COUSIN Jack, Bernard, Charles [Pseudonyme : Villeneuve]

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 7 février 1925 à Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; apprenti boucher, ajusteur ; résistant FTP.

Jack Cousin
Jack Cousin
Arch. PPo. GB 175

Fils de Julien et de Michelle, Jack Cousin vivait chez ses parents 15 rue Gosset à Épinay-sur-Seine (Seine, Seine-Saint-Denis). Il travailla comme garçon boucher, mais fut remercié par le patron. Sans formation il suivit un apprentissage d’ajusteur dans un établissement au 5, cité Griset à Paris (XIe arr.). En novembre 1943 il a été requis par les Autorités allemandes.
Agé de dix-neuf ans, sans affiliation politique, ne voulant pas aller travailler en Allemagne, par l’intermédiaire d’une voisine, il fut présenté à « Nicole », puis à « Gabrielle », à « Guy » et enfin à « Jojo », chef d’un détachement FTP. Ce dernier lui fit connaître « Jeannot », « Bébert », « Marc », « Jacques » et « René ». Quant à Jacques Cousin, il devint « Villeneuve » matricule 3902.
Jack Cousin n’ignorait pas qu’il devenait FTP et que l’organisation était d’obédience communiste. Il était appointé 2500 francs par mois, plus des frais de transport et des cartes d’alimentation.
Il participa à une première action à Valmondois, une nuit la première quinzaine de février 1944. Objectif tuer un collaborateur, Jacques Cousin armé d’un pistolet à barillet était en protection. Opération infructueuse, elle a été renouvelée la troisième semaine de février sans succès.
En compagnie de « René » et de « Jacques » il effectua une mission de reconnaissance à la Mairie de Varennes-Jarcy (Seine-et-Oise-Essonne). Un rapport a été rédigé par « Jacques ».
Certains membres du détachement menaient des opérations sans être mandatés par Robert Vimont. Le « coup de pognon » pour son propre compte était tentant. Jack Cousin eut connaissance que trois FTP venaient de braquer un membre du PPF qui habitait le quartier Pigalle. Montant du vol, 95000 ou 75000 francs et cinq revolvers. L’un des trois hommes s’éclipsa avec l’argent.
Jacques Cousin participa au vol de cinq clefs à éclisses dans l’enceinte de l’usine Durand à Épinay-sur-Seine. Les outils devaient servir au sabotage d’une voie ferrée. Le mercredi 15 février « Jojo » donna rendez-vous à Couchouron et à Jacques Cousin au métro porte de la Villette, ils allèrent à Pantin. L’opération tourna mal « Jojo » tira sur une femme et un gardien. Les trois hommes s’enfuirent vers le métro porte de la Villette, descendaient les marches en courant Jacques Cousin et Jean Couchouron rentrèrent dans une rame du métro, plongèrent sous les banquettes. Quant à « Jojo » il était sorti le premier de la rame, son arme était dans la poche de son pardessus, il tira sur les policiers et s’enfuyait blessant un gardien de la paix. Cousin et Couchouron s’étaient allongés sous une banquette, sommés de se lever ils obtempérèrent, un policier tira sur Jean Couchouron le blessant.
Interrogé Jack Cousin fit part de son court parcours dans le groupe FTP. Il reconnut que le pistolet Eibar à barillet lui appartenait, il lui avait été remis par « Jojo », il précisa : « Je ne m’en suis jamais servi ». Sur un carnet l’adresse de la sœur de Serrano et d’un bal qu’elle fréquentait dans le Ve arrondissement. Il était prévu de la suivre pour mettre la main sur son frère et récupérer l’argent.
Jack Cousin fut incarcéré, il était le 15 août 1944 dans le convoi qui partit de la gare de Pantin avec dix-neuf autres résistants du groupe. Cinq cents quarante-six femmes étaient déportées à Ravensbrück et 1654 hommes à Buchenwald, les femmes arrivèrent à destination le 21 août et les hommes le 20 août.
Cinq jours furent nécessaires pour aller à Buchenwald, Jack Cousin a été envoyé au camp de Dora, il ne survécut pas aux épreuves de la déportation. Matricule 77779 mourut à Ellrich le 3 novembre 1944 à l’âge de dix-neuf ans. Seize femmes et hommes sur trente-cinq impliqués dans la même affaire moururent en déportation.
Jack Couchouron a été homologué Déporté interné résistant (DIR), membre des Forces françaises combattantes (FFC), et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article214204, notice COUSIN Jack, Bernard, Charles [Pseudonyme : Villeneuve] par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 4 avril 2019, dernière modification le 13 mai 2019.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Jack Cousin
Jack Cousin
Arch. PPo. GB 175

SOURCES : Arch. PPo.BS2 carton 39. – Bureau Résistance GR 16 P 148320. – Livre-Mémorial, FMD Éd. Tirésias, 2004.

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