FRANÇOIS Roger, Yves alias CARLIER, dit EDGAR, dit MAXIME

Par Daniel Grason

Né le 20 mars 1918 à Avignon (Vaucluse) ; précepteur au pair ; commissaire aux opérations de la région Paris X des FTP ; interné.

Fils de Victor et de Anne-Marie, née Linceul, Roger François vivait en ce début d’année dans différentes « planques » en région parisienne, et en province. Arrêté en mars 1944, lors de la perquisition de son logement 7500 francs furent saisis, une fausse carte d’identité portant sa photographie au nom de Carlier. La pièce d’identité était tamponnée des cachets (faux) de la sous-préfecture de Senlis (Oise). Plusieurs faux certificats de travail, des certificats de recensement et d’hospitalisation en blanc revêtus des cachets de la mairie de Senlis et du sanatorium de Brévannes (Seine-et-Oise, Essonne). Une autre fausse carte d’identité en cours de confection était destinée à Henriette Clisci, née Tovarowski.
Il fut interrogé par un commissaire divisionnaire. Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il aurait rencontré à L’Aigle dans l’Orne un homme qui s’engagea à lui procurer une fausse carte d’identité. Au cours du mois d’août 1943, l’homme la lui aurait remis lors d’un rendez-vous avenue de la Marne à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine). Roger François devint agent de liaison des FTP avec la Normandie et une partie de la Somme.
Questionné sur la provenance de ces pièces, il répondit qu’elles lui avaient été remises par un nommé « Ruaud ». Il détenait des rapports d’activité en date du 15 février 1944 signés de « Maxime ». Il était recommandé dans une note de veiller à l’éducation militaire des hommes qui jamais n’utilisèrent d’armes. Interrogé sur l’identité de « Maxime » il répondit qu’il ne pensait pas avoir été en contact avec lui.
Interrogé sur autre rapport signé « Michel » en date du 23 février 1944, note N°72, il déclara que sur ordre de « Ruaud », il avait recopié l’original qu’il devait remettre à un autre responsable qu’il n’avait pu joindre. Quant à la carte d’identité destinée à Henriette Clisci, elle lui avait été commandée par Denise Soleilbeau, il avait vu Henri Goldszmidt. Il affirma n’avoir jamais été en contact avec Henriette Clisci.
Quant aux 7500 francs saisis à son domicile, il affirma que 3000 francs lui étaient destinés. Il devait remettre la même somme à un homme avec qui il avait rendez-vous à la gare Montparnasse le lendemain de son arrestation.
À l’issue de son interrogatoire, le commissaire laissa 500 francs à François Roger pour ses frais de nourriture pendant sa détention préventive. La 3ème Brigade de Police de Sûreté de Rouen fut prévenue téléphoniquement de l’arrestation de Roger François.
Le 1er avril 1944, le commissaire organisa une confrontation entre Roger François et Robert Vimont, commissaire aux opérations de la région X (Paris Rive droite) des FTP. Roger François ne répondit pas aux déclarations de Robert Vimont. François Roger ne prononça pas une parole, resta de marbre. Le commissaire divisionnaire mentionna sur le procès-verbal : « pour éviter d’avoir à préciser son activité actuelle, et son passé politique, le nommé François a pris une attitude simulant la folie, ce qui explique son abstention à répondre. » De fait, François Roger avait précédé Robert Vimont dans la responsabilité de Commissaire aux opérations de la région X (Paris rive droite) des FTP.
Le 2 avril nouvelle confrontation entre Robert Vimont et Roger François. Ce dernier reconnut ses responsabilités antérieures, il précisa « Quand j’étais militaire régional, je n’ai jamais eu à prendre de commandement. » Roger François a été inculpé le 3 avril d’infraction au Décret du 26 septembre 1939 pour « propagande communiste », et infraction à la loi du 27 octobre 1940 qui instituait une « carte d’identité de français ».
En conclusion, le commissaire concluait l’enquête sur Roger François ainsi : « Son arrestation est la conséquence d’une inobservation de sa part des consignes du Parti communiste. Il se trouvait en effet en contact avec des éléments trotskystes et était hébergé par eux. »
Roger François fut probablement maintenu en détention ou interné, son nom ne figure pas sur la liste des déportés.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article213786, notice FRANÇOIS Roger, Yves alias CARLIER, dit EDGAR, dit MAXIME par Daniel Grason, version mise en ligne le 21 mars 2019, dernière modification le 21 mars 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. GA 1, GB 85, rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 11 avril 1944. – Bureau Résistance (pas de dossier).

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