TROIN Augustin, Alexandre, Michel (parfois écrit, à tort, TROUIN)

Par Robert Mencherini

Né le 30 septembre 1875 à Eoulx (Basses-Alpes, rattachée en 1973 à la commune de Castellane, Alpes-de-Haute-Provence) ; exécuté sommairement le 10 juin 1944 à Jouques (Bouches-du-Rhône) ; maréchal-ferrant, berger ; résistant, participant à un maquis de l’Organisation de résistance de l’armée (ORA).

Mémorial du maquis de Jouques, à l’emplacement où les résistants ont été fusillés (lieu-dit La Sicarde)
Mémorial du maquis de Jouques, à l’emplacement où les résistants ont été fusillés (lieu-dit La Sicarde)
Cliché Robert Mencherini

Augustin Troin, fils de Désiré Baptistin Troin et de son épouse, Estève Marie Angeline, vit le jour dans une ferme du hameau du Colombier, au sein d’une famille d’agriculteurs, dans la commune d’Eoulx. Celle-ci, qui comptait moins de deux cents habitants lors de sa naissance, continua à se dépeupler au XXe siècle. En 1896, Augustin Troin, alors maréchal-ferrant au Bourguet, petit village du Var distant de 20 kilomètres d’Eoulx, fut appelé sous les drapeaux et affecté au 4e régiment d’infanterie de marine. Mais il fut réformé en février 1899, à la suite d’une pleuro-pneumonie. En 1914, classé « bon service armée » par le conseil de révision des Basses-Alpes, il rejoignit, en 1915, le 30e régiment d’infanterie, puis, en 1916, la 14e compagnie de commis et ouvriers militaires d’administration (COA) et dans la réserve de l’armée territoriale. Placé en congé illimité de démobilisation le 26 janvier 1919 au Bourguet, Augustin Troin gagna Jouques en septembre 1919. Il exerça dans cette commune, pendant longtemps, la profession de berger. En 1944, il avait cessé cette activité depuis plusieurs années et ne s’occupait que d’une petite basse-cour, en « faisant » quelques journées pour des cultivateurs. Il vivait dans une ferme isolée, au lieu-dit Camp de Meyri, sur le plateau de Bèdes, qui domine le village,
Le 6 juin 1944, Augustin Troin participa, avec d’autres habitants du village et des communes voisines, à la grande « montée au maquis » qui accompagna l’annonce du débarquement de Normandie. Il rejoignit le maquis en formation au Jas du Logis d’Anne, sur le plateau de Bèdes. Celui-ci, dirigé par Jean Perreaudin, responsable de l’ORA, regroupa près de 150 hommes, venus des communes environnantes. Il se déplaça, pour des raisons de sécurité, le 9 juin, plus au nord sur le plateau, près des fermes inhabitées de la Renaude et de l’Adaouste. C’est là qu’il fut attaqué par les troupes allemandes, le 10 juin au petit matin. Cinq maquisards succombèrent dans l’affrontement ou furent abattus lors des opérations de ratissage. Augustin Trouin fut capturé et fusillé, en fin de matinée, avec neuf autres de ses camarades, sur un coteau au lieu-dit la Sicarde.
Augustin Troin a obtenu la mention « Mort pour la France ». Son nom figure sur le mausolée du cimetière de Jouques construit sur un caveau contenant les corps des « victimes de la barbarie nazie tombées le 10 juin 1944 ». Il est inscrit sur le mémorial du maquis du plateau de Bèdes, près du lieu-dit la Sicarde et sur le monument aux morts de Jouques. Il est également gravé sur le mémorial de Sainte-Anne à Lambesc.

Jouques (Bouches-du-Rhône), plateau de Bède, 10 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article210207, notice TROIN Augustin, Alexandre, Michel (parfois écrit, à tort, TROUIN) par Robert Mencherini, version mise en ligne le 6 janvier 2019, dernière modification le 6 janvier 2019.

Par Robert Mencherini

Mémorial du maquis de Jouques, à l’emplacement où les résistants ont été fusillés (lieu-dit La Sicarde)
Mémorial du maquis de Jouques, à l’emplacement où les résistants ont été fusillés (lieu-dit La Sicarde)
Cliché Robert Mencherini
Mémorial du maquis de Jouques, stèle avec la liste des fusillés
Mémorial du maquis de Jouques, stèle avec la liste des fusillés
Cliché Robert Mencherini

SOURCES : Arch. dep. des Bouches-du-Rhône, 76 W 129, rapport téléphonique du sous-préfet d’Aix, 13 juin 1944 ; liste des personnes tuées au cours des opérations allemandes effectuées dans le secteur Lambesc-Charleval, La Roque-d’Anthéron, le 12 et 13 juin 1944 ; rapport de la Gendarmerie nationale, brigade de Peyrolles, 15 juin 1944. — Arch. mun. de Jouques, 1W40, 1W 39. — Robert Mencherini, Midi rouge, Ombres et lumières. Histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, 1930 - 1950, tome 3, Résistance et Occupation, 1940-1944 , Paris, Syllepse, 2011. — Jean-Claude Pouzet, La Résistance mosaïque, Histoire de la Résistance et des Résistants du pays d’Aix (1939-1945) , Marseille, Jeanne Laffitte, 1990. — Jean-Claude Favre, Jouques, 10 juin 1944 , Jouques, Les Amis de Jouques, 2004. — Sapin (Jacques Lécuyer) et quelques autres, Méfiez-vous du toréador , Toulon, AGPM, 1997. — Témoignage de Roger Athénoux, maquisard à Jouques. — État civil. — Livret matricule.

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