DAUMAS René, Jules

Par Olivier Dedieu, Jacques Girault, Jean Sagnes

Né 13 juillet 1901 à Marsillargues (Hérault), mort le 1er juillet 1995 à Marsillargues ; instituteur, puis directeur de collège d’enseignement général ; syndicaliste ; militant socialiste de l’Hérault.

René Daumas était le fils de Marius, cultivateur devenu courtier en vins, d’origine catholique, et d’une mère protestante. Il fut seulement baptisé. Si son père ne s’est pas engagé politiquement, son grand-père et son oncle furent, eux, très tôt militants socialistes. Son oncle a ainsi été maire de la commune dans les années 1920, démissionnant suite au scandale provoqué par l’un des membres de sa famille. René Daumas suivit les cours de l’École primaire supérieure de Montpellier et entra à l’École normale d’instituteurs en 1918 dont il sortit major. Faute de moyens, il ne fera pas de quatrième année pour tenter l’ENS. Instituteur à Lunel (1922-1924) puis à Marsillargues (1924-1932), il enseigna à partir de cette date au Cours complémentaire de la commune. Marié civilement, il avait une fille qui ne reçut pas de sacrements religieux.

Adhérent du Syndicat national dès 1922, conseiller syndical, René Daumas fut le trésorier de la section départementale de 1930 à la guerre. Il avait été réélu en janvier 1938 par 444 voix sur 485 votants. Il fut délégué aux congrès nationaux de 1931, 1934 et 1938. Gréviste le 30 novembre 1938, il approuvait les orientations pacifistes du syndicat, mais désapprouva l’évolution de certains syndicalistes proches de René Belin*. Membre du Parti socialiste SFIO depuis 1927, trésorier de la section de Marsillargues en 1930 puis secrétaire à partir de 1935, il fut souvent délégué dans les congrès du Parti. Il donnait alors son accord aux analyses de La Bataille socialiste. En 1937, il fut candidat, à la demande de la fédération, sur le canton de Mauguio. En 1939, il présenta une motion « lutte des classes » lors du congrès fédéral. Mobilisé seulement en mars 1940, il fut en relations avec les mouvements de Résistance. Sommé par l’inspecteur primaire de demander une mutation, il refusa et resta en poste à Marsillargues durant toute la période de Vichy.

Propagandiste de la fédération, membre de la commission administrative fédérale, membre du bureau fédéral, René Daumas fut un militant de premier plan de la SFIO dans l’arrondissement de Montpellier et le département dès la Libération. En 1954, il s’opposa à la CED, mais aussi à la liberté de vote des parlementaires. Il était alors membre du bureau du mouvement démocratique et socialiste des États-unis d’Europe. En 1955, il fut candidat à l’investiture pour les élections sénatoriales, mais fut battu par Raoul Bayou*. Athée, anticlérical, surnommé le « petit maître » par ses adversaires communistes, il fut, à Marsillargues, un adversaire résolu de ces derniers et refusa, tout au long de sa carrière politique, toute liste commune avec le PCF. Intransigeant, il ne souhaita pas figurer dans les listes menées par les socialistes Léopold Diot* puis Roger Contrepas*. Il fut membre, en revanche, de la commission exécutive fédérale jusqu’en 1970.

En 1954, Daumas devint directeur du CEG de Marsillargues où il enseignait et le demeura jusqu’à sa retraite en 1957. Militant du SNI, il participa à la liste menée par les socialistes contre la majorité départementale de l’école émancipée en 1965.

Daumas fut enterré civilement, le 3 juillet 1995, en présence d’une foule nombreuse et Georges Frêche résuma ainsi sa personnalité, « instituteur, athée, socialiste ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article21547, notice DAUMAS René, Jules par Olivier Dedieu, Jacques Girault, Jean Sagnes, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 27 mars 2017.

Par Olivier Dedieu, Jacques Girault, Jean Sagnes

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 111 W 18, 356 W 173-1, 356 W 142, 338 W 59. — Presse syndicale (Populaire du Bas-Languedoc, Combat socialiste). — Renseignements fournis par l’intéressé et par sa famille.

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