LEBOURGEOIS Serge, Sadi, Gontran

Par Daniel Grason

Né le 18 octobre 1898 à Bolbec (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 3 mars 1945 à Buchenwald (Allemagne) ; charpentier en fer ; membre du Parti socialiste ; résistant des Forces Françaises Combattantes.

Fils de Suzanne Julie et de père inconnu, Serge Lebourgeois épousa le 29 janvier 1921 Marcelle Georgette Cattier, en mairie de Frépillon arrondissement de Pontoise arrondissement de Pontoise, canton de Taverny (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Le couple eut une fille prénommée Colette, la famille vivait 127 rue de Paris à Bessancourt (Seine-et-Oise, Val-d’Oise).
Serge Lebourgeois adhéra au Parti socialiste en 1923, il fut secrétaire adjoint de la section de la ville où il vivait. Il ne se considérait pas comme un sympathisant du parti communiste. Dès la déclaration de la guerre il cessa toute activité politique.
En novembre ou décembre 1943, il entra en contact avec une organisation de la résistance par l’intermédiaire d’un prénommé Arthur. Il fut chargé par lui de chercher des terrains pour des parachutages. Sa fille Colette lui présenta Richard qu’elle aurait rencontré dans un train. Il vint trois ou quatre fois au domicile de la famille Lebourgeois. Richard finit par indiquer qu’il était dans un groupe de Francs-Tireurs. Sur l’insistance de Serge Lebourgeois il affirma qu’il n’avait participé qu’à quelques actions et qu’à la suite de plusieurs chutes, le groupe était désorganisé.
Le 4 mars 1944, Charles Serano et deux autres FTP braquaient le couple P… qui vivait 5, square Trudaine à Paris (IXe arr.), seule la femme était là. Le chef de famille P… avait été présenté aux FTP comme membre du PPF de Jacques Doriot. Le produit du vol avait été très important : 88 000 francs en billets, 1650 francs en pièces d’argent, une pièce en or, deux montres (une en or, une en argent), trois bagues en or pour enfant, etc.
Fin mars début avril 1944 paraissant affolé il affirma à Serge Lebourgeois que ses copains voulaient le descendre parce qu’il refusait d’adhérer aux « Jeunesses Communistes ». Il demanda à Lebourgeois s’il avait une possibilité de le « planquer ». Serge Lebourgeois contacta des résistants de la Meuse, la réponse fut positive. Tous les deux prirent le train pour Viéville-sous-les-Côtes. Richard a été présenté comme étant un « réfractaire » à la famille Henri. Incidemment Serge Lebourgeois apprenait par Gérard que Richard en fait Charles Serano avait quitté les FTP en emportant 70 000 francs.
Charles Serano passa rendre visite au couple Lebourgeois le vendredi 10 mars vers 18 heures, leur confia les bijoux qui étaient dans un coffret, déclara qu’ils lui appartenaient. Serge Lebourgeois ne lui posa pas de questions. Il lui parla de l’Armée Secrète (AS) et de quelques résistants de cette obédience qui étaient dans la région de Viéville-sous-les-Côtes dans la Meuse. Charles Serano ne se sentait plus très à l’aise au sein des FTP, il accepta.
Quand Serano quitta le couple Lebourgeois, Marcelle sa femme reprocha à son mari d’avoir accepté de garder les bijoux et l’argent, elle craignait des ennuis. Serge Lebourgeois enterra le coffret dans sa cave. Il apprit peu de temps après par Robert Vimont et Roger Imbert qu’il s’agissait du produit d’un vol et que Serano était parti avec 70 000 francs. Serge Lebourgeois comptait s’expliquer avec lui.
Le 7 avril 1944 des policiers des Brigades spéciales rendaient visite au couple Lebourgeois et à leur fille. Ils furent interrogés sur place. Le coffret fut déterré, l’inventaire dressé. Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, de nouveau interrogé, Serge Lebourgeois déclara avoir été chargé de reconnaître des terrains en vue de parachutage en province. Il était en relation avec Robert Vimont et Roger Imbert qui étaient membres des FTP.
Le 15 août 1944 Serge Lebourgeois était dans le convoi de 1654 hommes à destination de Buchenwald. Le transport arriva le 20 août, envoyé au Kommando de travail de Bochum les détenus travaillaient dans les fonderies et dans les mines de fer de la ville. Matricule 77444 il y mourut le 3 mars 1945 à l’âge de 47 ans.
Serge Lebourgeois a été homologué au titre des Forces françaises combattantes (FFC) d’obédience gaulliste et Déporté interné résistant (DIR). Son nom a été gravé sur le Monument aux martyrs de la résistance et de la déportation 1940-1945 à Bessancourt (Val-d’Oise).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article214674, notice LEBOURGEOIS Serge, Sadi, Gontran par Daniel Grason, version mise en ligne le 16 avril 2019, dernière modification le 19 avril 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BS2 carton 39, GB 124. – Bureau Résistance GR 16 P 347487. – Livre-Mémorial FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Site internet GenWeb. – État civil de Seine-Maritime numérisé 4 E 12946.

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