HENRY Maria

Par Gauthier Langlois

Née le 15 janvier 1830 à Nîmes (Gard), morte le 29 mai 1890 à Paris (XVe arr.) ; sœur du communard fouriériste Fortuné Henry, tante des anarchistes Fortuné Henry fils et Émile Henry.

Maria Henry était le sixième enfant d’un couple d’artisans aisés, Jean-Baptiste Henry (1782-1852) et Marie Bancel (1790-1850). Jean-Baptiste et Marie s’étaient mariés à Nîmes en 1815 et y occupaient une situation honorable acquise par leur travail. Le père, d’abord simple artisan cordonnier, devint bottier puis fourreur. Le couple eut sept enfants auxquels il donna une excellente éducation manuelle et intellectuelle. Il leur transmit également son idéal républicain et révolutionnaire.

Des trois sœurs Henry, Maria fut la seule à ne pas faire un beau mariage. Sans doute parce qu’elle était, selon sa belle-sœur Rose Caubet, « une vieille fille petite et bossue ». Elle vécut d’abord à Nîmes chez ses parents au 1 place de l’hôtel de ville, probablement jusqu’à leur mort en 1850 et 1852. C’est sans doute avec sa sœur aînée Augustine Agoust qu’elle rejoignit la région parisienne. Après le mariage, en 1858, de sa nièce Céline Agoust avec l’homme de lettres communiste Xavier Sauriac, elle les suivit. Entre 1866 et 1872 elle résidait avec sa sœur Augustine et les filles de celle-ci chez Xavier Sauriac, dans la ferme du Bresquet à Durance (Lot-et-Garonne). Elle fut ensuite recueillie par sa sœur puinée, Célestine-Gracy Henry, marquise de Chamborant (1824-1895), dans son hôtel particulier de Passy (48, rue Raynouard Paris XVIe arr.).

C’est à Passy que les deux sœurs recevaient leurs neveux, Jean Charles Fortuné et Émile Henry, revenus en 1880 avec leurs parents Fortuné et Rose de leur exil espagnol. Après la mort de Fortuné en 1882, les deux sœurs continuèrent à s’occuper des neveux. Selon leur mère Rose, ils venaient fréquemment à Passy, particulièrement pendant les vacances, et y étaient choyés et gâtés. Célestine Gracy contribua notamment au financement de leurs études. Quant à Maria, elle semble avoir contribué, avec d’autres, à leur éducation politique. En effet, selon les journaux retraçant l’affaire Émile Henry, Maria, révolutionnaire comme ses frères et sœurs, « professait des théories incendiaires ».

Maria mourut à Passy chez sa sœur, à l’âge de 60 ans.

Maria Henry ne doit pas être confondue, comme le fait parfois la presse retraçant l’affaire Émile Henry, avec Marie Caubet (1820-1902), la tante de sa belle-sœur Rose Caubet, qui avait un temps possédé la maison de Brévannes. C’est sans doute en l’honneur de ces deux femmes que Fortuné et Rose avaient baptisé du nom de Marie leur première enfant, née en 1867.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article211387, notice HENRY Maria par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 28 février 2019, dernière modification le 28 février 2019.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : État civil ou recensements de Nîmes, Durance et Paris. — Geneanet. — Le Gaulois, 16 février 1894.

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