SOLEILBEAU Denise, Marie, Jeanne

Par Daniel Grason

Née le 25 mai 1913 à Bergerac (Dordogne), morte le 5 mars 1945 à Ravensbrück (Allemagne) ; couturière ; antifasciste ; résistante ; déportée.

Denise Soleilbeau
Denise Soleilbeau

Fille de Jean et de Marie née Mayroux, Denise Soleilbeau obtint à l’issue de sa scolarité le CEP. Au cours du premier trimestre de 1944, elle arrêta son activité salariée. Ses économies et l’aide de son ami Henri Goldsmidt lui permettait de subsister.
Elle hébergeait à son domicile du 12 rue Olier à Paris (XVe arr.), outre Henri Goldsmidt->210783] des membres des FTP et elle favorisait l’action trotskyste du groupe spécial formé par Yvon Andrietti, André François, FTP commissaire militaire et Henri Goldsmidt détenait les armes stockées dans le logement de la rue Olier. Elle assurait en outre le transport des armes lors des actions du groupe.
Elle fut interpellée le 8 mars 1944 vers 20 heures à son domicile par des policiers du commissariat du quartier d’Auteuil (XVIe arr.). Elle a été livrée à la BS1, et interrogée le 26 mars 1944 dans les locaux des Brigades spéciales.
D’emblée, elle réfuta s’être livrée à des activités en faveur de la IVe Internationale. L’inspecteur lui fit remarquer que des tracts émanant de cette organisation avaient été saisis à son domicile. « Ces tracts ont été laissés par un individu que nous avions hébergé en qualité de réfractaire et dont je vous tairais le nom. » répondit-elle « Jamais je n’ai participé à la diffusion, bien que je partage les opinions de mon ami Goldsmidt. »
Les policiers savaient qu’Henriette Clisci munie d’une fausse carte d’identité avait été hébergée par le couple Soleilbeau Goldsmidt. Denise Soleilbeau rétorqua qu’elle la « connaissait depuis très longtemps, et j’ai uniquement agi dans un but humanitaire. J’ignore de quelle façon elle s’est procuré ses fausses pièces d’identité. »
Elle assuma le fait d’avoir accueilli des réfractaires, quant aux deux FTP qu’elle hébergea, elle avait appris leurs activités réelles par la suite. Les policiers l’interrogèrent sur le fait qu’elle avait transporté des armes. D’emblée, elle assuma « J’ai exécuté les instructions de Goldsmidt ». Elle reconnue aussi que André François, commissaire des FTP avait été hébergé à son domicile.
Les policiers estimèrent que Denise Soleilbeau « avait favorisé l’action trotskyste et plus particulièrement celle du groupe spécial auquel appartenait Henri Goldsmidt, en assurant au moment opportun et sur les instructions de celui-ci, le transport des armes qui étaient nécessaires à l’exécution de coups de main. »
À l’issue de son interrogatoire, elle a été inculpée d’infraction au décret du 24 juin 1939 qui concernait « la répression de la distribution et de la circulation des tracts de provenance étrangère », du décret-loi du 26 septembre 1939 qui ordonnait la dissolution du Parti communiste, interdisait la distribution de tracts édités par l’organisation, enfin à la loi du 5 juin 1943 qui réprimait « les activités communistes, anarchistes, terroristes ou subversives. »
Incarcérée à la prison de la Roquette, puis au Fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis), elle était le 12 juin 1944 dans le convoi de wagons de voyageurs, accrochés au train de la ligne régulière vers l’Allemagne. Soixante-quatre résistantes furent acheminées en une demi-journée à la gare de Sarrebruck. De là, des camions les emmenèrent au camp de Neue Bremm où elles restèrent dix jours. Toutes ont été dirigées sur le camp de concentration de Ravensbrück.
Denise Soleilbeau matricule 43168 mourut au camp de Ravensbrück le 5 mars 1945.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article210881, notice SOLEILBEAU Denise, Marie, Jeanne par Daniel Grason, version mise en ligne le 22 janvier 2019, dernière modification le 14 mars 2019.

Par Daniel Grason

Denise Soleilbeau
Denise Soleilbeau

SOURCES : Arch. PPo. 1 W 321-84544 dossier Yvon Andrietti (transmis par Gilles Morin), rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 11 avril 1944, GA 1, GB 085. – Bureau Résistance (pas de dossier). – Livre-Mémorial, FMD Éd. Tirésias, 2004.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 167

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