DAGALLIER Anne-Marie, Charlotte, Marguerite

Par Michèle Rault

Née le 6 juillet 1922 à Grenoble (Isère), morte le 25 janvier 2009 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) ; membre à partir de 1946 de la Mission de France féminine, devenue Équipes d’Ivry en 1966 ; ouvrière d’usine, manœuvre, employée d’hôtellerie et de restauration.

Fille d’Henri Dagallier, polytechnicien, diplômé de l’École des Mines, fondateur de l’ACI (action catholique des milieux indépendants), Anne-Marie Dagallier perdit sa mère alors qu’elle n’avait encore que six jours. Après le remariage de son père, elle fit partie d’une famille qui compta quatorze enfants dont elle s’occupa beaucoup. Élève d’une école privée, elle passa le baccalauréat puis suivit les cours d’une école de secrétariat pendant la guerre qu’elle vécut à Grenoble. Son père, décrit comme un homme ouvert, cacha des juifs, des résistants et notamment l’abbé Pierre. Très marquée par l’éducation qu’elle avait reçue, Anne-Marie Dagallier s’engagea dans le guidisme, devint cheftaine, et par ce biais fit la découverte du monde ouvrier. Elle voulut compléter cette première approche et fit de l’aide aux familles. Convaincue qu’elle ne souhaitait pas se marier, elle vint à Paris, rencontra deux ordres religieux et fit une retraite chez les Petites sœurs de l’Assomption. Mais ce n’était pas ce qu’elle voulait vivre.

En avril 1946, elle rencontra Christian du Mont, prêtre de la Mission de Paris, qui la mit en contact avec la Mission de France féminine (MDFF) qui rassemblait de jeunes femmes voulant vivre leur foi au milieu des ouvriers. Elle chercha à éprouver cette vocation en vivant seule à Paris, en contact avec la Mission de Paris, et en travaillant sur machine dans une usine de pinces à épiler (Krieg et Zivy) dans le XIVe arrondissement. Après une session au séminaire de la Mission de France à Lisieux, elle suivit en juin 1946 la formation dispensée par la MDFF et fut envoyée en mission, en novembre, à Colombes (Seine, Hauts-de-Seine) avec deux autres équipières, Anna Bernard et Pierrette Basson. Elle vécut dans des conditions rudimentaires tout en travaillant à la raffinerie Desmarais, lavant des bidons dans la Seine avant d’être femme de ménage. Elle découvrit le sous-prolétariat, prenait ses repas à l’hospice des vieux de Nanterre. Puis elle vécut deux ans à la maison de formation de la MDFF à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), participant à l’animation des sessions de formation de 1948 et de 1949. Elle quitta Ivry pour aller habiter en hôtel et enfin dans un meublé du XIIIe arrondissement au milieu de familles très mal logées. Elle vivait en équipe avec Antoinette Regnery et Liliane Mancini. Elle faisait des ménages avant d’être embauchée comme vendeuse par la laiterie parisienne puis par une laiterie de Villejuif (Seine, Val-de-Marne).

En février 1954, elle signa le texte de solidarité avec les prêtres-ouvriers. À la paroisse Saint-Hippolyte (Paris XIIIe arr.), elle fit bientôt équipe avec l’un d’entre eux, Roger Élisseix, prêtre de la Mission de France qui travaillait dans l’hôtellerie. En 1958, elle décida de travailler dans ce secteur et, après avoir fait quelques stages dans des hôtels parisiens, partit avec Simone Gallet, équipière de la MDFF, faire la saison à Lourdes. À l’issue de cette période de travail, elle rencontra l’évêque du diocèse et lui fit part des conditions de travail des employés de ce secteur. Elle revint à Paris et chercha à s’embaucher dans de petites maisons où elle avait constaté que le personnel était très exploité. Elle travailla en hôtel puis dans des restaurants. Lorsqu’elle était employée au restaurant Le Procop à Paris (entre 1962 et 1969), elle adhéra à la CFDT où les femmes étaient peu nombreuses. Elle était également membre de l’ACO hôtellerie. Elle faisait équipe avec Émilienne Josset, fondatrice de la MDFF, puis à leur groupe s’adjoignit Anna Bernard. À la retraite qu’elle prit en 1982, Anne-Marie Dagallier s’engagea à Emmaüs.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article21284, notice DAGALLIER Anne-Marie, Charlotte, Marguerite par Michèle Rault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 14 février 2010.

Par Michèle Rault

SOURCES : Arch. de la Mission de France féminine/Équipes d’Ivry, CAMT. — Témoignage d’Anne-Marie Dagallier, 1998. — État civil.

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