HYVERNAUD Henriette [épouse JOYEUX]

Par Dominique Tantin

Née le 22 septembre 1921 à Chamboret (Haute-Vienne), massacrée le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; sans profession ; victime civile.

Henriette Hyvernaud, épouse Joyeux
Henriette Hyvernaud, épouse Joyeux
Crédit : MémorialGenWeb.

Henriette Hyvernaud était la fille de Fernand, cultivateur, né le 17 octobre 1898 à Limoges, et de son épouse Marie Bois, née le 24 septembre 1903 à Peyrilhac (Haute-Vienne). Ses parents se marièrent le 20 novembre 1920 à Peyrilhac. Marie Bois était née dans cette commune le 24 septembre 1903. Henriette Hyvernaud épousa Marcel Joyeux, mécanicien, né le 30 mai 1921 à Limoges.
En 1944, le couple était domicilié à Soudanas, commune de Panazol, dans les environs de Limoges. De passage le samedi 10 juin à Oradour où vivait leur famille, ils périrent dans le massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich. Henriette fut enfermée dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants.
Elle périt dans des circonstances relatées par la seule rescapée de l’église, Madame Marguerite Rouffanche née Thurleaux : « Ayant » échappé à la tuerie et n’ayant reçu aucune blessure, je profitai d’un nuage de fumée pour me glisser derrière le maître-autel. Il existe dans cette partie de l’église trois fenêtres. Je me dirigeai vers la plus grande qui est celle du milieu et à l’aide d’un escabeau qui servait à allumer les cierges, je tentai de l’atteindre. Je ne sais alors comment j’ai fait, mais mes forces étaient décuplées ; je me suis hissée jusqu’à elle, comme j’ai pu. Le vitrail étant brisé, je me suis précipitée vers l’ouverture qui s’offrait à moi. J’ai fait un saut de plus de trois mètres. Ayant levé les yeux, je me suis aperçue que j’avais été suivie dans mon escalade par une femme qui, du haut de la fenêtre me tendait son bébé [René Joyeux*]. Elle se laissa choir près de moi. Les Allemands, alertés par les cris de l’enfant, nous mitraillèrent. Ma compagne et le poupon furent tués. Je fus moi-même blessée en gagnant un jardin voisin. Dissimulée parmi les rangs de petits pois, j’attendis dans l’angoisse qu’on vienne à mon secours. Je ne fus délivrée que le lendemain vers 17 heures ». (in Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, op. cit., p. 54-55). Les corps d’Henriette Hyvernaud et de son bébé furent identifiés.
Son mari fut mitraillé puis brûlé dans l’une des granges.
Henriette Hyvernaud obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.


Voir Oradour-sur-Glane

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article213522, notice HYVERNAUD Henriette [épouse JOYEUX] par Dominique Tantin, version mise en ligne le 15 mars 2019, dernière modification le 17 mars 2019.

Par Dominique Tantin

Henriette Hyvernaud, épouse Joyeux
Henriette Hyvernaud, épouse Joyeux
Crédit : MémorialGenWeb.

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Actes de naissance et de mariage, recensement de 1936 en ligne (Arch. dép. Haute-Vienne).

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