MOREAU Anselme, Clément

Par Michel Thébault

Né le 15 novembre 1920 à Chouppes (Vienne), mort en action le 30 août 1944 à Guesnes (Vienne) ; ouvrier agricole ; résistant, maquis de Scévolles (Vienne).

Anselme Moreau était le fils de Léopold, Omer, Clément Moreau (né le 16 juin 1895 à Amailloux, Deux-Sèvres), cultivateur et d’Emma, Angèle Rabeau. Son père, installé avec ses parents dès avant la première guerre mondiale à Saint-Jean-de-Sauves (Vienne) fut mobilisé en décembre 1914 au 68ème Régiment d’Infanterie. Plusieurs fois blessé, il semble qu’il épousa lors d’une permission de convalescence, le 8 juillet 1918, Emma, Angèle Rabeau originaire de Saint-Jean-de-Sauves où elle était née en 1899. Léopold Moreau fut démobilisé le 16 septembre 1919 et son fils aîné Anselme naquit un an plus tard. Un second fils Gilbert naquit en 1926. Au recensement de 1921, la famille vivait à Chouppes, au lieu-dit Pouzioux où Léopold Moreau était cultivateur. Il en était encore de même au recensement de 1936. Conscrit de la classe 40, Anselme Moreau ne fut pas appelé pour l’armée, du fait de la défaite rapide de l’armée française. La coupure du département de la Vienne en deux par la ligne de démarcation et la situation de Chouppes en zone occupée, le tint hors du champ d’action des Chantiers de jeunesse créés fin juillet 1940 pour encadrer sur le champ les jeunes de la classe 40 mobilisés ou mobilisables. En 1944, Anselme Moreau, célibataire résidait toujours à Chouppes où il exerçait la profession d’ouvrier agricole. Il s’engagea dans la Résistance rejoignant vraisemblablement un groupe FTPF, le groupe « Richelieu » groupe créé début mai 1944 à St-Jean-de-Sauves, et qui s’incorpora au maquis de Scévolles, constitué en forêt de Scévolles autour du 11 août 1944. Après le 20 août 1944 (le 19 août un ordre de repli général avait été donné aux unités allemandes stationnées dans le sud-ouest), tout le département de la Vienne fut concerné par le passage de troupes allemandes en retraite. Le 30 août 1944, une forte unité allemande, de plusieurs centaines d’hommes, composée d’éléments cyclistes puis d’éléments motorisés, traversa la forêt de Scévolles entre Angliers et Guesnes. Accrochée par les maquisards, elle eut des pertes importantes mais le maquis eut de son côté trois morts dont Anselme Moreau tué dans l’un des accrochages, une embuscade au lieu-dit Le Gandier (deux maisons dans la forêt) sur la commune de Guesnes.
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur les monuments aux morts de Chouppes et de Saint-Jean-de-Sauves. Son nom est également inscrit sur la stèle du maquis de Scévolles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article213921, notice MOREAU Anselme, Clément par Michel Thébault, version mise en ligne le 27 mars 2019, dernière modification le 27 mars 2019.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD Caen AVCC Cote AC 21 P 97559 — Arch. Dép. Vienne (état civil, registre matricule, recensements 1921 et 1936) — Renseignements Jacques Albert — Site VRID (Vienne, Résistance, Internement, Déportation), article Jacques Albert et Jacques Pirondeau, Le maquis de Scévolles, 2015 — Site Souvenir Français du Loudunais — Chemins de mémoire du Loudunais — Mémoire des Hommes — Mémorial GenWeb.

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