MARAVAL Paul, Jean, François

Par Eric Panthou

Né le 8 octobre 1919 à Coursan (Aude), vraisemblablement exécuté sommairement par les FTP le 29 juillet 1944 à Chambonnet, commune de Sauret-Besserve (Puy-de-Dôme) ; cheminot ; Volontaire de l’Espagne républicaine ; membre des Jeunesses Communistes (JC) ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Portrait de Paul Maraval aux monuments aux Morts de Coursan

Fils de Honoré, employé à la Compagnie des Chemins de fer du Midi, et de Paule, née Rouge, sans profession, Paul Maraval se maria avec Rose Manoir le 26 avril 1941 à Coursan.
Il était ouvrier viticole. Membre des Jeunesses communistes, il avait combattu au sein des Brigades internationales en Espagne.
Il fut arrêté en décembre 1941 pour distribution de tracts communistes à Coursan, avec son cousin Germain Amouroux. Il fut emprisonné à Lodève, puis Mauzac (Corrèze) et enfin la prison du Puy-en-Velay. C’est là qu’il se serait lié avec cinq militants trotskystes eux aussi arrêtés mais volontairement mis à l’écart par les cadres du PCF présents. Tous firent partie des 79 prisonniers politiques qui dans la nuit du 1er au 2 octobre 1943 purent s’évader grâce aux FTP. La majorité des évadés furent conduits au maquis « Wodli » créé par le PCF, localisé au lieu-dit Raffy de la commune de Queyrière (Haute-Loire), proche d’Yssingeaux. Les trotskystes y furent placés sous une étroite surveillance. Albert Demazière parvint à s’enfuir mais Pietro Tresso, Jean Reboul, Abram Sadek et Maurice Segal furent exécutés fin octobre 1943, peut-être le 26 ou le 27, sur ordre des responsables du maquis, appliquant les consignes « venues d’en haut ».

On ne trouve plus trace de Paul Maraval suite à l’évasion. Il aurait été transféré immédiatement en camionnette dans le Puy-de-Dôme selon les recherches menées par Raymond Vacheron. On ne sait rien d’autre de lui vivant. Il ne dispose pas d’un dossier aux Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen ni d’un dossier de Résistant au service historique de la Défense à Vincennes. On ne trouve pas davantage trace de lui sur un monument aux Morts ou dans ouvrages, articles ou sites Internet retraçant l’histoire de la Résistance en Auvergne ni dans le Mémorial des cheminots victimes de la répression.
Selon un jugement du tribunal civil de première instance de Narbonne (Aude) du 7 août 1947, il serait décédé le 29 juillet 1944 à Chambonnet, commune de Sauret-Besserve (Puy-de-Dôme).
D’après un témoignage recueilli par Pierre Broué et Raymond Vacheron, recoupant l’information du jugement, il serait bien mort à Chambonnet au printemps 1944 mais dans des circonstances particulières. En effet, il aurait été fusillé par les résistants FTP du camp Gabriel-Péri car suspecté de connivence avec les trotskistes pendant son séjour en prison du Puy-en-Velay. Il aurait également été jugé trop anticonformiste. Selon le même témoignage, son corps aurait été ensuite coulé dans le ciment d’un barrage.
On peut supposer qu’après avoir quitté le Camp Wodli en camionnette, il a été intégré régulièrement à la formation Gabriel-Péri qui agissait en particulier dans les Combrailles, au nord ouest du Puy-de-Dôme. C’est dans ce secteur qu’il aurait été abattu fin juillet. On peut s’interroger sur le fait qu’un homme suspect pour son comportement en prison l’été 1943 ait été exécuté près d’un an plus tard. Il est probable que les causes de l’exécution de Paul Maraval par la Résistance, si tel était le cas, sont plus à chercher dans son attitude dans les jours ou semaines qui ont précédé sa mort. Il a également pu être considéré comme un témoin gênant de la liquidation des militants trotskystes, lui qui avait sympathisé avec eux et dont l’attitude avait pu être influencée par eux les mois suivants.

Concernant les circonstances de ce décès et l’éventuelle dissimulation du corps dans le ciment d’un barrage. S’il n’y avait aucune barrage en construction à cette époque dans ce secteur, il y avait deux barrages à proximité, dont celui des Garachons, sur la commune de Sauret-Besserve, sur lequel des travaux d’entretien auraient eu lieu en 1944, sans pouvoir en fixer la date précisément. La dissimulation du corps de Paul Maraval coulé dans le ciment du barrage a donc été possible, comme l’indiquait un témoignage.
Ce qui est assuré, c’est que Paul Maraval fit partie des évadés du Puy, qu’il disparut ensuite et qu’il ne fait pas partie des morts recensés par les différentes formations de la région à laquelle il aurait pu appartenir, en particulier le camp Gabriel-Péri. Il y a donc dissimulation de sa disparition.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article210913, notice MARAVAL Paul, Jean, François par Eric Panthou, version mise en ligne le 23 janvier 2019, dernière modification le 25 mai 2019.

Par Eric Panthou

Portrait de Paul Maraval aux monuments aux Morts de Coursan

Sources : SHD Vincennes, 19 P 63/5. Formation Gabriel-Péri. Effectifs, actions, pertes .— Pierre Broué, Raymond Vacheron, Meurtres au maquis, Paris, Grasset, 1997 .— Courriels de Raymond Vacheron à Eric Panthou, les 22 et 23 janvier 2019 .— Ministère de l’Intérieur, Direction générale de la police nationale. Etat Français. Circulaire n°40/43 U du 3/10/1943 .— MémorialGenweb .—état-civil Coursan.

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