DANICZ Antoine (ou DANICH, DANISCH)

Par Pierre Schill

Né le 22 avril 1905 à Dziekowice (arrondissement, région de Kattowicce, Pologne), mort le 3 avril 1976 à Forbach (Moselle) ; mineur aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) ; résistant du Groupe « Mario » en Moselle annexée.

Antoine Danicz, 2e rang, second en partant de la gauche
Antoine Danicz, 2e rang, second en partant de la gauche
Avec les mineurs de charbon d’origine polonaise à la colonie CGT de La Petite-Pierre (Bas-Rhin), à la fin des années 1940.
Collection Pierre Schill

Antoine Danicz, comme nombre de ses compatriotes polonais, arriva dans le bassin houiller lorrain au milieu des années vingt. Il commença par trouver un emploi aux Mines de La Houve à Creutzwald (Moselle) en 1924 avant de travailler à partir de 1926 aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) propriété de la famille de Wendel.

Il fit partie du groupe de résistance « Mario », le plus important du département de la Moselle annexé au Reich hitlérien. Ce groupe affilié au mouvement de résistance communiste Front national et aux FTPF, avait été mis sur pied à partir de l’été 1941 par l’instituteur messin Jean Burger dont le pseudonyme de résistant était « Mario ». L’organisation avait d’étroits contacts avec la résistance communiste organisée en Alsace annexée autour du cheminot Georges Wodli. Antoine Danicz fut chargé, avec Charles Landkocz, de mettre sur pied en mars 1942 une antenne du Groupe « Mario » à Stiring-Wendel. Il fut ensuite à l’origine de la création d’autres structures clandestines du Groupe dans l’est du bassin houiller notamment à Petite-Rosselle.

Antoine Danicz organisa ainsi de nombreuses actions contre la production et assura la liaison entre les différentes structures, souvent animées par des mineurs originaires de Pologne, qui avaient chacun un rôle spécifique dans la lutte contre l’Allemagne nazie.

Son activité clandestine lui valut d’être arrêté le 3 novembre 1943, et d’être emprisonné au Fort de Queuleu à Metz (Moselle annexée). Il fut ensuite déporté au camp de Dachau (Allemagne) où il fut libéré le 29 avril 1945.

Après son arrestation, la plupart des structures de résistance furent démantelées par la Gestapo. Certains enfants de mineurs polonais déportés attribuent le succès de la répression au fait qu’Antoine Danicz, qui connaissait l’organisation de la résistance, aurait parlé sous la torture. Selon plusieurs témoignages de résistants polonais, il aurait par ailleurs fait partie des Kapos du camp de Dachau.

Quoi qu’il en soit, Antoine Danicz recommença à travailler aux houillères au lendemain de la guerre et à militer au syndicat CGT des mineurs de charbon de Lorraine. Il s’attacha à aider les familles de mineurs polonais déportés à faire valoir leurs droits.

Marié le 13 mai 1932 à Petite-Rosselle (Moselle) avec Marguerite née Weber le 17 juin 1913 à Forbach (Lorraine annexée) ; ils eurent trois filles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article21387, notice DANICZ Antoine (ou DANICH, DANISCH) par Pierre Schill, version mise en ligne le 5 janvier 2013, dernière modification le 4 janvier 2013.

Par Pierre Schill

Antoine Danicz, 2e rang, second en partant de la gauche
Antoine Danicz, 2e rang, second en partant de la gauche
Avec les mineurs de charbon d’origine polonaise à la colonie CGT de La Petite-Pierre (Bas-Rhin), à la fin des années 1940.
Collection Pierre Schill

SOURCES : Arch. des Houillères du Bassin de Lorraine : dossier personnel. — Renseignements fournis par la commune de Stiring-Wendel (Moselle). — Renseignements fournis par Jean Geiger, président de l’ADIRP (Association des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes) de la Moselle et par des familles de mineurs polonais déportés. — Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965. — Pierre Schill, « Les mineurs de charbon étrangers membres du groupe de Résistance "Mario" en Lorraine annexée (1940-1945) » dans Institut d’histoire sociale minière, Mineurs immigrés. Histoire, témoignages (XIXe-XXe siècles), VO éditions, 2000, p. 243-261.

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