MEYRAND Jean, François, Émile

Par Daniel Grason

Né le 4 avril 1924 à Grenoble (Isère), mort le 30 janvier 2001 à Échirolles (Isère) ; étudiant à l’Institut universitaire ; militant de la IVe Internationale trotskyste ; résistant ; interné ; déporté à Buchenwald (Allemagne).

Jean Meyrand
Jean Meyrand

Fils de Lucien Meyrand, mécanicien, et de Albine Joséphine Michel, gantière, Jean Meyrand vivait 53 rue des Cévennes à Paris (XVe arr.). Il participait à un groupe de discussion que dirigeait Maurice Laval, les réunions se tenaient au domicile de Louis Devred au 161 rue de Paris à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine). Il a été interpellé au domicile de Louis Devred le 11 mars 1944 à 9 heures du matin.
Lors de la perquisition de son domicile, les policiers saisissaient des documents dactylographiés traitant de l’action de la IVème Internationale en France, à l’intention des étudiants. Il était recommandé de diffuser la culture marxiste à l’Université. Des tracts imprimés et ronéotypés, « Le Front Ouvrier », « La Seule Voix » organe théorique du Comité Communiste Internationaliste de novembre 1943 et le « Bulletin Intérieur du Parti Ouvrier Internationaliste » furent saisis. Jean Meyrand a été inculpé d’infraction au décret-loi du 24 juin 1939 qui réprimait « la distribution et la circulation des tracts de provenance étrangère. »
Le 27 mars 1944 Jean Meyrand a été interrogé par un commissaire divisionnaire, il déclara : « J’ai rencontré Laval en 1940 ou 1941 à l’occasion d’une sortie organisée par les Auberges de la Jeunesse. »
« Nous nous sommes perdus de vue et nous n’avons repris contact qu’il y a trois mois environ, dans le Métro. Nous avons discuté politique et il m’a confié qu’il s’intéressait, comme par le passé, au mouvement trotskyste. Il m’a demandé si je voulais participer à des discussions qu’il organisait chez des camarades. J’ai accepté et j’ai eu l’occasion de prendre part aux réunions organisées par Laval au domicile du nommé Devred, où j’ai rencontré le nommé Sauterey. »
« En fait, je ne suis pas adhérent de la IVe Internationale, dont j’approuve, sous réserve de quelques articles l’application. » Les réserves exprimées par Jean Meyrand étaient en contradiction avec le matériel de propagande saisi à son domicile.
Le commissaire lui demanda des explications sur la provenance des tracts. Il répondit « Les documents dactylographiés m’ont été remis par Laval ». Quant aux tracts ronéotypés et imprimés, ils lui furent donnés par une prénommée « Sylvie » qu’il rencontra à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, près du Panthéon dans le Ve arrondissement. Il affirma « j’ignore si Sylvie est en contact avec Laval. […] Je suppose qu’ils travaillent chacun de leur côté. »
Questionné sur la provenance des documents, il ne se souvenait plus qui de Devred, Laval ou Sauterey lui avait remis plusieurs exemplaires des tracts. « Il n’avait nullement été question d’une diffusion de ma part. En définitive, mon rôle est celui d’un membre d’un groupe de discussion. » Il déclara « je ne puis préciser la responsabilité exacte de Laval, de Devred et de Sauterey. »
Le 3 avril 1944, le commissaire l’inculpait « d’infraction au Décret du 24 juin 1939 qui concernait « la répression de la distribution et de la circulation des tracts de provenance étrangère ». Il a été envoyé au Dépôt puis dans un camp d’internement.
Le Livre-Mémorial, mentionne la présence de Jean Meyrand dans le convoi qui partit de Toulouse le 30 juillet 1944 à destination de Buchenwald (Allemagne), or ce transport ne transita pas par une gare parisienne. Il fut donc interné dans un camp du sud-ouest de la France, d’où il partit de Toulouse le 30 juillet 1944 pour Buchenwald.
La libération du camp eut lieu le 11 avril 1945, des détenus organisés dans un Comité militaire clandestin arrêtaient cent vingt-cinq SS et prenaient possession du camp. L’après-midi l’armée américaine conduite par le général Patton était à Buchenwald. Jean Meyrand était parmi les survivants.
Il a été homologué Déporté, interné, résistant (DIR), au titre de la Résistance intérieure Française (RIF).
Jean Meyrand s’était marié le 18 décembre 1948 à Grenoble avec Marie Alphonsine Amoudry.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article211715, notice MEYRAND Jean, François, Émile par Daniel Grason, version mise en ligne le 11 février 2019, dernière modification le 14 mars 2019.

Par Daniel Grason

Jean Meyrand
Jean Meyrand

SOURCES : Arch. PPo. GA 1, GB 085, 77 W 801-263923, Rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 11 avril 1944. – Bureau Résistance GR 16 P 414000. – Livre-Mémorial, FMD Éd. Tirésias, 2004. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 161

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