MAGNE Joseph, Antoine

Par Patrick Bec

Né le 10 novembre 1903 à Lescure, commune de Sain-Martin-sous-Vigouroux (Cantal), tué le 8 juillet 1944 à Lustrande, section du Bourguet, commune de Brezons (Cantal) ; laitier ; victime civile.

Joseph, Antoine Magne était le fils de Guinot Magne, cultivateur, fermier du château de Lescure, commune de Saint-Martin-sous-Vigouroux, marié à Narnhac (Cantal) en 1887 avec Eléonore Pons, fille de cultivateurs de Vigouroux. Avant dernier d’une famille de 11 enfants, il avait cinq frères, dont deux avaient été tués en 1915 sur le front de la Marne, et cinq sœurs. Il s’était marié à Brezons le 15 novembre 1930 avec Marguerite, Céline Rispal née à Livernine de Brezons en 1914.
« pendant une dizaine de jours (du 21 juin au 1er juillet), les plateaux de la Haute Planèze, les vallées du Siniq, du Goul, du Brezons, de l’Epie, du Lagnon, cachèrent un effectif élevé, en fait le gros de l’armée auvergnate... 1000 à 1500 combattants... Le 7 juillet, il restait moins de 4 à 500 hommes dans la région Prat-de-Bouc, Paulhac, Cézens, Brezons, Le Bourguet, Malbo, Pailherols." (Eugène Martres op. cit.). Le 8 juillet 1944 trois colonnes allemandes représentant 1800 hommes attaquèrent dans la vallée de Brezons. Au nord de la vallée une unité allemande s’avança depuis Le Bourguet jusqu’à Lustrande où des éléments de la 43e compagnie FFI dirigée par Charles Gausseres dit "Kléber" étaient retranchés. Dans le combat, cinq maquisards dont Jean Baptiste Delarbre, Elie, Albert Archer, Georges Sardenne, Robert, Etienne Patard et André Delabre ainsi que deux civils (Joseph Magne et Pierre Delcher) furent tués.
M. et Mme Terrisse, instituteurs à l’école de Brezons, relatent les événements de juillet 1944 : « Le 6 juillet, vers 11 heures, un avion allemand survole la vallée à très faible hauteur, tirant sur les bois et les maisons isolées dans le but sans doute de faire riposter le maquis et connaître ainsi leur emplacement. Deux jours plus tard, les Allemands arrivaient. Le samedi matin 8 juillet, vers les 6 heures 30, par une matinée pluvieuse, la fusillade éclate de toutes parts. En peu de temps les villages du Bourguet et de Lustrande furent encerclés par deux colonnes allemandes fortes de plusieurs centaines de voitures venant l’une de la direction de Murat, l’autre du bas de la vallée. (...) Les villages de la vallée furent immédiatement occupés par les Allemands qui pénètrent dans toutes les maisons, fouillant partout, menaçant la population. Les FFI alertés et dont la défense était inutile, se glissèrent dans le ravin formé par le ruisseau du Brezons, purent se cacher jusqu’au soir et ensuite gagner les bois. Trois furent tués, d’autres blessés. Pendant ce temps, la fusillade crépitait dans le village de Lustrande. Un homme de 40 ans, M. Magne, laitier, s’écroule au milieu de la rue, atteint au ventre ; vers 14 heures, il mourait des suites de son affreuse blessure. Quatre ou cinq hommes sont pris et rassemblés au four du village, tournés vers le mur, les bras en l’air, tandis que derrière eux les soldats allemands manœuvrent la mitrailleuse. D’autres sont pris et emmenés au PC à la Sagnette à 10 km de là ; deux reviennent dans la journée ; deux autres furent emmenés à Saint-Flour ; un autre, M. Delcher, relâché, rentrait chez lui lorsqu’il fut abattu en cours de route. (...) Le lendemain dimanche vers les 8 heures du soir, les Allemands firent brûler la maison de M. Delcher aux Roussinches ainsi que l’étable avec une douzaine de veaux. Le patron, tué la veille, fut trainé hors de la maison jusque dans le fossé de la route et abandonné là. Son épouse devait le veiller toute la nuit abritée sous un parapluie. »
Joseph Magne avait 41 ans.
La mention mort pour la France est inscrite sur son acte de décès et son nom est gravé sur le monument de la Résistance à Saint-Flour, sur les monuments aux Morts du Bourguet et de Saint-Martin-sous-Vigouroux. Le nom de Joseph Magne figure aussi sur une plaque fixée sur une maison du village de Lustrande, en bordure de la D 39, ainsi que sur une stèle commémorative de l’Amicale "Lou Pe d’Andel" à St-Martin-sous-Vigouroux avec celui de Germain Champeil.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article212350, notice MAGNE Joseph, Antoine par Patrick Bec, version mise en ligne le 23 février 2019, dernière modification le 22 février 2019.

Par Patrick Bec

SOURCES : Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007 .— Mgr de La Vaissière, Les journées tragiques dans le diocèse de Saint-Flour, Imprimerie Clavel, Saint-Flour 1944 . — "Les Allemands dans la région de Saint-Flour (Mai - août 1944)", Témoignages des Instituteurs et des Institutrices collectés par M. Louis Bac, édition établie par Jean Favier avec l’aide des Archives Municipales de Saint-Flour (M. Gilles Albaret, directeur et Mme Lydia Lucchi), éditions de l’Association du Musée de la Résistance d’Anterrieux, janvier 2017 .— État civil, registres matricules (AD 15) .— MémorialGenWeb

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