COURTOUX Raoul, Pierre, Albert

Par Alain Dalançon

Né le 31 mars 1913, mort le 21 décembre 1988 ; professeur agrégé de sciences naturelles puis inspecteur général de l’Éducation nationale ; militant du SNES et de la FEN dans le Nord (1944-1948).

Raoul Courtoux était professeur à l’école primaire supérieure de Pithiviers (Loiret) à la fin des années 1930. Reçu au concours d’entrée à l’École normale supérieure d’enseignement primaire de Saint-Cloud en 1938, il fut mobilisé en 1939 comme sous lieutenant de réserve dans l’artillerie coloniale.

Reçu (10e) à l’agrégation de sciences naturelles en 1943, il fut affecté au lycée Faidherbe de Lille (Nord).

Militant du Syndicat national de l’enseignement secondaire à la Libération, Raoul Courtoux devint très vite secrétaire de la section académique (S2) de Lille et un membre écouté de la commission exécutive nationale : il écrivit de nombreux articles dans L’Université syndicaliste pour demander la titularisation des délégués rectoraux et leur suppression et faire des propositions sur la formation des maîtres nécessitant une réforme des concours de recrutement. Il était membre de la Société des agrégés et membre de son comité national en 1947. Secrétaire de la section départementale du Nord de la Fédération de l’Éducation nationale en 1947-1948, il se prononça pour l’autonomie du SNES et de la FEN en 1948 et fut élu sur la liste autonome à la nouvelle CE du SNES.

À la rentrée scolaire 1948, Raoul Courtoux devint inspecteur d’académie de Constantine (Algérie) où il resta plusieurs années jusqu’au début de la guerre en Algérie. Il entama alors une carrière d’inspecteur général de l’Éducation nationale. Il fut d’abord chargé des constructions scolaires. Puis il fut chargé de mission dans les départements et territoires d’Outre-mer. Il s’occupait des enseignants coopérants, prépara l’étatisation de l’enseignement secondaire en Nouvelle-Calédonie, favorisa l’ouverture d’un centre de formation scientifique à Fort-de-France (Martinique) et un centre de formation littéraire à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), fut l’auteur de plusieurs rapports sur l’état des formations aux Antilles et en Guyane, notamment en 1962.

Il revenait aussi dans la Nièvre dont il était originaire, et dont il favorisa le développement scolaire dans les années 1960.

À la fin de l’année 1968, il joua un rôle important dans la modification du calendrier scolaire de la Réunion, où l’année scolaire débuta dorénavant le 19 septembre au lieu du 19 août, manifestant ainsi le souhait de l’ancien Premier ministre Michel Debré, député du département, d’écarter tout germe de séparatisme. Il favorisa l’adoption de méthodes d’apprentissage du français pour les élèves créolophones.

En 1969, Raoul Courtoux fut le principal artisan d’une convention à Wallis et Futuna dans laquelle l’État prenait en charge par un forfait d’externat le fonctionnement des écoles de l’enseignement primaire en confiant officiellement cet enseignement à la Mission catholique.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20947, notice COURTOUX Raoul, Pierre, Albert par Alain Dalançon, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 30 janvier 2018.

Par Alain Dalançon

SOURCES : JO, 15/04/1939. — Arch. IRHSES (dont bulletin S2 Lille, L’Université syndicaliste). — Jean Le Borgne, Nouvelle-Calédonie : 1945-1968 - La confiance trahie, L’ Harmattan, 2005. — Jean-Loup Gaillard, Français et Créole de la Réunion, L’Harmattan, 2003. — Jean Burgarel, Histoire du lycée de Nevers (museduc.nevers). — Divers sites internet concernant la Réunion, Saint-Pierre et Miquelon, Wallis et Futuna.

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