MAZET Max, Clovis, Georges

Par Robert Mencherini

Né le 12 juin 1925 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), mort au combat le 10 juin 1944 à Jouques (Bouches-du-Rhône) ; cuisinier, bûcheron ; résistant membre de Combat ou des FTPF, participe au maquis dirigé par l’ORA (Organisation de Résistance de l’armée).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Max Mazet, qui exerçait la profession de cuisinier, habitait rue Mignet à Aix-en-Provence avec ses parents, tous deux originaires de familles d’agriculteurs de l’Hérault. Son père Fernand Pierre Mazet, mobilisé dans l’infanterie pendant la Première Guerre mondiale, avait obtenu, en 1920, un poste dans l’administration pénitentiaire comme surveillant de prison à Aix-en-Provence. Sa mère, Joséphine, née Visseq, était veuve d’un premier mari, François Joullié, mort pour la France, tué en février 1915, au front sur la Marne à Massiges. Ce deuil et ces antécédents familiaux expliquent peut-être l’engagement précoce de Max Mazet dans la Résistance, à l’âge de 18 ans.
Il participa, en effet, dès 1943, selon certains certificats établis après la Libération, à Combat (dont il aurait été chef de trentaine) et à l’Armée secrète, ou, selon d’autres, au groupe FTPF d’Aix-en-Provence. Au début 1944, réfractaire au STO (Service travail obligatoire), il se replia dans l’arrière pays aixois, dans le petit village de Jouques, où il se déclara comme bûcheron. En lien avec les résistants du village, il participa à la « montée au maquis » qui accompagna en Provence, en juin 1944, le débarquement de Normandie. Un regroupement des résistants de cette localité et des communes environnantes eut lieu, à partir du 6 juin 1944, dans les hauteurs qui dominaient Jouques et la vallée de la Durance, au Jas du Logis d’Anne, une ancienne bergerie abandonnée de la ferme du même nom. Ce maquis qui comptait plus d’une centaine d’hommes, était placé sous le commandement militaire de Jean Perreaudin, enseigne de vaisseau en congé d’armistice et membre de l’ORA. Il se déplaça, le 9 juin, sans doute pour des questions de sécurité, plus au nord du plateau, près des fermes de l’Adaouste (ou La Daouste). Mais le 10 juin au petit matin, vers les 2 ou 3 heures, le cantonnement fut attaqué par des troupes allemandes bien renseignées. Plusieurs maquisards succombèrent dans l’affrontement, d’autres furent capturés et fusillés en fin de matinée. Au total quinze résistants trouvèrent la mort sous les balles allemandes. Le corps de Max Mazet fut découvert le 13 juin, en contrebas des fermes de l’Adaouste, avec ceux de deux autres maquisards, Julien Thus et Raoul Calvi*. Une stèle très simple portant leurs trois noms fut ultérieurement érigée sur ce lieu.
Max Mazet obtint les mentions « Interné résistant » et « Mort pour la France ». Il fut, à titre posthume, homologué caporal-chef, décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent et cité à l’ordre de la division pour avoir « malgré son jeune âge […] rejoint le maquis de Jouques, fait preuve au cours de différentes missions d’un courage et d’un sacrifice hors de pair [et] trouvé une mort glorieuse le 10 juin 1944 au cours des combats du maquis de Jouques ». Le nom de Max Mazet est inscrit sur la plaque commémorative « la ville d’Aix-en-Provence à ses morts et déportés de la Résistance », place des Martyrs de la Résistance et sur le monument « Aux héros de la Résistance. Aux morts de la Libération » érigé cimetière Saint-Pierre d’Aix.

Jouques (Bouches-du-Rhône), plateau de Bède, 10 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article209124, notice MAZET Max, Clovis, Georges par Robert Mencherini, version mise en ligne le 28 novembre 2018, dernière modification le 5 janvier 2019.

Par Robert Mencherini

SOURCES : AVCC Caen 21P 90147/ 595146. — Arch. dep. Bouches-du-Rhône, 76 W 129, rapport téléphonique du sous-préfet d’Aix, 13 juin 1944 ; liste des personnes tuées au cours des opérations allemandes effectuées dans le secteur Lambesc-Charleval, La Roque-d’Anthéron, le 12 et 13 juin 1944 ; rapport de la Gendarmerie nationale, brigade de Peyrolles, 15 juin 1944. — Arch. mun. Aix, 6 H 57. — Robert Mencherini, Midi rouge, Ombres et lumières. Histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, 1930 - 1950, tome 3, Résistance et Occupation, 1940-1944 , Paris, Syllepse, 2011. — Jean-Claude Pouzet, La Résistance mosaïque, Histoire de la Résistance et des Résistants du pays d’Aix (1939-1945) , Marseille, Jeanne Laffitte, 1990. — Jean-Claude Favre, Jouques, 10 juin 1944 , Jouques, Les Amis de Jouques, 2004. — État civil.

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