MICHEL Jean, Marcel, Albert, Georges

Par Frédérique Telmar-Hoy, Roger Gauvrit

Né le 20 octobre 1916 à Cherbourg, mort en déportation le 18 février 1945 à Neuengamme (Allemagne)  ; instituteur  ; résistant.

Fils de Georges, Alexandre Michel, mort durant la Première guerre mondiale, et de Marie-Louise née Dumesnil, Jean Michel fut diplômé de l’École normale de Saint-Lô (Manche) en 1937 et devint instituteur à l’école des Rouges-Terres de la Glacerie (aujourd’hui Cherbourg-en-Cotentin, Manche). Après sa démobilisation, vers septembre 1940, il contribua, avec Roger Anne, Jean Houyvet, et René Lejeune, à la réorganisation des Jeunesses communistes clandestines dans l’agglomération cherbourgeoise, puis à la constitution du « Front Patriotique de la Jeunesse ». Il s’occupait des nouvelles recrues, recevait et répartissait les publications illicites, organisait des réunions clandestines.

En juillet 1941, il adhéra au mouvement de résistance Front national, puis fait partie de l’Organisation spéciale (OS), qui préfigurait les FTPF (Francs-tireurs et partisans français). Il était en liaison avec des instituteurs résistants du département (Martin de Gatteville, Pinson de Brécey, Monnerie de Romagny, Blouet de Saint-Hilaire-du-Harcouët, Pierre Jurczyszyn), et se lia d’amitié avec le jeune Gustave Jurczyszyn qui réalisait des actions de sabotage contre l’ennemi et chez qui il se rendait très souvent.

Du matériel radio et des armes ayant été retrouvés dans la cave de l’ancienne maison de sa mère à Cherbourg, Jean Michel fut immédiatement muté à Saint-Aubin-de-Courteraie (Orne). Mais à la suite de l’arrestation de Gustave Jurczyszyn, la cellule du Front national fut démantelée, entraînant une vague d’arrestations des membres du groupe, constitué principalement d’ouvriers et de cheminots de la région de Cherbourg et de Coutances (Manche) ainsi que de nombreuses exécutions. Jean Michel fut également arrêté, vraisemblablement à la suite d’une dénonciation.
Un rapport de la gendarmerie de Saint-Aubin-de-Courteraie (Orne) atteste que les militaires français de la brigade de Bazoches-sur-Hoëne (Orne) vinrent l’arrêter sur l’ordre de la préfecture de l’Orne, le 24 septembre 1942, à son domicile où il vivait avec son épouse Suzanne Lefebvre-Michel et leur fils Yves, âgé de quatre mois.
Jean Michel fut interné dans le camp de Voves (Eure-et-Loir) où il passa dix-huit mois. Il faisait partie des 407 derniers internés, à la date du 9 mai 1944, lorsque les Allemands décidèrent de liquider le camp. Jean Michel séjourna une dizaine de jours à Compiègne Royallieu (matricule 35258) avec des prisonniers venus de divers camps et prisons, puis partit dans le convoi du 21 mai 1944 en direction Neuengamme où il fut enregistré sous le matricule 32122.

À Neuengamme, dans un premier temps, il fut intégré au kommando de Drütte-Salzgitter, installé près de Salzgitter au sud de Brunswick. Il y travailla pour les usines H. Göring à la production d’obus et de bombes. Par la suite, il fit partie du kommando extérieur de Watenstedt qui travaillait pour les aciéries Stahlwerke Braunschweig à la fabrication de munitions.

Il mourut le 18 février 1945 des suites de mauvais traitements, de la faim et du froid, et fut inhumé au cimetière de Jammertal, non loin du camp.

Une plaque commémorative fut inaugurée en 2014 à l’école de la Glacerie par le maire de La Glacerie, Jean-Marie Lincheneau, accompagné d’Yves Sassignol, président de l’Association des déportés, internés et familles de disparus de la Manche. Une rue porte son nom à la Glacerie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article214718, notice MICHEL Jean, Marcel, Albert, Georges par Frédérique Telmar-Hoy, Roger Gauvrit, version mise en ligne le 17 avril 2019, dernière modification le 17 avril 2019.

Par Frédérique Telmar-Hoy, Roger Gauvrit

SOURCES : Arch. André Defrance. — Arch. DAVCC, 21 P 482 028. — Flossenbürg Memorial Archives. — Dominique François, L’affaire Jurczyszyn… le démantèlement d’un réseau dans la Manche, Eurocibles, 2009. — AERI, « La Résistance dans la Manche », Cédérom, 2006. — Informations complémentaires transmises par l’Amicale de Neuengamme (Yvonne Cossu, Jean-Marie Clère) ; AFMD du Val de Marne (Jacqueline et Jean-Pierre Brossard) ; AFMD Paris (Annick André et Catherine Breton) ; FMD à Caen (Arnaud Boulligny auteur d’un dictionnaire en cours sur la Résistance en Normandie). — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément