ÉTIENNE Victor

Par Gérard Leidet

Instituteur à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; militant syndical, secrétaire général du syndicat des institutrices et instituteurs publics des Bouches-du-Rhône (1923-1924).

Victor Étienne, instituteur à Marseille, était en 1923, le secrétaire général du syndicat des institutrices et instituteurs publics des Bouches-du-Rhône. Il succédait dans cette fonction à Mademoiselle Beltrano secrétaire départementale de 1920 à 1923. À ce titre, il était gérant du Bulletin mensuel du syndicat des institutrices et instituteurs publics des Bouches-du-Rhône qui succédait à l’Union et association pédagogique, périodique de l’Amicale des instituteurs de Marseille.

Entre 1920 et 1922, le syndicat national des instituteurs (SN) avait souhaité son intégration à la CGT. Victor Étienne était de ceux qui songeaient alors à la fusion des deux organisations, SN et Fédération des syndicats des membres de l’enseignement laïque (FSMEL, nom officiel de la Fédération), mais cela s’avéra impossible... Le congrès extraordinaire de juin 1922 déboucha sur la création de la CGTU au sein de laquelle la FSMEL devint la Fédération unitaire de l’enseignement (FUE). La CGT devait avaliser officiellement, ensuite, l’entrée du SN, l’adhésion de celui-ci ne rencontrant plus d’obstacle (la section des Bouches-du-Rhône du SN avait voté l’obligation en 1922, mais la carte de la CGT fut rendue obligatoire pour tous ses membres en janvier 1925). Dans l’intervalle, Victor Étienne présida, notamment, le conseil d’administration du SN des Bouches-du-Rhône du 9 octobre 1924 au cours duquel il retraça la tâche assumée par le Conseil sortant et les "vicissitudes qu’il avait subies par le fait de pénibles circonstances". L’essai de fusion n’ayant pas abouti dans le département, cette situation avait créé, selon lui, de regrettables malentendus et un "ralentissement de vie dans notre association". Mais il gardait confiance dans l’avenir du SN qui demeurait la plus grande force de l’enseignement primaire et dont le dernier congrès et l’action actuelle au sein de la Fédération des fonctionnaires avaient manifesté, selon lui, une influence prépondérante.

Le 6 août 1924, Victor Étienne, délégué pour les Bouches-du-Rhône (avec Jean-Henri Blanc et Bernard Varèse), assista à la réunion de la Fédération régionale du Sud-méditerranée qui se tint salle du conservatoire à Lyon (Rhône). Il précisa le but poursuivi par "La régionale" : ce groupement avait pour but de rechercher toutes les mesures propres à défendre l’école laïque et ses maîtres, ainsi que le choix et l’étude préparatoire des questions à soumettre au SN. Cet échelon intermédiaire entre la section départementale et la direction nationale du syndicat comprenait douze sections : Alpes-Maritimes, Aude, Aveyron, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales, Tarn, Vaucluse. La section des Bouches-du-Rhône fut chargée de l’administration de "La régionale" pour l’année 1924-1925. Après Victor Etienne, Juliane Labrosse, future secrétaire de la section des Bouches-du-Rhône (1927-1928), allait fortement s’investir dans cette instance.

Lors de l’assemblée générale du 30 octobre 1924, Victor Étienne fut désigné pour faire partie de la commission (avec Mazet et Jean Mouton) chargée d’intervenir auprès de l’administration qui avait fixé la date des conférences pédagogiques le jeudi. Il fit remarquer à cette occasion que les instituteurs accomplissaient huit heures de travail par jour (corrections et préparation de la classe comprises). Il ajouta que "l’on [faisait] appel chaque jour à notre dévouement pour les œuvres post-scolaires et extra-scolaires (mutualité, cours d’adultes, enseignement agricole etc.)". Enfin, il fit observer que les fonctions d’enseignant exigeaient un effort constant de perfectionnement : "Il nous faut quelques heures de loisirs intellectuels pour les lectures et les études personnelles...".
Par ailleurs il rapporta quelques éléments sur le congrès de Lyon du SN auquel il avait assisté avec Bernard Varèse, indiquant que les délégués de la section des Bouches-du-Rhône avaient voté avec la C.P. au sujet de la question du logement (assimilation aux fonctionnaires de même culture - 3e catégorie, maintien du logement en nature ou de l’indemnité représentative ; abattement de 500 francs au sommet). Il fit connaître la décision du congrès demandant de porter les cotisations annuelles à 24 francs. Les obligations à remplir auprès de la fédération des fonctionnaires, au sein de laquelle le SN devait être une grande force, justifiaient ce choix. Il termina son intervention par un appel en faveur de la CGT, et il demanda que la section des Bouches-du-Rhône y adhère en bloc comme cela avait été décidé, auparavant, par un référendum.

Victor Étienne ne demeura qu’une seule année dans la fonction de secrétaire général ; il fut remplacé en octobre 1924 par Bernard Varèse, secrétaire de la section des Bouches-du-Rhône du Syndicat national des institutrices et instituteurs de France et des colonies (SN) durant deux ans (1924-1926).

Un autre militant nommé lui aussi Victor Étienne, cultivateur puis employé aux Coopérateurs du Midi à La Seyne, enfin journaliste, fut candidat communiste aux élections législatives de 1928, de 1932 et de 1946 dans le Var (Voir sa notice par Jacques Girault).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article209990, notice ÉTIENNE Victor par Gérard Leidet, version mise en ligne le 14 janvier 2019, dernière modification le 14 janvier 2019.

Par Gérard Leidet

SOURCES : Denise Karnaouch, La Presse corporative et syndicale des enseignants Répertoire. 1881-1940, L’Harmattan, 2004. — Bulletin mensuel du syndicat des institutrices et instituteurs publics des Bouches-du-Rhône (Ex "Union et association pédagogique" (année 1923). — Bulletin mensuel de la section des Bouches-du-Rhône(Ex-Union et association pédagogique) ; syndicat national des institutrices et instituteurs publics de France et des colonies.(années 1924-1926).

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