VLAMINCK Maurice

Par Marianne Enckell

Né à Paris le 4 avril 1876, mort à Rueil-la-Gadelière (Eure-et-Loir) le 11 octobre 1958. Peintre, fréquentant les milieux libertaires.

Le père de Maurice, Edmond Devlaeminck, était violoniste, sa mère pianiste. Originaires de Flandre, ils s’établirent au Vésinet puis à Chatou (Yvelines). Maurice Vlaminck fut ouvrier tourneur, violoniste de café-concert, coureur cycliste, auteur de romans qualifiés de graveleux, tout en peignant et en devenant, suite à sa rencontre avec André Derain, l’inspirateur du fauvisme en peinture.

Vers la fin du XIXe siècle, Vlaminck donna plusieurs dessins au Libertaire qui, raconte-t-il, « avait ses bureaux rue d’Orsel. Ils consistaient en une simple baraque de bois élevée dans le fond d’une cour, derrière un immeuble noir et pauvre. On y rencontrait de ces vieux miitants dont les bourgeois parlaient comme des monstres assoiffés de sang et qu’ils décrivaient comme des bandits. […] À l’époque de Ravachol, d’Émile Henry, de Vaillant, le journal Le Libertaire était le seul organe qui osât batailler contre le capitalisme. En guise de récompense et de salaire, ses rédacteurs étaient toujours sûrs d’écoper de quelques mois de prison. »

La guerre de 1914 fut pour lui une expérience cruelle, et lui aurait démontré la vanité des théories picturales. Il resta fasciné par les personnages de Ravachol, d’Henry et de Vaillant, mais se maintint à distance du mouvement. Il présentait toutefois le fauvisme comme un "art anarchiste, individualiste". En 1937, toutefois, il donna un de ses nombreux tableaux de paysages enneigés, sobrement intitulé Neige, à une exposition-vente organisée en faveur des orphelins d’Espagne (voir G. Delatousche).

En 1946, il figureait au nombre des collaborateurs du journal L’Homme et la vie de Manuel Devaldès, "organe du mouvement de synthèse culturelle", qui eut 5 numéros ; mais apparemment il n’y signa aucun article.

Dans le Monde libertaire, Gérard Magnet lui consacra un long article à sa disparition, « Les nobles ne reconnaissaient plus des leurs ce débraillé qui venait faire la contradiction dans leurs réunions publiques et vendait Le Libertaire au coin des rues… Vlaminck fut lancé, vendu, coté, Son mauvais caractère et sa bonne peinture survécurent à l’épreuve… Si sa réputation est proportionnée au nombre d’emmerdeurs qui critiquaient ses opinions, Vlaminck a très mauvaise réputation. Rien ne saurait, soyons-en sûr, faire plus de plaisir à cet ami de Brassens. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article211065, notice VLAMINCK Maurice par Marianne Enckell, version mise en ligne le 29 janvier 2019, dernière modification le 3 mai 2019.

Par Marianne Enckell

ŒUVRE : Plusieurs ouvrages, dont Désobéir, Corrêa, 1936, où quelques pages font allusion à ses fréquentations anarchistes.

SOURCES : Désobéir, p. 76 et suiv. — Le Libertaire, 7 juillet 1937, — L’homme nouveau, 1946. — Le Monde libertaire, novembre 1958. — Le Monde, 1er août 1987 (rétrospective à Chartres). — Marcel Sauvage, Vlaminck, sa vie et son message, Pierre Cailler, 1956. — R. Bianco, Cent ans de presse…, op. cit.

Version imprimable Signaler un complément