SOULIÉ Jules, Philippe

Par André Balent

Né le 1er mai 1893 à Miremont (Haute-Garonne), mort le 14 mai 1944 à Miremont abattu par un SS de la division Das Reich cantonné à Miremont ; propriétaire agriculteur à Miremont ; victime civile

Jules Soulié était le fils de Jean, propriétaire âgé de trente et un ans, et de Cécile, Jeanne Nouziès âgée de vingt et un ans. Il se maria le 3 janvier 1929 à Miremont avec Marie-Thérèse Ville née à Miremont le 6 juillet 1899 domiciliée dans on village natal où elle exerçait la profession de modiste. Elle était la fille de Bertrand, Jean, Marie, propriétaire, et d’Anne Lafont. Soulié habitait à l’écart du village, au lieu-dit Burguerolles sur la route (RD 12) en direction de Lagardelle-sur-Lèze (Haute-Garonne), à la métairie Rigail dont il était le propriétaire. La signature d’un contrat de mariage devant notaire avant la célébration de l’union civile laisse supposer que Soulié était un agriculteur propriétaire bénéficiant d’une certaine aisance.

Jules Soulié, fut abattu de coups de revolver pour avoir refusé de livrer ses œufs à des SS. Deux SS de la 9e compagnie du 2e bataillon du régiment blindé de grenadiers Deutschland de la division Das Reich cantonné au château de de Madron à Ramonville (Haute-Garonne) étaient en tournée des fermes de la commune de Miremont afin de se procurer, parfois sous la menace, des produits agricoles pour assurer leur ravitaillement. À la métairie Rigail, ils demandèrent une douzaine d’oeufs à la mère de Jules Soulié. Celui-ci, excédé, refusa, menaça les SS, prit son fusil de chasse et le chargea. L’un des deux Allemands tira alors deux coups de feu sur Soulié et le tua net. Les rédacteurs de Gardarem Miremont (op. cit., p. 6 ) ont écrit que Soulié s’était interposé afin de protéger sa mère qui avait refusé de livrer les oeufs aux soldats. Ils ne signalent pas que Soulié les avait menacés avec son fusil de chasse. Guy Penaud (op. cit., p. 90) qui, dans sa version, reprend le rapport Cabanne déposé au musée départemental de la Résistance de la Haute-Garonne à Toulouse) explique que Jules Soulié était "connu pour sa cupidité". La Feldgendarmerie de Toulouse ouvrit une enquête contre le SS qui avait tué Jules Soulié. Le tribunal militaire de la division l’acquitta, estimant qu’il avait agi en situation de légitime défense.

Jules Soulié fut inhumé à Miremont. Il reçut la mention « mort pour la France » transcrite le 4 février 1946 en marge de son acte de décès sur le registre de l’état civil de Miremont. Une stèle fut érigée sur les lieux de l’exécution de Jules Soulié, victime civile, au départ du chemin reliant la ferme à la route de Miremont à Lagardelle-sur-Lèze.
Voir Miremont (Haute-Garonne), 5 mai, 14 mai, 2 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article211722, notice SOULIÉ Jules, Philippe par André Balent, version mise en ligne le 11 février 2019, dernière modification le 11 février 2019.

Par André Balent

SOURCES : Arch. com. Miremont, état civil actes de naissance, mariage et décès de Jules Soulié avec les mentions marginales. — Gardarem Miremont, Miremont, ses martyrs, ses héros, Miremont, s.d. [2004], 28 p. [Les premières arrestations et exécutions, pp. 5-8]. — Michel Goubet, « Un village sous la botte allemande [Miremont] », « Les activités du maquis de Rieumes », « La répression allemande et milicienne dans la vallée du Salat et alentours 10 et 11 juin [1944] » in La résistance en Haute-Garonne, CDROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la résistance intérieure). — Guy Penaud, La "Das Reich" 2e SS Panzer Division, préface d’Yves Guéna, introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, 558 p. [p. 90, p. 506]. — Site MemorialGenWeb consulté les 1er mai 2018 et 11 juillet 2018.

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