THOMAS Louis Charles

Par Gauthier Langlois

Doreur sur bois ; quarante-huitard de tendance communiste ; administrateur de plusieurs clubs

Louis Charles Thomas demeurait en 1848 à Paris, 9 rue Neuve-Guillemin.

Avec la révolution de février 1848 il devint animateur de plusieurs clubs. Il fut d’abord, avec son ami le professeur de mathématiques Édouard Merlieux], l’un des secrétaires du « Club de l’Union », fondé à la Sorbonne en mars 1848. Thomas et son ami le quittèrent, peut-être parce qu’il devenait trop modéré, pour créer un autre club. Le « Club Saint-Antoine » fut ouvert par une déclaration du 2 septembre 1848. Merlieux en était le président, Thomas le vice-président, le professeur de mathématiques Charles-Sylvestre Muirson et l’étudiant en médecine Jacques-Henri Valleton en étaient les secrétaires. En faisaient également partie un autre professeur, Jean-Marie-Édouard Vidal, l’homme de lettres Barnabé Chauvelot, un ancien adjoint au maire de l’ancien XIIe arr., Jean-Baptiste Joseph Bocquet et un certain Piboin. Le « Club Saint-Antoine » possédait également une succursale sous le nom de « Club du Vieux-Chêne » ou des « Vieux-Chênes » qui se réunissait dans le cabaret du même nom, au 67 rue Mouffetard (Ve arr.).

Le bureau du « Club Saint-Antoine » et la plupart de ses orateurs étaient entièrement acquis aux idées de Proudhon, notamment sur la propriété. Pour les propos considérés comme contraire à l’ordre public qu’ils avaient tenus ou tolérés, Thomas et ses amis furent jugés à plusieurs reprises par la Cour d’assise de la Seine. Dans son audience du 28 novembre la cour accusa Merlieux d’avoir, dans une séance du « Club du Vieux-Chêne » du 25 septembre, toléré la discussion de propositions contraires à l’ordre public. Ces propositions, signées de Barnabé Chauvelot, de Bocquet et de Piboin, attaquaient l’Assemblée nationale, la bourgeoisie, la propriété. Pour ces faits la cour condamna Barnabé Chauvelot, Bocquet et Vidal à un an de prison et 1000 francs d’amende ; Merlieux, Muirson et Valleton à trois mois de prison, 500 francs d’amende et 5 ans d’interdiction de droits civiques ; Thomas à 200 francs d’amende et 2 ans d’interdiction de droits civiques. En appel, dans l’audience du 30 décembre, Vidal et Bocquet furent condamné à six mois de prison et 1000 francs d’amende, Merlieux à cinq mois et 500 francs d’amende ; Thomas, Muirson et Valleton furent acquittés.

Thomas et Merlieux furent également jugés en correctionnelle pour les faits suivants : le 13 septembre, alors que Merlieux sortait de chez lui avec son ami Thomas, ils virent un homme qui semblait détériorer une affiche électorale posée au mur de l’école polytechnique. Il s’agissait d’une affiche que le comité central avait fait poser, recommandant les candidats Cabet, Raspail et Thoré. Une altercation s’en était suivie au cours de laquelle Merlieux avait cassé sa canne sur l’homme et Thomas lui avait donné un coup. L’homme, un propriétaire nommé Philippe Cholet, porta plainte et pour ces faits les deux amis furent condamnés, le 14 décembre, à huit jours de prison.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article210505, notice THOMAS Louis Charles par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 16 janvier 2019, dernière modification le 1er février 2019.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : — Lucas, Alphonse, Les Clubs et les Clubistes, Paris, E. Dentu, 1851, p. 249-250. — Gazette des tribunaux, 29 novembre 1848, 14 décembre 1848. — La Révolution démocratique et sociale, 1er janvier 1849. — Le Constitutionnel, 15 décembre 1848, p. 1.

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