLER Sylvain [Dictionnaire des anarchistes]

Par Gwenolé Kerdivel

Né 19 décembre 1973 à Brest (Finistère) et mort le 19 février 2019 à Visseiche (Ille-et-Vilaine) ; agent d’entretien ; agent hospitalier ; animateur ; peintre en bâtiment ; militant de la Fédération anarchiste ; libre penseur.

Fils de Michel Le Tressoler, principal de collège, né le 29 juillet 1945 à Saint-Éloi-Louargat (Côtes d’Armor) et de Juliane Ollivier, professeure d’anglais née en 22 août 1945 à Taulé (Finistère) et décédée le 25 août 2002 à Brest (Finistère), elle-même fille de Ollivier Jules et de David Anne. Sylvain baigna très tôt dans un environnement politisé, sa mère et son grand-père maternels sont en effet tous deux membres de l’amitié franco-russe de Brest et sont des partisans convaincus de l’URSS.
Toutefois, c’est par lui-même qu’il se rapprocha des milieux libertaires brestois dès sa première au lycée Amiral Ronarc’h à Brest. Il fut alors sympathisant de la CLEA (Coordination des Lycéens et Étudiants Libertaires) et participa aux manifestations antifascistes, contre la première guerre du Golfe et plus généralement aux mouvements lycéens et étudiants. Il fréquenta la Susanne Sparrow School à Plymouth (Angleterre) du 12 au 28 août 1990, qui lui laissera, en plus de la passion de sa mère pour l’anglais, un fort intérêt pour l’Angleterre. Après l’obtention de son baccalauréat A1 (Lettres Maths) en 1992, il obtint un DEUG en 1994 puis en 1995 une licence de Philosophie à l’Université de Bretagne Occidentale à Brest. Au cours de ces années étudiantes, il aimait discuter avec les militants du groupe les Temps Nouveaux de la Fédération anarchiste.
Avec son bon niveau de ski, l’armée lui propose en 1995 d’effectuer son service militaire chez les chasseurs-alpins, mais finalement il fut exempté. En effet, Sylvain Le Tressoler souffrait de troubles schizo-affectifs à tendances maniaco-dépressifs, qui ont eu une grande influence sur sa vie.
La même année, il s’installa une première fois à Rennes pour tenter de passer le CAPES de Philosophie au sein de l’IUFM. En parallèle, il prépara une maîtrise de Philosophie et un mémoire sur Darwin. Il rata le CAPES par deux fois, notamment parce qu’il fut victime d’un grave accident de moto le 5 décembre, qui lui fit perdre la vue de l’œil gauche et qui nécessita une longue convalescence au centre de rééducation fonctionnel de Beaulieu à Rennes. Cet accident lui compliqua l’accès à l’emploi. Reconnu handicapé, il reçut à ce titre une allocation.
Il se réinstalla à Brest en 1997. Tourmenté depuis toujours mais plus encore après son accident, il se défenestra le 27 août 1998 dans les locaux de l’EPAL de Brest où il travaillait. Suite à quoi, il déclara : « avoir vécu une expérience proche de la mort…. ».
Sylvain multiplia les emplois au centre hospitalier de Plouguernevel en psychiatrie (Côtes d’Armor) et pour l’association EPAL de Brest (Finistère) où il organisait des séjours adaptés pour les personnes handicapées. Il fut par la suite agent hospitalier, animateur au centre de postcure éthylique de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).
Sylvain Le Tressoler revint à Rennes de 2000 à 2006, séjour ponctué d’allers-retours réguliers vers Brest, où il s’occupait de sa mère malade d’un cancer de 2001 à 2002. Il rejoignit alors le groupe rennais « La Commune » puis « La Sociale » de la Fédération anarchiste où il fréquenta plusieurs de ses militants, dont Youna Charpentier.
Entre 2003 et 2006, il séjourna au domaine de Prières à Billiers (Morbihan) et fréquenta pendant plusieurs mois le groupe « Lochu » de Vannes et notamment Stéphane Guyomarc’h. Durant ce séjour, il s’intéressa surtout aux questions de décroissance en particulier à une possible décroissance libertaire.
Il a participé aux mobilisations contre le nucléaire mais aussi contre la statue de Jean-Paul II érigée à Ploërmel (Morbihan). Il garda toutefois un pied à terre sur Rennes. Il commença alors à fréquenter régulièrement La Ferme-école d’ASPAARI à Concoret (Morbihan).
En 2013, il retourne vivre à Brest et y retrouve Sylvain Kerjean avec lequel il tenta de relancer un groupe de la FA en tenant des tables de presse et en rédigeant quelques tracts. Il essaya alors d’infiltrer le Front National local, mais sa tentative avorte prématurément. À la demande d’un proche, fidèle à son sens de l’amitié (en toutes circonstances) et pour permettre à Lutte Ouvrière de compléter sa liste, il se présenta aux élections municipales brestoises en 2014.
En 2015, il rejoint à nouveau le groupe « La Sociale » de Rennes, où il milita jusqu’à sa mort, en tenant des permanences au local 17 rue de Chateaudun, en vendant le Monde Libertaire tout en participant aux autres activités du groupe. Il fut nommé au Comité de rédaction du ML au congrès de Challette-sur-Loing (Loiret) en 2018 au sein duquel il participa à la redynamisation du journal devenu mensuel. Sylvain Le Tressoler a mis fin à ses jours le 19 février 2019. Il a été incinéré à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) et ses cendres ont été déposées au jardin du souvenir à Plouguernevel (Côtes d’Armor).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article215547, notice LE TRESSOLER Sylvain [Dictionnaire des anarchistes] par Gwenolé Kerdivel, version mise en ligne le 17 mai 2019, dernière modification le 24 mai 2019.

Par Gwenolé Kerdivel

SOURCES : Témoignages directs et souvenirs personnels mai 2019.

Version imprimable Signaler un complément