DUPOUEY Henri

Par Gauthier Langlois

Né vers 1822, mort après 1865 ; étudiant en droit puis avocat, journaliste, professeur de français ; quarante-huitard, membre d’un club.

Henri Dupouey était issu d’une famille de notables, qualifiée de quasi-aristocratique par le biographe de son frère Charles. C’était le fils aîné de Dominique, greffier en chef au tribunal de Tarbes et de Charlotte Vergez, mariés à Tarbes le 8 mai 1822. Du côté paternel Henri était le neveu du général Dupouey ; du côté maternel le petit-neveu de l’intendant, du médecin et de l’un des évêques du roi Charles X.

Quand la Révolution de 1848 commença il poursuivait avec son frère Charles, des études de droit à Paris. Il résidait 25 rue Lepelletier. Bien qu’issus d’une famille monarchiste et légitimiste, les deux frères adhérèrent, comme beaucoup de jeunes étudiants, à la Révolution de 1848.

Henri Dupouey et son frère Charles appartenaient à un groupe de démocrates socialistes qui prêchaient les idées de Proudhon et qui étaient dirigés par le professeur de mathématiques Édouard Merlieux. Les deux frères comparurent avec leurs amis devant la Cour d’assise de la Seine, le 7 février 1849, pour les propos qu’ils avaient tenus ou tolérés le 16 octobre au « Club de Cambronne » présidé par l’étudiant en médecine Jacques-Henri Valleton et dont un chauffeur, Pierre Bouclier tenait lieu de secrétaire. Ils furent condamnés aux peines suivantes : Édouard Merlieux à un an de prison et 500 francs d’amende ; Valleton à deux mois de prison, 200 francs d’amende et trois ans d’interdiction de droits civiques ; le professeur de mathématique Charles-Sylvestre Muirson à un mois de prison, 200 francs d’amende et deux ans d’interdiction de droits civiques ; les frères Charles et Henri Dupouey à 200 francs d’amende chacun. Seul Pierre Bouclier fut acquitté, parce qu’il était illettré.

Rentré à Tarbes, Henri Dupouey s’installa avec son cadet avocat au barreau de cette ville. Les deux frères intégrèrent la « Société académique des Hautes-Pyrénées » qui constituait un groupe de sociabilité des notables du département. En 1857 il émigra aux États-Unis. Il exerça d’abord comme avocat à Bridgeton, dans le comté de Saint-Louis (Missouri), puis, de 1858 à 1863 comme directeur du Collège de l’Union à San Francisco (Californie). Pendant la même période il était le rédacteur du journal le Phare, l’un des journaux de la communauté française de la ville. Entre 1864 et 1865 il enseignait le français au Grace Institute à San-Francisco.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article210636, notice DUPOUEY Henri par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 17 janvier 2019, dernière modification le 2 février 2019.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Gazette des tribunaux, 8 février 1849. — « Les clubs sous la Seconde, république », Revue politique et parlementaire : questions politiques, sociales et législatives, Paris, 1908, p. 136-137. — Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées. — Langley, Henry G., The San Francisco directory for the year, 1865. — Lévy, Daniel, Les Français en Californie, San Francisco, Grégoire Tauzy, 1884, p. 123.

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