Né le 19 octobre 1929 à Uzerche (Corrèze), mort le 13 mars 2017 à Paris ; peintre, décorateur de théâtre, universitaire, écrivain ; syndicaliste ; un temps communiste.

Né d’un père espagnol et d’une mère française, Henri Cueco est un peintre important, très marqué par l’engagement politique, et un polémiste contempteur du minimaliste et de l’art conceptuel.
Son père Vicente Aguilella Cueco qui avait suivi les cours de l’École des Beaux-Arts de Valence en Espagne, l’encouragea à dessiner et peindre. "Mon père me vivait comme un rejeton un peu raté et, pour compenser, il m’a donné à la peinture comme on donne un enfant à l’armée ou au clergé". Pour échapper à l’influence familiale, Cueco s’installa à Paris en 1947 et travailla à des tâches administratives alimentaires pour gagner sa vie tout en suivant des cours de dessin à l’Académie de la Grande-Chaumière.Il réalisa alors des natures mortes et des paysages.
Il participa en 1952 au Salon de la Jeune peinture et y proposa une peinture figurative marquée par ses préoccupations sociales, non sans distanciation et humour. Il adhéra au Parti communiste en 1954 et y resta jusqu’en 1976.
À partir de 1962, Henri Cueco peignit des séries (rivières, salles de bains, jeux d’adultes, hommes rouges) recourant aux moyens techniques des mass média : figures découpées, aplats de couleur, pointillés et rayures. Il peut être associé au courant de la figuration narrative avec Télémaque, Erro. On retrouva son souci politique dans sa participation à la création de la Coopérative des Malassis, à partir de 1972, où fut expérimenté un travail collectif participant à la critique sociale. On leur doit Le Grand Méchoui en 1972, puis Qui tue ? ou l’Affaire Gabrielle Russier en 1973, les Onze variations sur le Radeau de la méduse ou la dérive de la société en 1974 et, en 1977, Les affaires reprennent.
Il participa à la création du Syndicat national des artistes plasticiens (SNAP-CGT).
Henri Cueco enseigna à l’Université, dans celles de Paris VIII et Paris I mais aussi dans le cadre de l’association Peuple et culture. En 1985 il fut nommé professeur à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris, n’hésitant pas dans ses publications et ses conférences à criquer le nouvel académisme du minimalisme et du conceptualisme.
À partir des années 1980, il écrivit de nombreux essais et romans. Son roman Dialogue avec mon jardinier fut adapté au cinéma en 2007 par Jean Becker. Sa participation à l’émission radiophonique de France culture Les Papous dans la tête lui valut une autre forme de notoriété.
Il était l’époux de la plasticienne Marinette Cueco originaire d’Argentat (Corrèze) ; le couple eut deux enfants, dont le musicien Pablo Cueco. Il habita la région parisienne, à Montmagny, et en Corrèze, au Pouget-de-Vigeois. Dans sa ville natale d’Uzerche, il fonda en 1979, l’association Pays-Paysages en Limousin, pour réunir et confronter les savoirs de ceux qui sont au contact de la nature, agriculteurs, artistes, scientifiques et habitants.
Il disait : « Je suis préoccupé par le rôle social de l’artiste et par la réalisation d’une peinture qui ne se satisfait pas de n’être que la déclinaison de la peinture elle-même. »

ŒUVRE : Les Hommes Rouges, 1968-1970. — Le grand méchoui, 1972. — Onze variations sur le thème du radeau de la Méduse, 1974. — Le collectionneur de collections, Seuil, 1995. — Journal d’une pomme de terre, 2001. — 120 paysages que je ne peindrai jamais, Seuil/éd. Pérégrines. 2005. — L’Arène de l’art, avec Pierre Gaudibert, Editions Galilée, 1988. — Journal d’Atelier (1988-1991) ou le Journal d’une pomme de terre, Ensb-a, 1993. — Comment grossir sans se priver, Atelier Bords, 1997. — L’inventaire des queues de cerises, Seuil, 2000. — Dialogue avec mon jardinier, Seuil, 2000.— La Petite Peinture, Cercle d’art, 2001.

SOURCES : Presse. — Sites Internet. — France culture, A voix nue, octobre 2010. — Phlippe Dagen, Le Monde, 17 mars 2017.

Claude Pennetier

Version imprimable de cet article Version imprimable