CRISTOFOL Jacqueline [née DELAYANCE Jacqueline, Andrée]

Par Jean-Claude Lahaxe

Née le 11 juin 1919 à Urzy (Nièvre), morte le 21 avril 2008 à Marseille ; avocate ; militante communiste des Bouches-du-Rhône ; conseillère municipale de Marseille.

Jacqueline Cristofol fut éduquée avec une large ouverture d’esprit par ses parents libraires-imprimeurs à La Charité-sur-Loire (Nièvre). Son frère reprit ensuite l’entreprise. Sur l’acte de naissance, son père Albert Delayance était employé de commerce et sa mère, Germaine Aclement, institutrice. Elle poursuivit ensuite des études supérieures à la faculté de droit de Paris et à la Sorbonne. Ses études l’amenèrent à séjourner en Allemagne en 1934 et 1935.

Revenue à La Charité-sur-Loire, Jacqueline Cristofol s’occupa de venir en aide aux soldats prisonniers des Allemands. Elle termina ses études de droit et obtint une licence d’allemand en septembre 1940. En 1943, après avoir reçu une formation d’infirmière et d’assistant chirurgien, elle contribua à soigner des résistants de la région.

Ayant été recrutée par Paulin Biage, directeur de cabinet de Raymond Aubrac, Jacqueline Cristofol se retrouva à Marseille en octobre 1944 comme chargée de mission. Elle regagna Paris lors du départ de Raymond Aubrac pour travailler au centre d’études de politique étrangère. Quelques mois plus tard, elle revint à Marseille pour épouser Jean Cristofol* en août 1945.

Jacqueline Cristofol adhéra au PCF peu de temps après son mariage. Elle s’inscrivit en juillet 1946 au barreau de Marseille. Bien qu’ayant suivi les cours de l’école de section cette année-là, elle n’exerça jamais de responsabilités au sein du Parti communiste. Elle fut par contre chargée de s’occuper de la défense de nombreux militants politiques ou syndicaux inculpés du fait de leur engagement. Elle fut en particulier un des avocats des responsables dockers emprisonnés en mars 1950. Elle participa au procès des Dix de la Bocca en octobre 1950 et défendit les manifestants du 28 mai 1952. Jacqueline Cristofol fut aussi membre du comité de défense des Rosenberg. Elle effectua un voyage d’un mois en Tchécoslovaquie en 1950, séjourna en Hongrie en 1955 en compagnie de son époux.

Jacqueline Cristofol fut désignée pour servir de suppléant à François Billoux dans la 4e circonscription de Marseille lors des législatives de novembre 1958 avant d’être élue conseillère municipale le 8 mars 1959. Elle ne fut pas candidate lors des municipales des 14 et 21 mars 1965. Déjà en désaccord avec l’attitude adoptée par le Parti communiste à la suite de l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968, Jacqueline Cristofol signa en 1978 le manifeste dit des « Trois cents » réclamant plus de transparence dans les débats du Comité central. Elle cessa son activité professionnelle en 1986 et décida cette année-là de ne plus reprendre sa carte du PCF. Elle poursuivit toutefois une activité militante, présidant pendant plusieurs années l’Association de sauvegarde de l’enfance, de l’adolescence et des adultes ainsi que la Maison de l’Apprenti. Elle écrivit en 1997 un ouvrage intitulé Batailles pour Marseille. Jean Cristofol, Gaston Defferre, Raymond Aubrac.

Les obsèques de Jacqueline Cristofol se déroulèrent le 24 avril 2008 au funérarium du cimetière Saint-Pierre de Marseille. Elle était mère de trois enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article21117, notice CRISTOFOL Jacqueline [née DELAYANCE Jacqueline, Andrée] par Jean-Claude Lahaxe, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 17 septembre 2017.

Par Jean-Claude Lahaxe

OEUVRE : Elle écrivit en 1997 un ouvrage intitulé Batailles pour Marseille. Jean Cristofol, Gaston Defferre, Raymond Aubrac.

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, 148 W 290. — La Marseillaise, 1949-1961. — L’Humanité, 24 avril 2008. — Déclarations effectuées lors des entretiens des 10 et 24 mai 1996, revues le 13 juin 2001. — État civil d’Urzy.

fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément