GUEHENEUC Jules, Joseph, Marie, Ange

Par Michel Thébault

Né le 9 mars 1904 à Saint-Pôtan (Côtes-du-Nord aujourd’hui Côtes-d’Armor), exécuté sommairement le 6 août 1944 à Langeais (Indre-et-Loire) ; notaire ; résistant OCM, réseau Centurie.

Jules Guéhéneuc était le fils de Mathurin, Jean Guéhéneuc, âgé de 42 ans à sa naissance, laboureur et d’Anne Marie Hourdin, âgée de 39 ans ménagère. Il était le dernier de leurs cinq enfants, après Félicie née en 1889, Joséphine en 1893, Mathurin en 1895 et Adrien en 1900, tous nés dans la commune voisine de Pluduno. Il se maria à la mairie de Saint-Pôtan le 12 septembre 1930 avec Marie Joseph, Julie, Désirée Jan. Au début des années 40 il était domicilié à Fréhel (anciennement Pléhérel), où il exerçait la profession de notaire. Il s’engagea dès 1942 dans la Résistance rejoignant le réseau de renseignements Centurie, dépendant du BCRA. Il était lié à Maurice Barré, responsable de l’OCM pour un large secteur du nord de la Bretagne et organisateur du réseau Centurie. Ce réseau constitué de plus d’une centaine de membres dans le secteur du Léon, issus souvent de professions libérales (médecins, pharmaciens, notaires comme Jules Guéhéneuc) surveillait pour la France Libre les mouvements des ports, des gares et des terrains d’aviation, recueillant et préparant l’évasion des aviateurs alliés. Jules Guéhéneuc fut vraisemblablement recruté directement par Maurice Barré qui avait été prêtre de Fréhel avant-guerre. Jules Guéhéneuc fut arrêté le 7 avril 1944 par la SIPO-SD à son domicile, tandis que Maurice Barré était arrêté à l’hôpital de Dinan. Il fut incarcéré à la prison de Saint-Brieuc puis transféré au camp Margueritte à Rennes (Ille-et-Vilaine). Au tout début août, les troupes américaines investirent la ville de Rennes, (libérée le 4 août). Les détenus de la prison Jacques Cartier et du camp Sainte-Marguerite de Rennes, arrêtés dans les Côtes-du-Nord, le Finistère, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine furent embarqués les 2 et 3 août 1944 dans deux convois. Les Allemands sélectionnèrent, plusieurs centaines de résistants, hommes et femmes, et les rassemblèrent dans des wagons à bestiaux accrochés à un train qui parcourut la France d’ouest en est pour arriver le 15 août à Belfort. Jules Guéhéneuc fit partie du premier convoi parti le 2 août. Après un passage par Nantes et un parcours très lent le long de la Loire, les deux convois furent regroupés le 5 août au Lion-d’Angers (Maine-et-Loire) et parvinrent à reprendre leur route malgré les efforts des cheminots résistants pour les retarder. Le convoi dut s’arrêter à nouveau en gare de Langeais le 6 août, la voie ayant été détruite par le mitraillage d’un train de munitions allemand. En fin d’après-midi, le convoi fut mitraillé par des avions alliés, faisant des victimes parmi les soldats allemands mais aussi parmi les prisonniers et les civils présents. Profitant de la confusion et aidés par la population du secteur, de nombreux prisonniers du convoi (plus d’une cinquantaine) s’évadèrent. Jules Guéhenneuc interpellé lors de sa tentative par un garde allemand en sentinelle, choisit de lever les bras pour se rendre. Le soldat allemand tira malgré tout, le blessant grièvement. Les officiers allemands refusèrent que des soins lui soient apportés malgré la présence en gare de La Croix-Rouge. Il décéda peu après dans les bras de l’abbé Maurice Barré, son compagnon de résistance et de déportation.
Il obtint la mention mort pour la France et fut homologué FFI et DIR (déporté-interné-résistant), résistance intérieure française (RIF). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Fréhel ainsi que sur le monument commémoratif à la résistance de Fréhel. Une plaque commémorative à son nom a été apposée à Port-à-la-Duc (Fréhel), sur le mur du bâtiment de l’étude notariale avec l’inscription « Maître Jules Guéhéneuc Déporté-Résistant 1904 – 1944 ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article211817, notice GUEHENEUC Jules, Joseph, Marie, Ange par Michel Thébault, version mise en ligne le 13 février 2019, dernière modification le 13 février 2019.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD Vincennes GR16 P 273869 et SHD Caen Cote AC 21 P 620674 (à consulter) — Arch. Dép. Côtes d’Armor (état civil, recensement 1911) —Fondation pour la mémoire de la déportation (liste des évadés du convoi Rennes Belfort I 273 bis) — site internet Mémoire de guerre — Wiki Armor, article Maurice Barré — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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